HAVRE (le).
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perculpas la moindre niarquc de reflux.Un coupde vent, connu sous le uom de ventdeSt-Felix,emporta un canon de 36 aveesonaffüt.Latem-petede 1765, coimue sous le nom de coup devent de St-Fraucois, y causa aussi beaucoup dedesastres. Enlin, eil seplembre 1749, un fortcoup de vent y coula a fond deux navires.
Le premier de ces desastres , qui devaitaneanlir les esperances du fondateur, lut assezpromptenienl repare ; le Havre se relablit, sollport l'ut desigue pour la conslructiou des vais-seaux destines a une expedition contre l’An-gleterre, et bienlöt cette puissance ne vit pasSans alarmes sortir des rades du Havre, en1544, une lloüe considerable qui la conlraignitä la paix .
Henri II succeda a Francois I er en 1547. Ason avenement au tröne, le Havre commen-cail a avoir l’apparence d’une ville fortifiee ;ses reniparts ctaienlsoutenus par d’assez florlesmurailles ; trois porles domiaient entree dansson enceinte. On v reiuarquait deux places pu-bliqucs assez vastes et trois fontaines abon-dantes. Les reniparts du nord, planlos d’arbres,servaient de proinenades, et le port etait remplide bateaux peckeurs et de vuisseaux de la ma-rine royale. Le Havre enlin presenlait un as-pect anime. Cependant son commerce etaitpres(pie nul, et celte place n’aequit une veri-table impovtance qvi’ä Fepoque ou le prince deCondc, traitre a son devoir et ä son pavs, lelivra ä la reiue d’Angleterre, cpiien lilpiendrepossession en son noin. On sentit de quel in-teret il etait pour la France de ne pas laisserenlre les mains de Fclranger une place qui lerendait maitre du cours de la Seine ; aussi leHavre fut-il repris en 1563. Warwiek, quietait enfenne dans la place avec. six mille honi-mes de troupes choisies, capilula apres la pluslionorable resislunce. Pour conserver les titresdeleuv occupation , les Anglais enlevereut, onse retirant, les actes notaries qui se trouvaientau Havre. Ils sont deposes a la tour de Lon-dres, ou les liabitants du Havre sont obligesd’aller les consuUer lorsque leur interel l’exige.
Appele a etre une des elefs de la France,le Havre vit augmcnler ses fortifications; ony construisit une ciladcUe qui lut rasee sousLouis XIII, pour etre rebatie sur un plan nou-veau d’apres les ordres du Cardinal de Riche-lieu, qui s’cn fit nommer gouverneur. Ce l’utdans cette citadolle que Mazarin, successeur deRichelieu au ministere, lil enl’crmer les princesdeConde, de Conti et de Longueville, coupa-bles d’avoir forme dt« projets contraires auxinlerets dePEtat.
Ce lut au Ilavre que furent armces,en 1682,les premieres galioles a bombes qui aient etcmises a la mer, celles-lä niemes qui reduisirentAlger en eendres sous les ordres de Duquesne.La mort de Colbert, qui surviut Famice sui-vantc, fut une pme pour le Havre, que ce mi-mstre avait dotc Retablissements utiles el doutil avail agraudi le commerce. Trois aus aprescet e\cnement, la revocation de l’edii Je Nan-tes vinl adliger plus vivement encore la pros-perite de cetle ville, qui reufcrmail un grand
nombre de protestants, presque Ions livresauxspeculations conmierciaies ou industrielles.
Le 25juillet 1694, la flotte de Guillaumelll,roi d’Angleterre, qui avail brüle Dieppe, viutfnouiller devant le Havre, qu’elle bombarda ;sept maisons furent cousumees durantce siege,et toute la ville aurait peut-elre etc ecraseesousles bombes de Pennemi, si la flamme d’unegrande quanlile de inatieres combustibles,transportces par prudeuceau delä des nmrs, etauxquelles le feu lut mis a Pentree de la nuit,n’eiil trompe les Anglais, donl loutes les bat-teries furent dirigees sur ce point jusqu’au mo-ment ou la maree les forca de quitler leur po-sition, el, le jour naissant, de reeonnailre leurerreur.
Les armes du Havre sont : d’azur ä lasalamandre couronnee d’or ; au chef d’az urcharge de trois jleurs de lis d’or. — Alias :au navire d’azur aux volles deployees d'ur-gent .— Alias ’.degueules a une salamandred’urgenl couronnee d’or sur un brusier demeine, et accompagnee de trois jleurs de lisd’or, deux en chef et une en pointe.
Hepui.s son origiue, le Ilavre a subi plusieurschangemenls ; il fut d’abord compose de deuxquarliers partages, dans la direetion du nord ausud, par Parriere-port et le bassin du roi, leseul qu’il y eül alors. On nommail le plusgrand Notre-Dame, et le plus petil St-ITancois,par allusion aux eglises qu’ils renfermaient. Saforme etait ä peu pres celle d’un carre long :la tour de Francois 1 er ct celle de Vidame, ele-vees a Pentree du port, en defendaient Fup-proche; la citadelle dont nous avous parleprotegeail la ville du cöte de la Seine. SousLouis XVI, Fcnceinte de la ville fut augmenteed’une supcrücie presque aussi considerable quel’ancienne, et dans une Situation qui lui est pa-rallele; une parlio des fortiiieations et la porledile dTngouville furent demolies, et la citadellefut rcmplacee par un quartier militaire.
Le Havre est maintenant entoure d’un triplefosse arrose d’eau de mer, qu’on y introduitaumoyen d’ecluses. Les reniparts exterieurs sontsoulenus par des rangs de pieux; eelui intcrieurest appuye de furles murailles. Ce dernier estsurmonle d’un parapet et orne de superbes al-lees d’arbres. On entre dans la ville par cinqportes a pont-levis; la plus rcmarquahle est laporte Royale, construile en arc de trioniphe.L’ancieune ville n’etail jadis composee que demaisons de bois , desagrealiles a la vue ; maispeu ä peu elles disparaissent pour faire place ad’autres construiles en briques ou en pierres.Ony a bali de forlbeaux holels, qui reunissenl,aux reclierehes du luxe, des emmenagementspropres aux plus vastes speculations conimer-ciales. Le quartier de la nouvelle enceinte,quoique n’etaut pas enlierenient bati, }>rcsenteneanmoins un aspect tres-regulier ; plusieursmaisons d’iui fort hon gout s’y remarquent cael la. Les vues qui le traversent sont ce qu’onpeilt imaginer de plus propre a en rendre le se-jour salubre; olles sont larges, et leurs ouver-tures tellement disposees, que les veuts despriucipales regions peuvont dissiper ltis exlia-
laisons qui s’elevent frequemment des endroitspopuleux.
Le Havre est agreablcment situe au bord del’Ocean, a Penibouchure el sur la rive droite dela Seine, dans une plaine fertile occupce avantle xv B siecle par des niarais salants, et que Peaude la mer a dii couvrir entierement ä une epo-que peu reculee.
Le port du Havre estle plus accessible de laFrance. Son ctroite entree, formee par deuxlongues jetees qui s’elendent de Pest ä Pouest,est pratiquee entre deux bancs de sable et degalets, que Pon est oblige de deblayer sauscesse pour conserver a ce port la seule issuequ’il oflVe aux navires. La liauteur de Peaua la ple.ine mer varie dans le clienal ii chaquemaree eil raison de l’elevation de ces marees.Dans les plus grandes mers , eile esl de 6 m.66 c., et de 3 m. 33 c. dans les petitesmortes eaux. — L’entree si resserree du Ha-vre, el qui n’a gucre que la largeur de quarrenavires ordinaires, conduit ä l’avant-port, dontla forine irreguliere ligure sur le front du bas-sin un trapeze un peu arrondi vers ses angles.Cet avant-port, d’une assez mediocre eteudue,et qui, conune le clienal de Pentree , asseclie ahasse mer, sei t de rei’uge ou de reiuehe a un«multitude de caboleurs qui |>eu\eiit eehouersans inconvenient. Mais les grands navires unpeu Ans de facon et un peu louvdement cliar-ges, ne mouillent sur le fond vaseux de eettecrique artiücielle que le temps sti-iclement ne-cessaire pour pouvoir se loger dans les bassinsavec la maree dont ils ont profile pour entrerdans le port.— Une circoustance phenonienale,et unique dans les vicissiludesqu’eprouvent lesmarees, a doune au port du Havre toute l’im-portance dont il jouit, a Pexclusion des autresports de la Manche. II resulte de sa positionpar rapport au cours de la Seine, que, lorsquela mer est baute dans Favant-port, la maree,apres avoir atteint son maxituum d’elevation,reste pleine pendant trois lieures de suite, tan-dis que sur les autres parties du rivage envi-rennant la maree comiueucc a descendre pres-que aussitöt qu’elle a cesse de monier. Celteexcepiion a la loi generale des marees, en fa-veur du port du Havre, a pour efl’el de donneraux navires entrants et sortants le tirant d’eaunecessaire ä la duree de Ions leurs mouvements,et les personnes qui ont allribue a une prefe-rence arhitraire le clioix que le commerce ma-ritime semble avoir fait du port du Havre äPexclusion des autres ports de la Manche, enapparence aussi bien situes que lui, ne se sontpas assez attachees a se rendre compte du veri-table et unique motif de cette predilection. S’iine gardait pas son plein plus longteinps queles autres ports, il n’aurait jamais acquis Pim-portance qu’il possede. Mais 1 avantage qu’il ade garder son plein pendant trois lieures expli-quesuftisainmctil toute sa prosperite par lacom-modile qu’il oll re aux navires qu’il recoit.
Le Havre compte quatre bassins ä flot: lebassin de la Barre, commence en 1800, etterinine eil 1818, le bassin du Commerce oud’Ingoimlle , termine en 1818; le bassin du