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JURA (departement du).

JURA (deparlement du).

JURA (departement du).

rie saus fm de ebnes tres-elevees et de vallcestres-creuses , forme ä Test la troisieme zone, apeu pres aussi large que les deux premieres.En general le sol du Jura est argileux, compo-se de lits allernatil’s de terre et de galets eilplaine, de poudingues Ires-nombreux sur lacdte, et d’un rocher solide et pleiu de fossilesdans toutes les montaglies. Sa surface, calcaireel marneuse, est facile ä labourer et assez pro-ductive ; les recoltes, quoiquc abondantes danslesplaiues, sufiisent a peine ä la consonimationdes habitauts du departement : les niontagnesne produisent que des menus grains; niaiselles sonl. riclies en paturages, et i’on y nour-rit, en ete, beaucoup de gros betail el des che-vaux excellents. Pendant eette saison, des eha-lets, conslruits sur les hauteurs, servenl d’Jia-bitations aux bergers, et d’etubles aux betes acornes; on y lait du beurre et des fromages, quel’on exporte dans plusieurs dcpaiiements. Aucommeucement d’octobre, les bergers redes-cendent avec leurs troupeaux dans les regionsinlerieures ; car les vents impelueux qui re-gnent dans les conlrces elevees y rendent Firnerrigoureux. C’est sur les plus liautes cimes deces niontagnes qu’ou trouve les plantes quis’emploient en vulneraire ou the suisse , dontil se fait une assez gründe consonimation.

Les habitations du premier degre des mon-tagnes sont solidenient baties, niais peu ele-vees : ecurie , grange, huhitatiou des homnieset fenil, tont se conmnuiique, tont est sous lememe toil, dans La memo eneeinte ; c’est uneSorte de pavillon carre fort aplati; les murssollt en pierres et cliaux; le toit, couvert engros tavaillons, et seine de pierres eparses ne-cessaires pour lour donncr la rcsistnnce auxvents, li’olfre pas plus d’elegance, et peut-elren’a-t-il pas plus de solidite qu’un toit couverten chaume. Tons les aniniaux logent dans lameme etable : eile est, eomme dans toutes lesniontagnes, plancheiee en dessus et en dessous.Cette precautinu est necessaire pour deux mo-tils : Fexces du froid Fliiver, et la necessite detenir propres les aniniaux, auxquels ou ne faitaucune liliere; le planelier est assez dejointpour que Purim* puisse s’ecmder. Cette etabletraverse le liätiment d’un mur n Pautre ; c’estune espece de halle, oii les aniniaux sollt ran-ges sur la iongueur, places sur deux raugs, lederriere vors la nmraillc et la lete vors le ini-lieu ; ils sont lies a des crcclies qui regnen!aussi dans toute la Iongueur, parallelement auxmurs.

Cette desoriplion de Pvtablc laisse assez en-trevoir quel doit etre, a peu pres, le. logementdes bommes : c’est, pourainsi dire, une especede chemiuee oarree de 3 a 4 m. sur chaqueface; un grand nomlire de personnes se ran-gen I aisement autour des brasiers, et la lumees’eleve jierpeudiculairenient par le large tuvauqui est aii-dessus ; le plafond n’est eleve au-dessus du sol que de 2 in. 33 o., et c’est aumiiieu de ce plafond qu’est pratique le tuvaude chemiuee, qui toute Fannde sei t de feuetiv,et qui, dans les bivers excessivcment neigeux, |sert de porle. Ce tuvau traverse le grenier, et |

s’eleve ä 6G c. seulement au-dessus du toit; lehaut se termiue en forme de triangle sur deuxfaees, et se trouve a moitie couvert d’un« es-pece de trappe qui est portee par un axe tra-versant la chemiuee dans sa largeur, et rcpo-saut sur le soinmet dos deux triangles opposes:cette trappe est un carre long que son axe par-tage dans le miiieu, et cliacune de ses pnrliespeut couvrir un des edles de la chemiuee; eileoouserve sur son axe le mouvement de hascule,et sa dcstination est de fermer la chemiuee auvent, ä la neige, ä la grele, qui s’introduiraientsi aisement par sa large ouverture. Au nioseud’une perche accrocheeä la trappe, et qui des-cend dans Fapparterjieut, on donne ä la hasculele mouvement que Fou vent, et toujours onferme le oole de la chemiuee par ou le ventsoullle; Pautre cdte, qui se trouve ouvert,donne ent ree a la hindere. Dans les liiverstrcs-ahondants en neige, Phabitation eil estquelquefois enveloppee jusqu’au-dcssus dutoit; c’est alors par !a eheminee qu’a l’aided’une petite erhelle on pcnctrc a l’exterieur. Acdte de l’appartemenl ou est la chemiuee setrouve une niauvaise ehambre ou sont deuxgrabats, Pim pour les pcre et mere, et Faulrcpour les hlles; qunnt aux gareons , ils n’ontd’autre lit que le grenier ä fourrage.

Les chalets sont des habitations baties fortsolidenient, qui ont la forme des maisons de-crites ci-dessus, niais beaucoup moins de hau-teur; elles ont, dans Pinterieur, une divisionpour les liommes, et c’est la <pie sont prepuresles fromages; une autre division pour y plaoerles fromages faits ; le reste n’est qu’une etable.Cette maison est ä pou pres au centre d’uneetendue de trois ou quatre Cents arpents , quiest cernce d’un prtit mur en pierres siVhos, oules vaches paissent et dorinent en liberte. Leslemmes n’hnbitent jamais a Pextirme linuleurou sonl eonslTiiites ces habitations; les bommeseiix-mcmcs n’y sauraient Jiabitcr l’hiver : ilsn’y passent pas quatre inois, depuis le D'juinjusqn’au 9 octobre. Il y a onlinaimncnt utibeiger pour quinze ou vingt vacbes, et un l'ai-seur de fromages pour quatre-v ingts vaches.Les bergers n’onl que le soin de garder et detraire les vaches; les fniitiers cuisent et salentles fromages. Les vaches ne couchenl jamaisdans lYtahle; elles y entrent dVUes-iuemespour se faire traire, attendant leur tour, el en-suite elles retournent vaquer dans la vaste eu-ceinte soumise nuit etjour a leur domination.Le jour de la St-Denis e> tres-fixe du

retour des vaches dans !e pavs has, et c’est unspectacle interessant de la loealile; chaque ber-ger ploie. sa gaide-robe, qui n’est pas vohmn-neuse , et l’altacbe entre les cornes des vacbesles plus distinguees. Mais, comtno toutes lesvaches ne sont pas du meine village, le beigerne Miil que celles du sien ; les autres descendentseules, une conduetrice genei-alc en tete, se ili-rigent vers leur jiropre village, et cliacune vad elle-meme se midie ä la maison du maitreamjucl eile appartienl.

La contenance totale du departement est de

496,924 hectares, divisesainsi : t

Terres labourables. ........ 183,113

Pres.50,547

Vignes. 21,027

Bois.. . 115,614

Yergers, pepinieres et jardins. . . . 2,339

Oseraies, aunaies et saussaies. . . . 334

Etangs, mares, eanaux d’irrigation. . 1,422

Landes et bruyeres.■ 79,009

Cultures diverses. 127

Supedicie des proprietes Mties. . . 1,824

Contenance imposable. . . . 455,356

Routes, chemins, places, rues, etc. . 7,527

Rivieres , lacs et iiiisseaux. 4,091

Forets ct domaines non productifs. . 29,780

Cimetieres, eglises,batinientspublies. 170

Contenance non imposable. . 41,568

On y cornptc :

57,930 maisons.

632 moulins a eau et a vent.

101 lorges et fmmieaux.

345 fahriipies et manufaelures.

soit : 59,008 proprietes baties.

Le nombre des propi ietaires est de. 123,064Celui des parcelles de. 1,370,995

|{YnRoou.vPHrR. Un grand nombre de rivie-res arrosent le departement; l’Oignon lui sei tde liniite au liord; le Douhs le traverse dunord-est au sud -ouest; la Loue y entre au nord-est, et va s’y reunir au Douhs, au-dessous deGevri; l’Aiu y prend sa source, et, y coulantdu nord au sud, en sort au midi. L’Ain, leDouhs et la Loue sont les seules navigables.Les rivieres secondaires les plus importantessont la Bieime, la Cuisaneeet la Furieuse. — LaBieiine est en partie (lottable; on evalue laIongueur de la ligne livree au floltage a envi-ron 60,000 m. — La partie septentrionale dudeparlement esl Iraversee par le canal du Rhoneau Rhin.

Le deparlement renferme plusieurs pelitslacs, pariui lesquels on remarque le lac desRousses, silue. a l’esl, dans les monlagnes, presdes limiLes de la Suisse; celui deMarigny, si-tue ä l’esl de Lons-le-Sauluier, et le lac du(irand-Vnux, ([ui se trouve a peu pres ä uneegale dislance des deux pmniers. — On ytrouve aussi des etangs d’une etendue assezronsiderable. Le plus grand nombre existe dansla hass« plaine oceidenlale situeo entre Luns-le-Saulnier, Boligny el le Douhs. Ou les metsuccessivemenl , et Ions les deux ou trois ans,en eau el en culluue. La mise a sec a lieu pen-daul riiivee. Au printemps, on les seine eilmais ou en avoine ; on y rnncl. ensuile l’eau enseptciubre, apres la moisson.

Communications. Le departement est tra-verse par 5 routes royales , par 24 routes de-parlemeulales, el par 30 chemins vicinaux degrande communicalion.

M ktkouoj.ooik. Formee de deux natures de solhi(“u opposees, la plaine et la montngne, la tem-peralure de ee depai lernenl. oll re une grand«dilfereiiee snivant relevation ou l’ou se trouve :en general les liivers sonl longs , ii eause desneiges doul. les monlagnes sonl cousertes jus-