I.YthN.
LYON.
LYON.
Les hahitauts de Lyon , Ions adonnes ati.varts et au commerce , ne pouvaient voir avecsatifaction une revolution qui, paralysanl. l’iu-dustrie, iaisait languir les manufactures , tuaitcommerce et Jroissait ainsi lous leurs inte-rets. On ne devait donc pas s’attendre a trouverparmi les Lyonnais lieaueoup de partisans de larepublique,; et si Pon ajotite aus meeontenlsde laclasse onvriere et eommereatile ceux quitcnaient au olerge et a la noblesse, ou trouveraque le nomhre des repuhlicuins se trouvaitconsiderablemeut reslreint. CependaiU les genseil place et les amis de la liberte fitreut euassez graud nonibre pour lornier un parliredoutable au\ partisans de l’aneien regime etau\ moderes. On vil alors dans Lyon deux fac-lions bien distinctes : celledes municipaux, sou-tenue par la Convention, et edle des seetions,composee de repuhlicains purs et de tpielquesroyalistes deguises. II elail impossible que leconflit d’opinions ne reveiilaf les haines parti-culieres, et que ceux qui avaient quelques dis-cussions d’interet ne se prevalussent des eir-constauees pour faire valoir leurs pretentions ;aussi les esprits s’exaspererent au point quechacun s’hahituu ä regarder eonmie uu en-nenii irreconciliable celui qui etait d’une opi-nion conlrnire , et soupirait apres le niomeniqui devait les nietfre aux prises. ll so prescutabientöt , et l’orage qui grondait depuis long-temps eclata. Le 29 mai 1793 , deux coimnis-saires de la Convention siegeaieul a la inunici-palite avec Chalier, qui, n’iguorant pas qu'itetait siguale, avait iait de la maisou communeune place d’armes , dans laquelle il se lenaitavec les represeulanls comine dans une forle-resse. Les sectioimaires , de leur cöu» , avaientleuni leur colonne, et se tenaient sur la defen-sive. Il y eut trois tentatives d’acconunodementque Chalier reudit inuliles. Cependant, pourue pas mettre tous les torts de leur eöte , leseonnnissaires inamlcrent un balaillon de Lyon-nais; mais aussitöt qu’il lut a portee Chalierordonna, dit-on , une deeharge d’artillerie etde mousqueterie. Ku un instant la place estjonchee de cadavres, et ceux qui eehappeut auniassacre se repandenl dans la villc et crieutvengeauee. De lous cötes on prend les armes ,deux colonnes d’environ 2,000 hommes par-tent de la place .Beiemir et vont assieger l’hö-tel de ville, qui etait defendu par 1,800 hom-mes et deux pieces de canon. Le siege duradeux heures, au hont desquelles les assicgeanlsse rendimit maitres de la jiorte; leur victoirelouidois ne lut luilieiuent ensanghmtee : leswldats, loin de rnaltraiter leurs prisonnim,garantirent delafureiir du peuple. Les deuxeonnnissaires de la Comention furenl mis endheru*, ä coudilion de faire uu reeit sincere de^*1 eomluitede Chalier , donl la perlulie a\ailenteile le combat, l n premier rapport fail a la^•onyention nationale sur I’alVaire de Lyon avaitete lav orahle aux habitants de eette inalheu-rcuse ; mais, quatre jours apres, les repre-S «nlants peignirent les Lyonnais comine des1 ebelles, et demauderent vmgeaiiec pour la"P'esentation nationale meeomme . a\ilic rtu.
outraget' en leur personne. Cependant lesLyonnais s’etaient nomme de nouveaux niagis-trats; on erea une Commission pour juger lesprisonmers faits dans le combat du 29 mai.Chalier .seul lut eondamne ä niort et execule;on garda les autres prisonniers comme otages.
Cependant Kellermann, general de l’armeedos Alpes , avait besohl de. ipielques piecesd’artilierie el d’aiitres objets d’appiwisionne-ment; il en lait la demande aux Lyonnais, quis’empresserent de les lui fournir. Kellermann ,sensible a ce trait de devouement et d’amourpour la patrie, devinf rinterces.seur des Lyon-nais, et intcressa en leur favenr Robert Liudel,eoimnissaire de la Convention pres l’arinee desAlpes. Leur medialion etait assez puissantepour faire renlrer la \ille de Lyon dans lesbonnes graees du gouvernemeut franeais ; maisla perle des Lyonnais etait irrevoeablement de-cidee dans les arrets du destin , et les cireons-(ances ne liient que racceierer. La journee du31 mai avait eerase le parti modere dans laConveution ; el, pendant (pie Toulon se livraitaux Anglais, Marseille envoyait une nrmee auseeours de Lyon. Ces mcideuts reunis /irentcraindre que Lyon , faisant cause communeavec Marseille et Toulon , lout le midi de lalYanee ne se delaehat du nord et ne se soule-\at eontre le gouvernemeut. Le general Car-teaux tut chargc par Kellermaim de niarchercontri* les Marseillais avec un e.orps de tron-pes Ires-inferieur, mais qui devait se remi-tcr en route des gardes nationales et des \‘o-loutaires du pays. Carteaux, s’avaneant sur larive gauclie du Rhone , s’assure du Pont-St-Ksprit et d*Avignon , renconlre lVnnemi aSalon, ensuile a Septemcs , ledel’ait complele-menl, el prive ainsi les Lyonnais des seeoursqu’ils attendaienl du Midi. Ceux-ci, ahandonnesa leurs propres forees , sollieilerent un armis-tiee; un depute repond ainsi a leur demande :
« Reljt'Iles, eonfessez \otre crime, otivrez vosportes, montrez-vous oheissants , soyez desar-mes, et devenez, a force de repentir, dignes dela elemence de la Convention. » Les Lyonnaisne pouvaiit croire ä eette elemence, ni detour-ner l’orage, le siege est resolu. Une armee di^69,000 hommes , composee des troupes queKelltM nimm a amenecs des Alpes, des gardes na-tionales des villes et des canipagues M>isines deLyon, et de. 500 canoimiers destines au Servicede 100 pieces d’artillerie , fut bienlöt sous lesmurs, D’attcndaul tpie le Signal pour löudroyereette malheureuse ville.
Les Lyonnais cependant protestaienl baute-ment de leur soumission au decret de la Con-vention nationale; ils avaient. accepte , en as-semblees primaires , la Constitution de 1793,eelcbre Tanniversaire du 10 aout, lmile les ti-tres leodaux , et invile kellermann d’assister aeelte lete; mais, tout eil entretenant avec ee ge-neral une eorrespondance reguliere , ils tAi-taient de commimi(pier avec les eommissaires| de la Convention. G’etail d’eux cependant tpie; dependait le sort de leur ville; s’ils eussent pu! se plier ä des demonstrations de soumission ,pont-etie seraient-ils parvonns a les flechir. et
se seraient-ils epargne bien des malheurs ;mais, soit defiance, soit opiniatrete, ils refuse-renl de traiter avec les eommissaires de la Con- ’vention, et, en ayant recu des propositionsequivalentes ä se l'endre a discrelion , ils re-pondirent : « Citoyens repi'esentants du peu-ple, vos propositions sout encore plus ati-ocestjue votre conduite ; nous vous attendons; vousn’arriverez a nou.s que sur des moneeaux decadavres, ou la cause de la liberte et de la re-publique tiiomphera. » Cette reponse ne lais-sanl plus d’espoir de eonciliation, onsedisposade pari et d’autre au combat. Dans Lyon toutesles totes s’electrisenl; ehaeun eourt aux ar-mes, et malheur a celui qui niontrerait de lalachete ou de rimliHeience! Les femines nesont pas les dernieres a ollVir leurs Services :on les voit se montrer sur la breche , et tra-vaillcr comine des pionniers aux fortiücations.
On forme une caisse militaire; mais, comme lenumeraire etait rare , on le reniplace par desbillels des prinoipaux negoeiants. L’immensepopulation de la ville necessitait des approvi-sioimements considerables; on n’epargna nipeine ni depense pour s’en procurer. Rendantqu’on travaillait ainsi dans l’interieur a pöur-voir la ville de tont ee qui etait neccssairependant la du ree du siege, on ne negligeaitrien pour la mettre en ctat de repousser les at-taquesdu dehors. Un ingenieur, nomine Chen-nelette, traeades redoutes sur les bautours quicouvmit, au nord, une parlie des lauhourgsdola ville; ces redoutes furent eletees avec unecelerite etonnante; les nmisons fment erene-lees; on construisit des hatteries, on foudit derarlillerie; on fabriqua de la poudre , et Tonne negligea aucun des nioyens qui pouvaientcontribuer ä la defense de. la place. Le midi dela ville etait oecupe par les maisons des richesnegoeiants, et protege par le Rhone; mais surla plage opposee la ville etait decouverte ,* et leseditices , mal defendus par les canons qu’onavait placcs sur le quai du Kböne , etaient Ex-poses au feu des bombes <*l des boulets rougesqui pnrtaient de la rive gauche du fleuve. Laprincipale attaque fut dirigee par Kellennamieontre la parlie de lTslhme , au eonlluent duRhone et de la Sahne , vers le faubourg de laCroix-Rousse. Le quartier de Fourvieres, com-pris dans la grande anse formet* par le coursdes caux de la Sahne, est attaque par le fau-bourg de Vaise; une autre attaque est dirigeeeontre la partie de la ville cpii oecupe les ter-rains nonvellement eonquis sur les eaux parl’ingenieur Perraclie.
A. tous ces movens d’atta(|ue Lyon n’op])osad’abord que 25,000 hommes cotmnnnde.'» parPrecy, aneien militaiiv, par \ iiieu , ev-cous-tituaut, et par "Nervo. Ces ehels militaires en-trelenaient ä lYxtericiir des intelligences dontils faisaient uu seeret aux nutorites civiles etadministratives, el il csl a\ere aujonrd’lmi querinsurreetion lyomiaise etait combinee avec lesmouvements des armees ennemies dans la Sa-voie : les Prussiens et les Autrichiens devairntpousser les l’raneais au tlela des lignes deNN eissemhourg. pendant qu’tm corps d’arniee ,