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refluaient; 011 y etait partout dans Fngitntionet daus lo troublc.
Les administrations s’ctant assemblees lesoir meine pour aviser aux moyens de sous-trnire Lyon aux daugers qui le menaraient,le mareehal Augereau prit seanec au milieudes autorites ; il ne Icur dissinuila rieii de lagravite des conjonctures , leur lit coimaitre aujuste la Situation respeetive des deux annees,deelarant que Lyon ncpouvait etredefemlu sausetre expose a tous les desaslres d’une ville prised’assaut. La retraite fut dccidee; olle s’elfee-tua daus la nuit meine par le pont de la Ouil-lotiere, Farmee se portant sur Vienne. Lesgeneraux Barbet et Digeou lormerent Farritre-garde, le general Barbet avant rejoint Farmeej>ar le pont Morand.
Le comte de Bomlv, prelct du Rhone, quipcndant cette et douloureuse Campa-
gne avait coneouru a maintenir l’ordre dansLyon et pourvu aux immenses besoins deshahitants et de Farmee , laissa au maire uneinstruction ä Feilet de reclamer une capitula-tion favorable. M. de Fargues, coimnissaire. dela municipalite, se rendil au quartier generalautriehien, et de la il obtint sans peinc que lasurete publi(pie serait garantie et respectee, etque la garde lyonnaise ferait eoncurremrnenlle Service avoc la garnison.
Apres l’abdication de Napoleon, Lyon n’in-sulta point ä son malheur ; et lorsqu’il se pre-senta devant ses mtirs en 1815, cette ville luiouvrit ses portes et le reeut avee enthousiasme.
Deux lois, daus ces dernieres annees, I,\ ona ete le theatre d’evenements des plus doplo-rables. — Vers la fm de 1831, les ouvriers eusoie avaient demande le retablissemenl des an-ciens prix de main-d’oeuvre, que les fabricantsd’etolfos unies avaient ete obiiges, depuis plu-sieurs annees, de reduire de 25 p. Cent, a causede la concurrence. On fit droit a cette de-mande par un nouveau taril. Mais les f’abri-cants eludrreut aulant qu’ils purent leurs pro-messes; et les choses s’etaienl retablies surFancien pied, lorsque la Stagnation desaflaireset la misere qui eu est la suite pousserent lesouvriers ä la revolte. Klle commenca par ceuxde la Croix-Rousse. qui deseendirent sur laville. Des troupes furent cn\o\ees contre eu\ ;mais ils avaient tonne des barricades et depaveles rues, et les troupes ne pouvant a\aiieer, oncommenca la fusillade. Opendant le prefet ,M. Bouvicr-Dumolard, et le general Ordon-neati chercherent a parlemcuter, et s’avanec-rent avee eonfiancc vers les ouvriers, qui | c . sretinrent prisonniers. Sur ces entrefaites, denouvelles troupes, dirigees par le general Ko-guet , marcherent sur la Croix-Rousse; diesrelbulerent les insurges daus les quartiersqu’ils habitaienl. Ceux-ci avant renouveleleurs ouvertures , le general relusa de rlenecouter avant la inise en liberte du preicl etdu general Ordouneau. Le premier lut rendule 21 mnembre, le second ne le lut que le len-demain.
La force armee avait (Fabord senihle devoirreussir a reiifermer F erneute et le romI>at daus
la commune de la Ooix-Rousse ; mais le 22,les ouvriers reprirent Foffensive; ils penelre-rent dans la ville, occuperenl les ponts et eou-perent les Communications. Le 23 au niatin,apres une lütte opiniatre, ils enleverent Flibtelde ville. Alors les autorites et la garnison,pour arreter Feffusion du sang et atlendre lesrenlbrts qui arrivaienl de plusieurs poinls, e\a-euerent la ville par le faubourg St-Clair.
Les attentats contre les personnes et contrela propricte, que Fon craignait de la part desinsurges, n’eurent pas lieu. Les fabricants eux-memes lurent etonucs de cette inoderalion. Ce-pendant, comme la revolte n’avait pas d’aulrebut que d’amener ceux-ei a une augmenlationde prix, les ouvriers se trouverent embarrassesde leur victoire, Ils remirent leurs pleins pou-voirs entre les mains de M. Bouvier-Duinolai d,qui etait roste dans la ville, et reunirent leursellorls aux siens pour rctablir Fordre et latranquillite.
Cependant, a la premiere nouvelle qu’onavait recue ä Paris de Finsurrection, M. Pru-nelle, maire de Lyon, etait parti en tonte bäte.L’ordre avait ete donne a un grand nombrede troupes de se diriger sur Trevoux. Le ducd’Orleans et le minist re de la guerre s’etaientrendus dans cette ville. Ils firent leur enlreedans Lyon le 3 deeembre, sans avoir accede äauciine transaetbm, sans avoir consenti auciinengugenienl. Le taril* et tous les arretes (pii s’yrapportaient lurent supprimes; le desarme-ment lut present et operc; la garde nationale,dont une parlie avait refuse de se batlre contreles ouvriers, tut dissoute, et une forte garnisonetaldie dans la ville; des travaux militaires yfurent ordonnes; enlin quelques jours aprestoutes les autorites oivilcs et militaires avaientrepris Fexereice de leurs l'onetions, et les af-faires leur cours regulier.
Ahisi lut apaise le premier soulevemenl deLyon ; mais le ferment de discorde (pii Favaitoecasionne subsistail toujours, e.l il donna lieu,quelques annees plus tard, a uu second soule-vement. La queslion du salaire, la seule quisoit importante pour la tranquillite des grandesfites commereanles, n’elail pas resolue d’unemaniere satisfaisante dans Finteret des dtnixparties, et seinblait ne favoristT tjue les fabri-eanls. Les ouvriers, qui avaient agi sans diree-tion en noveinbre 1831, conqu-irt'nl qu’il eon-venait que leurs interets eussent des represen-sants pour les defendre. La soeiete des mutuel-listes ful creee; eile se eomposa de tuus les ehefsd’aleliers, (pii, mieux que tous aut res, pou-vaient delendre les interets generaux de laclasse ouvriere.
Kn levrier 1834, une dimimition l’aile par. “s labricants dans le prix de la maiu-d’teuvre exeita un vif inecontentement panmles ouvriers ; ilsen refererent a Fassoeiatiou desmutuellistes; et cette assneiatinn, dont les ra-mifications etaient nonibreuses et Fanloritepicsque souveraine, derrela que, du 14 fevrierjusqu a nouvel ordre, tous les travaux de fa-brieation seraienl suspendus. Daus la matineedu 14 le.«* vingt mille metiers de !.\mi eesse-
rent dt? jjatlre. Le but des mutuellistes etaitd’obtenir une augnienlation de salaire. Les fa-brieants pcrsistereul a s’y refuser ; et coinmeleurs ressourees nmins bornees leur permet-taient d’attendre plus longteinps, force fut eil-lin aux ouvriers de se soumellre ; l’interdic-tion fut done levee, et les travaux reprirenlapres tlix jours envlron de Suspension. MaisFautorite jtidiciaire erut devoir sevir, et neu!membres de la soeiete des mutuellistes fureulinculpcs comme ehefs de la coalitiou de fevrier.L’ouverture du proces, lixee au 5 avril, futrenvoyee au 9.
« Cependant les autorites civiles et militairesse coneerterenl et prirent les mesures les plusenergiques pour reprimer Finsurrection qu’ilssavaient, par leurs agents, devoir eclater.
« Au jour fixe, le Iribunal reprit son au-dience, et (juelqut?s hetires ajires toute la villede Lyon devint le tbeatre d’une bataillc aebar-nee (pii la desola pendant cinq jours. L’insur-rection s’annonea d’ahord avee les caracleres(l’une revolte pousset; jusqu’a ses dernieres con-stVpiences, et d’une Operation regulierementcombiuee et dirigee. Des proclamntions eonte-nant la dccheance du roi et la nomination deLueien Bonaparte aux fonctions de jiretnierconsul etaient repauducs de toutes parts; desdrapeux rougesou noirs, des etendards portantces mots : VWrc en Iravaillant ou mourir encomhattunt! etaient arbores comme point derallicinent; le toscin appelait la population auxarmes; bref, la vivacite et Faudace avee les-quelles les insurges soutenaient le combat in-di(juaien! en eux une resolution desesperee.(i’elail aussi avee une viguour lerrible (jue pro-cedait Fautorite militaire exercce par le gene-ral Aymard, et les moyens de guerre les plusdestructeurs furent employes pour reduire Vin-surreclion. L’arlillerte balayait ineessammentles j ues, les plaees et les passages ä eoups demitraille, laiulis que les houlets, les olms diri-ges contre les maisons et les petards attaches aleur base les renversaient vl les inecmliaient.Aucun liabitant ne pouvait sorlir de cbez luini se muntrer a la fenetre sans etreassuilliaus-
sitbtd’une grele de bailes.
» Malgre l’ardeiir et Fenergie deployces parles troupes, Finsurrection conserva son terrainle 9 ; et U* lendemain eile envahit les quartiersqui, restes ealme la \eille, entrerent alors f»etat de revolte ouverte. Quoique plus meur-li iere et plus desastreuse que ia premiere, cetteseeonde. journee se passa aussi saus amcnei* dercsullal remarquable. Si lecouragt? des troupe- 1 *allail s’eehaulTantdans Faetion ets’exaltant p« 1les perles qu’ellcs eprouvaienl, la eoiitenane*des insurges ne paraissait pas allaiblb*, uonol» s 'taut les breebes faite.s dans leurs rangs: et I*'malbeureuse eite, dont quelques parties elaien*dejä ruinecs par l’artillerie et par Fineembe-
e\ait s’attendrea de* nou\eaux ra\ages.
» Moins anime ([ue les deux jours prc<eeuts, le combat, la Iroisieme jouruee, uavai*ucore donne ä Fautorite que des a>n>d«» p f»eu imporlants; mais la Prolongation d( ^itte etait tonte defavorable aux insurges. q’