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MARNE (departement de la).
.HARNE (departement de la).
de Seine. Les bassins des petites rivieres sollt,pour la plupart, etroits; les cötes qui les bor-dent sont escarpees, ce qui restreint l’etenduedes prairies. Les recoltes de l'oin suffisent auxbesoins du departement. Outre les prairics, ilexiste un grand nombre de bas pres et de maraistres-etendus,delO, 12et 15,000hectaresdesu-perficie, comme ceux d’Allemanche, de Pleurs,de Jälons. Le plus vaste est celui de St-Gond,qui borde les territoires de dix-sept com-imines. Le sol de ces marais est uue espece detourbe vegetale, saus consistance, qui a pourbase un petit gravier blaue ou jaunatre. Cesterrains, tremblants et fangeux, ne produisentque de tres-gros l'oin de mauvaise qualite. — LaHöre du departement est riebe et variee.
La vigne est cultivee dans les cinq arron-dissements; mais ce n’est que dans ceuxde Reims et d’Epernay que l’on trouve ces co-teaux celebres dout les produits sont estimes etrecberches dans tous les pays. — Les vinsblancs sont renommes surtout ä cause de leurdelicatesse, et peut-elre plus eneore de cettemousse petillante qu’ils conservent jusque dansleur extreme vieillesse, et qui, si eile n’est pasce que les vrais gourmets estinient le plus dansles vins de Champagne, est au moins ce que lafoule des amateurs y recberche generalcment.—Les vins rouges se distinguent aussi parbeaucoup de linesse, de delicatesse et d’agrc-ment; ils occupent un rang distingue parrniles meilleurs \ins de France. — La Marneproduit au moins 700,000 hectol. de vins.Aucun vin ne jouil de plus de vogue et de po-pularite (pie le vin de Champagne ; aucun nVslrecberche avec plus d’empressement en Ku-rope; ii ces mots : Vin de Champagne , s’as-socient loules les idees de gaiele , d’e.sprit, decompagnie aimable et piquanle. Quel repasliien ordomic se passerait de Champagne ! queldessen aurait du sens, si le bruit du Champa-gne et sa mousse petillante ne venaient deridertous les fronts ) et ce qui ajoute au charme decette belle liqueur si animee , si vive , si lim—pide, c’est qu’elle ne cause aucun trouble dansla pensee, qu’elle excite, mais (prelle n’obs-curcit point, quand la moderation est la pourajouter au plaisir en le reglant. Aussi les Chan-sonniers oni-ils celebre a l’envi cette divineliqueur. Les poetes pindariques s’en sont me-les en latin el en Irancais ; l’un d’eux s’ecrieavec lVnthousiüsme de la reconnoissanee :
Massi(jne, cluiiiU; par Hr,n«ce,
Devant Silloi V Mitmictsloi!
Falerne , «lesccmU de la jilnce,
Dans Ai reiMinnais ton roi!
Le vin de Champagne est stimulant; il a um»saveur piquante qui Hatte et rejouit; il cliassela melancolie ; il dölie la langue et provotjue lasaillie; il anime la conversation; l’impression enest vive et agreable, mais eile s’evanouit bientdt.Autant l’elVet est prompt, autant il passe rapide-ment. — On sait renorme commerce que fait laMarne avec les etrangers. Un fait bien conmiaussi, mais quin’en est pas moins eurieux, c’est
la diversite de goüts qui s’observe chez les na-tions eomnie chez les individus. Telle varietede mousseux fera panier d’aise un lord anglais,fervent adorateur du champaigne ., et semblerade la piquetle maussade au boyard russe ou aubaron allemand. Force est alors de confection-ner pour Petersbourg ce que Vienne repousse-rait dedaigneusement, et d’envoyer a Kdim-botirg ce qui insurgerait tont un dessert pari-sien. Calculez maintenantlainas.se enorme decapitaux que ce commerce met en mouvement!calculez ensuite ce qui se vendrait de pseudo-Champagne, si les tariis de douane de tous lespeuples europeens ne s’interposaient untre ledesir d’innocentes jouissances et le peuple quiles exploiterait si bien au probt de sa riohesse !Et dire que, atiendu le volume el le poids, lavariete de philanthrope (1) qu’on appelle uncontrebandier, est impuissante pour corrigerde telies en'eurs!
La culture de la vigne est par tont le depar-temeut dirigec en general avec beuueoup d’in-telligence. Nous ne parlons pas de la inanieredont on traite les vignobles ordinaires. Cetteculture y dillere peu de celle des autres can-tons du royaume places sous la meine lalitude;mais quant aux vignes qui produisent ces vinsdistingues el si renommes, l’art, peut-elre en-core plus que la lialure, contribue a leur supe-riorite. Ce n’est pas eependanl que le \ignerouebampenois ne trouve le plus grand avanlagedans un sol sec, leger et pierreux, composc engrande partie d’uu sable iin el d’un Jinmn tres-delie; mais il laut avouer qu’ä cette J'aveur de.la nature il a su ajouter deux autres nioyenstres-propres a lui assurer le succes. Nulle parion ne cultive avec plus de soin et d’aelhile;nulle pari le proprietaire n’apporle les niemesprecaulions et la meine intelligence dans lamaniere de faire et de manipuler ses vins.Pour ce qui concerne les gros travaux, commeplantations, labours , etc., il n’esl rien de bienparticulier; mais on met la plus scriqmleu.seattention dans le choix des piants; tont ce quiapproclic de la grosse raee, on l’ecarle, onrarrache saus pitie. On y tient les vignes tres-basses et peu serrees, prutique de. la plus bauteimportanee , ])onr que les ra\ons du soleil pe-netrant plus faeilement, et qm» les grappes,etanl plus pres de terre, en reeoivent plus decbaleur.
Kn gne on deploie dans la faeon des
vins une indu.slrie peu coiunnmc. Ou sail queles vins blaues mousseux sont le grand objet desoll commerce; mais ce que loul le mondo nesail pas , c’est que les meilleurs vins blaues sefoul avec le. raisin noir. Pour alleindre uneparfaite maturite , on ne eommence la rcr.olteque lorsqu’on ne peu! plus la dilfercr; Cramanlest le vignoble ou se fait la elhtnre des veu-danges pour tonte la France; il n’est pas rarede voir des Aendangeurs cueillir eneore du 8au 10 novembre. Lorsqu’un ete favorabledonne une. maturite parfaite, on se bäte de
(i) Mot jAiisumiiicm juMe «le j , t'conoii‘ii<;le .mglüis Se-nior.
porter le raisin sur le pressoir, on donne troisserres, et Ton met u pari le vin qui en de-coule el qu’on nomme vin de. cuvee ou d’elile;puis ou donne deux ou trois autres serres pourfaire les vins dils de taille et de rebeche. Les
vins de preniiere cuvee sont transportes danslacu\ e, ou ils resteul vingt a trcule beui‘<!.s, apreslesquelles ils sont ruis en tonnenu et placesdans des celliers Irais. Pendant les gelees , onles soutire, on les colle, puis au boul de douzeou quinze jours ou soutire et l’on colle eneore;souvent meine on repete trois ou qualm i'oisces deux operations. Du 20 au 30 mars oneommence a mettre en liouteilles les \ins (juel’on veul tirer en mousseux ; cjuelquefois ondillere jusque vers la (in de mni et meme audela , surtout dans les annees ou l’on se nieliede la casse. Immediatement apres le tirage lesbouleilles sont descendues et entreillees dansles eaves ; plus eelles-ci sont profundes, etmoins la casse est craindre.
Le vin blaue, dit de Champagne, ne s’oblienlque des piants de choix, taut en raisins noirsqu’en blancs : tels que le ’ * ’ qui domine
sur le tcrriloire d’Kpernay ; l’epinette et les pi-lteaux, qui pcuplenl celui de Cbouilly, commeles vignes de raisins blancs de Oramant, Avize,Oger et le Mesnil. A Verlus, vignoble a viurouge, on reneontre principalemont les pineauxet les morillons noirs. Pierry presente egale-ment de loules ces espeees, mais depuis quel-([ues annees on v a inlroduit hors de tonte pfo-portiou un plant appele rneunier, saus cloute acause de sa feuille blanchatre, ipii rapportebeaueoup , est moins aeeessible ä la gelee , re-siste mieux a l’inlenqu'rie des saisons, maisallen; sensibleinent la linesse du eru. Ottoderniere e.spece. abonde dans loules les pjecesdu vigneron en allanl plus avant dans la valleede Sl-Martin-d’Alhois; a Moussy, Vinav, adroile; Cuis, Molins, Manev , IMoutbolmi,(ii’auses sur les colcaux de. la gauehe. X.es [iro-prie.taires ejui ne <uillive.nl pas par eux-memesne 1’admeUenl guere que dans la proportiond’uu huilieme, et quc.lques-uns le easent a
irt., pres des bois et Imtis, dans le summet desiteaux, dans les lieux dits ou see.tions d’uu crulerieur : leurs vignes sont du reste peuplces> pineaux et de morillons, qui souliennent lapulalion de leurs \ ins rouges. Sur les lerri-ires des rives de, la Manie, ä Mardeuil , Da-ery, Fleury, Vanteuil , Yauciennes el Lour-ull, ete. , il enest, a peu pres de meine : !(“•'’gnes du jiroprielaire aise, soigueux de Iniahte du eru, presenlent les^morillous el lesneaux, et moins des autres espeees, a pai'ti melangees; dans edles du vigneron, lesorillons el les ]uneaux deviennent tous lesurs moins nombi eux et sont en grand m 0-nge avec. le meuuier, le petit. meiller, le b'°'enle, le. gamet et le moriband, loules espi^esus ou moins eommuncs, mais d’un rapp l),tus ecrtaiii et plus abundant.
On a elasse ainsi les vins ldans: dans•emiere elasse : ceux deSillery, Ai, Mareuil,
errv, Ep erua y» ’ ct l )0ur '‘ nfii m'i>iniei'e lione . ceux (le Verzenuy , AdZ) >