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MEAl'X.

MEAUX.

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giie de Clotaire II, qui reunit la monarchie louteutiere sous sa puissance. Les Vjrmands s’en«mparerent en 862; mais par les soins de Char-les le Chauve eile lut preservee du pillage.Quelques annces aprcs, eile lut prise et en par-tie consumee pav les Hammes.

Les comtes de Champagne possederent laviile de Meaux , comme les autres parties dela Brie. Assiegee par Louis le Gros en 1118 ,eile resista. Une charte eommunale lut con-cedee ä ses habilants et confirmee de 1198 ä

1308.

Pendant la guerre de la Jacquerie, en 1358,Meaux lut bnile par les troupes royales, lemaire lut pendu et les habitants depossedes dr

leurs Privileges.

Meaux litt pris par les Anglais le 2 niars1421. Henri V avait force Dreux a se reudre,le 20aoüt 1420 , par capitulatiou; il avait en-suite pris Beaugency, Rougemont, dont il fitnoyer tonte la garnison, Yilleueuve-Ie-Roi etquelques autres lorteresses; il vint enfin le. 6octohre se loger devant la viile de Meaux. Cetteviile esl balle sur la droite de la Marne; c’e-tait lä que coinmandait le bälard de Vauru, quiavait avec lui son freie, une dizaine de Cheva-liers de renom, et euviron mille honnnes d’ar-mes; ses lieuteuants oceupaient le Marche deMeaux, forteresse independante]sur la gauehe dela riviere, et une ile qui liait l’une avec l’autreplace. Le roi d’Angleterre, qui avait avec luivingt mille combattauts, ctablit son quartierau couvent de St-Pharon; mais ses troupes separtagerent entre lesdeux rivieres de la Marne,et assiegerent les deux forteresses ä la fois. Lasaison des pluies avait commence, les vivresmanquaient, une maladie pestileuticlle, repan-due dans les villages voisins, gagna le campanglais et y causa beaucoup de ravages; maisHenri V etait determine ä prendre Meaux, ils’obstina au siege de cette place, et il passahuit mois enlicrs devant ses nuirs.

Au mois de janvier 1421, Henri V iuvita sonbeau-pere ä venir le joindre au siege de Meaux,«Charles YI, qui croyait regner encore, quiregnait en effet autant qu’il l’e.üt fait jamais, etqui conservait toujours son meme goül pour laguerre, vint le joindre au couvent de St-Pha-ron, d’oii il data une de ses ordonnances. 11avait laisse la reine äVincennes, qu’ils habi-taient ensemble, et celle-ci, etrangere a la po-

litique, non moins incapable de gouverner ([son mari, etait comme lui satisfaite de son ge<he, parce qu’il ne. la troublait poinl dansjouissance des plaisirs de la table, dans son atention scrupuleuse ä l’etiquetle et ä la toileldes dames, ou danssa passion pour accumuhLe dauphin, qui se trouvait transfurme«lief de parti, Sans avoir ui plus de capacifiue son pure et que sa mere, ni plus de paSl °ns poliliques, leur faisait la guerre cepedant, parce que ses amis le \ oulaient ainsi; imne s’approchait pas des lieux oii l’on comb:hui '• au mois de novembre il s’etait avanJusqu’a Bourges, el il avait ainsi releve les tperances des assieges de Meaux ; mais au mijanvier il etait revenu devant Sommiert

que le seneclial de Beaucaire assicgcait pour jlui. — Pendant ce temps le siege de Meauxcontiuuait; le duc de Bourgogue y etait arriveau mois de janvier, mais sa suite etait peu liom-brcu.se, car le prince d’Orange et plusieursgrands Seigneurs bourguignons avaient refusede l’y accompagner, pour ne pas etre appeles äpreter serment au roi Henri. Ce n’ctail pointen cherclmnt ä faire breche aux murailles queles Anglais pressaient ce siege, tout comme cen’etait guere par des sorties que les Francais sedefendaient. De part et d’autre on se flattaitde lasser la patience de ses adversaires, oncomplait sur la famine et les maladies, qui rc-gnaient et dans la viile et dans le camp. Snr-lout les assieges, qui, par une defense de septmois, avaient donne taut de temps au dauphin,ne pouvaient croire qu’il ne fit aucuu ell'orlpour les secourir. Ses lieutenauts ne les aban-donnaient pas tout afail.Lc sired’Olfemont, quis’etait recemment distingue en Picardie, essayad’entrer dans Meaux avec quaranle braves : cepetit secours avait ete annonce aux assieges,qui avaient promis de reconnaitre Offemontpour leur capitaine. Arrive le 2 mars au pieddu mur, oii il avait place une cchelle, Ollemontfit monter les quaraute hommes devant lui, elil rcsta en bas le dernier pour les encourager.La planclie en travers du fosse, sur laquelle iletait demeure, fut renversce par im liavresacque. laissa tomber un des soldats qui monlaienldevant lui, il fut jete dans l’eau couvert de sonannure ; le bruit qu’on fit pour le relirer, re-veilla la garde anglaise; il fut blesse et fait pri-sonnier comme les siens le retiraient de l’eau.Cet accident decouragea les assieges; au hont depeu de semaines, ils resolureut d’evacuer laviile et de se retirer dans le Marche pour avoirune moindre euceinte ä defendre; mais, avantque cette evacuation lut terminee, les Anglaismonterent a l’assaut et s’emparcrent de viveforce de la viile qu’on avait compte leur aban-donner quelques lieures plus tard. De la ilspasserent dans l’ile au milieu de la Marne, oiiHenri V fit dresser des batteries; une nouvclleatlaque le remlit maitre des moulins bätis sousles murs memes du Marche, et cette forteressecourait risque d’etre prise au premicr assaut.La garnison le brava cepeiulant, et le soutintpendant sept ou huit lieures avec une grandevaleur ; mais les pertes qu’elle eprouva dansce dernier combat ne lui laisserent plus demoyens d’eviter les rüdes conditions que luiimposait le vainqueur. Elle convint de livrerla place le 10 mai, si le dauphin ne venait au-paravant ä son secours : or le dauphin etaitalors ä Capcstan, dans le diocese de Narbouue ;on mit dit qu’il avait voulu s’eloigner le pluspossible des malheureux qui attendaient sonassistance. — Aucun secours ne parut, et leMarche de Meaux fut livre aux Anglais; le sirede Gast, le batard de Vauru et quatre autrescapitaines furent recommandcs ä la merci deHenri, qui les fit pemlre; cinq autres Cheva-liers se rachelerenl du meme supplice, en luilivrant des forteresses qu’ils possedaient dansd’autres provinces; tous les Anglais, Ecossais

et lrlandais qui se trouvaient dans Meaux fu-rent aussi peudiis; tous les meubles des bour-geois et de la garnison furent pilles, tous leursimmeubles furent confisques, tous les habitantsenfin furent conduits dans d’horribles prisons,oii les Anglais les laisserent soulfrir de la faimet de la misere. L’eveque fut Charge de fers etconduit en Angleterre.

Meaux a ete le berceau du protestantismeen France. Guillaume Brissonnet, evcque decette viile , avait reuni aupres de lui plusieurssavants distingues, notammeut Jacques Fahreou Lefevre , surnomme d’Estaples , qui devintchantre et ofiicial de Meaux; Guillaume Farel,professeur all College du Cardinal Lemoine",Martial Mazurier, Girard Buffi, tous docteursde Sorbonne. La reforme de Luther avait dejäen France de nombreux partisans. Francois 1"'lui-menie et Louise de Savoie, sa mere, seniontrerent d’abord tres-disposes en faveur dela reforme. Oil lit dans le journal de cette prin-cesse : « L’an 1322, mon fils et moi, par lagrace du Saint-Esprit, commencasmes ä cog-noistreles liypocrites lilancs, noirs, gris, enfu-mes et de toutes couleurs, desquels, par saclepience efbonte infinie, veuillenouspreserveret defendre; car si Jesus-Christ u’estmenteur,il n’est point de plus dangereuse gencration entonte nature liumaine. » La cour de Rome s’a-Ianna ; eile avait pour eile le chancelier Du-prat, qui dejä lui avait sacrifie les intercts dela France, et qui avait un empire absolu sur leroi et sur sa liiere. Bientot, suivant l’exempleet rimpulsion de la cour de Rome , il defenditde publier aucune traduction de livres saints, niaucun autre ouvrage sur les matieres de reli-gioii. Dcnonce par les cordeliers de Meaux ,l’evcque Brissonnet est reduit ä renoncer ou äparaitre renoncer aux nouvelles doctrines ;mais les savants qu’il avait appeles aupres delui sollt forccs de fuir. Fahre se retira d’abordä Blois, puis ä Nerac aupres de la sceur du roi,Marguerite, qui ,par son esprit, ses talents etsa tolerance, s’est illustree sous le nom de reinede Navarre. Farel, apres avoir sejourne quel-que temps ä Baris, s’enfuiten Suisse et porta lepremicr ä Geneve les principes de la reforme.Brissonnet trouva des imitateurs dans plusieursautres eveques de France, qui, comme lui, sa-crifiereut leurs opinions ä leur sürete person-nelle. Odet de Coligny , le Cardinal de Chätil-lon , eut seul le courage de ne point changer;mais bientot les supplices de Jacques de Bava-nes, de Jean Ledere , de l’Hermite, de LouisBerquin, avertirent les partisans de la rclormeque la cour de Rome avait jure leur extermi-nation. La reine de Navarre resta fidelc a sespremieres opinions. Liset, crcature du chan-celierDuprat, qui l’avait nomme premier Pre-sident au parleinent de Baris, poursuivait lesprotestants avec un implacable acliarncment.Les ouvrages de la reine de Navarre furentcensures par la Sorbonne. Le recteur de l’uni-versite osa parier contre cette censure. Lisetmande ä la harre du parlement le rccteur et uneludiant qui , aprcs avoir fait son droit ä Baris,s’etait rcfugic ä Orleans. Le recteur pari int ä

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