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MEAUX.
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se sauver eu Saintonge , et Fetudiant ä Bäle;cet etudiant, c’etait Calvin.
En 1546 plusieurs protestants furent arre-tes et mis en jugement ä Meaux , et le 14 oc-tobre de la meme annee soixante d’entre euxfurent condamnes ä mort et executes sur laplace ; d’autres furent fouettes el bannis, ceux-ci condamnes seulement ä faire amende hono-rable en chemise et un cierge a la main.
Les reformes habitaient, ä Meaux, le quartierdit le Marche, separe de l’autre partie de la villepar la Marne. Un edit de 1562 vint autoriserl’exercice de leur culte. Le prince de Conde ,l’amiral de Coligny, d’Andelot, Rohan et plu-sieurs autres y celebrerent publiquenient laeene. Quelques habitants lirent le complot delivrer la ville aux cbefs du parli des reformes ;cette conjuration eclata le 25 juin, lendemainde la St-Jean, a six lieures du matin et au sondescloches qui annoncaient la premiere messe.Apres s’etrc empares de toutes les portes, et,avertis que leur complot etait decouvert, sausattendre le signal , ils se rendirent ä lacathe-drale, y renverscrent les autels , briserent lescroix et les images ; Fabbaye de St-Faron su-bit le meme sort. Pendant huit jours , Meauxfut toutä fait ealviniste. Le parlement de Paris,instruit de ces desordres , Janca un premierarret , en date du 30 juin , qui declarait lesrevoltes traitres ä la patrie , et un sccond, endate du 13 juillet, qui les rondamnail Ions ämort. Un gouverneur et une garnison furentenvoyes aux catholiques , qui reconquirentbientöt leurs droits. Grand nombre de calvi-nistes furent chasses a leur tour. Unc petiletroupe de protestants, refugice au ebateau deSignets, est contrainte dese rendre aux catholi-ques. Ces protestants, conduits ä Meaux , yfurent, au mepris des termes de la capitula-tion, pendus ou etrangles.
Lors de l’afTreuse journee de la St - Barthe-lemv, les 24 et 25 aodt, les rues Poitedns ,St-Remy et les Yieux-Moutins se trouvere.nlalors presque depeuplees ; quelques buguenotsreussirent a sortir du Marche; mais un heute-naut general,Cosset, enetant informe, se mit äleur poursuite, et fit main hasse sur les femmesde ceux qui s’etaient enfuis; qiiehpies-uuesd’enlre elles furent indignement outragees ; etou en poignarda environ vingt-cinq. Ce jour-lämeme, Jean Maciet, procureur au bailliage, etGilles Xiecointe , marchand drapier , furent de-couverts comme ils cliercbaient ä sVnfuir ou äse cacher. Le premier fut mis en pieces sur lepave, et le socoiul jete par les fenetres de samaison], puis traine par le pied jusque sur lepont et enfm jete dans la riviere, apres avoirreeu plusieurs coups de poignard. Le meinejour on en trouva trois sur les tuilcs d’uueniaisou dans la rue du Chateau ; et leurs aniis,pour leur conserver la vie , s’elTbrcerent de lesconstituer prisonniers, mais la populäre se jetasur eux et les tun sur la place. Le lendemainqudques-uns du memi peuple allerent au eba-teau ou plusieurs de ces pns nniers avaient eterenfermes ; ils les appelerenf par leurs noms etsurnoms, comme pour les faire conduiredevaut
le lieutenant general; et, ämesurequ’ilssortaientpour traverser la cour, on les assommait äcoups de levier, et on leur passait Fepce autravers du corps. On en tua ainsi ce jour-läjusqu’ä soixante-dix , dont les corps furentjetesau fond d’une tranchee que Fon avait faiteexpres dans la cour meine du chäteau. Deuxd’entre eux, Jean Taupin et Jean Laloue, quoi-que perces de coups, n’etaicnt point morts; ilsrevinreut ä eux pendant la nuit, du milieu deces cadavres ; mais ils ne purent pas aller bienloin, ä deux pas de lä ils tonihereut de defail-lance. Le lendemain on les acheva ; et, quoi-qu’ils respirassent eucore , ils furent rejetesdans la tranchee avec les autres ; il en reslaitencore dix-sepl, que l’on mena la nuit du 28au 29 au moulin de la Juiverie , oü ils furentpoignardes, puis jetes dans la Marne.
En 1179, une cliarte souscrile, non par Hen-ri I er , comte de Champagne el de Brie, mais parsa lemme Marie et son fils, ctablit la commune äMeaux; c’etait dejä une petite amelioratiou ausort des iudividus; il est ä remarquer que l’au-torite eedesinstique s’y opposa. En meine tempsfut public Fedit de Philippe Auguste qui ban-nissait les juifs; Meaux en possedait plusieursqui furent contrainls de s’exiler.
Eu 1595 Meaux etait au pouvoir des li-gueurs. L’IIöpital de Yitrv, qui les cominan-dait, la rendit ä Henri IV, moyennant 20,000ecus, et ä condition qu’il en serait nonimc bailliet gouverneur.
Le 4 septenihre 1792 un corps de gendar-merie vint apporter , de Paris ä Meaux , For-dre de metlre ä mort les prisonniers poliliques.La municipalitc s’opposa eu vain ä cette hor-rible execution , mais le crime ne resLa pas im-puni , et plusieurs des meurtriers Fexpierentä Meltin sur Fechafaud.
En fevricr et eu mars 1814 les armeesetrangeresparurentdans les environs deMeaux;lors de la premiere apparition , les armeesfran^aises les battirent; mais ensuile, par unmalentendu, le corps qui devnit couvrir laville , abandonna sa positiou avantageuse pourveyir statiomier dans la plaine dite Varcnno deMeaux , apres avoir fait sauter le beau jiontde Trilport. Cette plaine etait trop decouvcrte ;les Francais s’y virent foudroyes par Partillcriedes Russes placee sur les hauteurs de l’autreröte dela Marne, et furent obligcs de traverserla villequ’ilslaisscreiU sans defense. Les Russesattaquereiil Meaux du cöte de la poi te Cor-nillon; leur artillerie, placee sur la hauleur dumoulin ä vent en face du pont, tira sur laville et tua plusieurs persomics ; le feu fut misau pont pour arrcter leur niarche; mais, commeil bruluit mal, les Russes sc mimit eu devoirde Föteiudre et de le lraiichir; ils y seraienlparvenus, sides ancicns militaires, seeondes pardes habitants de la ville et par des eanonnierstraiH'ais qui avaient place leurs pieces sur lamontagne de Blamont, n’eusscnl fait uu feusoutenu , qui for^a Farmet; russe ä la rctraite.Le lendemain, les ennemis eil plus graud nom-bre attaquereiil. la ville d’un aut re. cöte ; mais uncorps de Francais qui an-ivail de la balaille de
Montmirail les battit completement sur les hau-teurs de May et de Lizy , et les rejeta dans lesmarais de Crouy, d’oü ils se retirerent versSoissons. On a toujours cm que l’attaque de laville etait simulee , pour pouvoir , pendant cetemps, passer la Marne tranquillement. Quel-que temps apres , Farmee russe, profitant d’unmoment ou la ville de Meaux etait depourvuede troupes, revint par la route de laFerte-Milonet prit la ville apres qu’ou eut fait sauter lemagasin ä poudre qui se trouvait sur la mon-tagne de Blamont. Cette explosion fut si forte,qu’on Fentendit ä plus de 60 k. et fit du degätjusqu’ä Daminarlin, ou des vitres iurent cas-sees. Ce magasiu ä poudre avait ete etabli dansune maison sur Ja route de Paris, apparte-nant ä M. Dassy , qui n’en a jamais re^ud’in-demnite.
En 845, 962, 1080, 1204, 1229 et 1240, lecierge catholique tinl ä Meaux des concilesqui eurent tous pour objet le redressement desabus introduils dans la discipline ecclesias-lique.
Les armes de Meaux sont ; par/i de sino-ple et de gucules , a la lettre capitale gothi -que JJl d'or, couronnee cTune couronne mar-ginale (ou comtale) d’or; au che/ d’azurseme de jleurs de lis d'or,
Cette ville est tres-agreablement situee presdu canal de l’Ourcq, sur la Marne qui la divi.seeil deux parlies inegales et y fait mouvoir ungraud nombre de moulins, servant particnliere-ment ä la moulure des grains deslinus ä l’ap-provisiounement de Paris. Elle est assez bieubälie; la place publique esl vaste , mais irre-guliere; les proinenades sont helles, mais peefreijuentees.
La cathedrate de Meaux , dedice ä saintEtienne, esl un ehef-d’uuivre d’arcbitectur«golhique. Elle a ete commcncee dans le xi* sie-de par Gaulier I er , eveque de Meaux , surFemplaeenicnt de l’aueienne cathedrale detruitepar les Normands, et n’a jamais ete aclievee ;une de ses lours reste ä construire. Les der-nieres constructions datent du xvi° siede. L«ckccur et le sanetuaire sont ailmirables ; lesornements en sont liebes el d’une extreme de-licatesse. Celle edilice est redevable de sa per-fection ä Jeanne , reine de Navarre , dont ouvoil le huste ä la clefde la voute.
Ct;Ue eglise poite, depuis le grantl portailjusqu’ä la cbapdle Notre-i)ame-du-Chevet»104 m. de long sur 44 de large; dans la croi-see , depuis la porte du midi fjusqu’ä edle dunord, die a 32 ni. sous clef de hauleur , sam*compter 18 m. d’espace entre le dessus de 1**voüle et le faite du lmtimciil. La tour a envi-ron 77 in. de bauteur; die etait eouverte d«sculpturesexlrememcutdeliecs,dont une partiöexistc encore du cöte du nord et de Fest; *Fextremite est une plate-forme environnecd’une balustradetFou, quaiid le temps est lieau,ou deeouvre facilemenl Montmartre el le nioulValerien. Lc saueluaim est un des plus beauxque presenten! nos eglises golhiipies; dix-buitjiilicrs en faiseeau , ou minimes rondes , smitiennent les vmUcs de la nef, et quatorzu ct. es