NOYON.
NOYON.
NOZEHOY.
83
sorte de pacte d’alliance, et il entreprit de rea-User cette idee genereuse avant que le mot decommune eilt servj a Noyon de cri de rallie-ment pour une insurrection populaire.
De son propre mouvenient il convoqua enassemblee tous les liabitants de la ville, clercs,Chevaliers , commercants et gens de meLier. Illeur pvesenta une charte qui consüluait lecovps des bourgeois en association perpeluelle,sous des magistrats appeles jures, comme ceux
de Cambrai, et dont voici les pvincipaux arti-cles :
« Baudri, par la gräce de Dieu, eveque deNoyon, a tous ceux qui persevcrent et avanceutde plus en plus dans la foi.
>' Tres-chers freres, nous apprenons, par IVexemple et les paroles des saints Peres , quetoutes les bonnes elioses doivent etre confiees äl’ecriture , de peur que par ia suite elles nesoient mises eil oubli. Sachen L donc tous leschretiens, presents et ä venir, que j’ai fait äNoyon une commune, constituee par le conseilet dans une assemblee des clercs, des Cheva-liers et des bourgeois; que je l’ai conünnee parle sevment, Vautorite pontificale et le lien del’analheme , et que j’ai obtenu du seigneur roiLouis qu’il octroyät cette commune et la cor-roborat du sceau royal. Cet ctahlissement faitpar moi, jure par un grand nombre de person-nes et octroye par le roi, comme il vient d’etredit, que nul ne soit assex liardi pour le detruireöul’alterer; j’en donne l’avertissement de lapart de Dieu et de ma pari, et je Vinterdis aunom de l’autorite pontificale. Que celui quitransgressera et violera la presente loi subisserexcommunication; que celui qui au contrairela gardera lidelement, demeure saus fin avecceux qui habitent la maison du Seigneur. »
« Quiconque, etait-il dit dans cette charte,voudra entrer dans cette commune, ne pourraetre recu membre par un seul individu , maisen la presence des jures. La somme d’argen tqu’il donnera alors sera employee pour 1’utilitede la ville, et non au profit particulier de quique ce soit.
» Si la commune est violee, tous ceux quil’auront juree devront marcher pour sa defen-se , et nul ne pourra rester dans sa maison, amoins qu’il ne soit infirme , malade , ou telle-ment pauvre qu’il ait besoin de garder lui-meme sa femme et ses enfants malades.
» Si queVqn’nn ablesse ou tue quelqu’un surle territoire de la commune, les jures en pren-drout vengeance (1). »
Les autres articles garantissaient aux mem-bres de la commune de Noyon rentiere pro-priete de leurs biens et le droit de n’etre tra-duits en justice que devant leurs magistratsmunicipaux. L’eveque jura d’abord cette char-te , et les habitauts de tout etat preterent apreslui le meine serment. Pour domier ä ce nou-veau pacte une garantie plus solide, Baudri in-
(x) ('.es trois arlicles sont extralis d’une charte de Phi-lippe Augnsle, qui rcproduit, en les confirmant, les ] 0 is,on, comme on disait alors, les coutnmes de la cummunc deNoyon (Recueil des ordonnniices des rois de Fmnce> t. xi,p. 224)-
vita le roi de France, Louis le Gros , ä le cor-roborer, comme on le disait alors , par son ap-probation et par le grand sceau de la couroune.
Le roi consentit ä cette requete de 1’eveque, etce fut tonte la part de Louis le Gros ä l’eta-blissemeut de la commune de Noyon.
La cliarle royale ne s’est point consei \ ee,mais il en reste une en dato de 1108, t[ui peutservir de preuve ä ce recit.
Les armes de Noyon sont: d argent a lafasce de gueules.
t ,a ville de Noyon est situee au pied et surle penchant d’une colliue, pres de la belle val-lee de Cliauny ; olle est eutouree d’uue quan-tite inuombrable de jardins cultives avec art,qui donnent l’idee de i’abondance et de la ri-chesse. C’est une ville trcs-bien bätie, bienpercee, ornee de fonlaiues publiques, et tra-versee par la Vorse, qui s’v divise en deuxbranclies et va se jeter dans l’Oise ä 1 k. de lä.On y entre par quatre portes principales quiprennent le nom de ses quatre faubourgs.
L’eglise cathedrale, bätie par Pepiu le Brefet parCharlemagne, offre uu vaisseau de 107 m.de longueur, orne sur son portail de deux tourshautes de 67 m. Les grands caracteres de trau-sition qui distinguent ce monument, son portailet ses tours noires et severes , sa nef, dont lesarcades, quoique ogives , reposent alternative-ment sur un pilier et sur uue colouue , commeau temps de pleiu ciutre, les graudes galeriesä chapileaitx varies qui regnent au-dessus detous les collateraux et qui en ont la meine lar-geur, eufin plusieurs autres singularites de de-tail lbnt de ce monnment un precieux objetd’etude. — A l’cpoque des guerres de la com-mune contre l’eveque, cette eglise avail ete for-tifiee et lierissee de tourelles. Il reste cncoreun long pan de mur crenele d’uu style superbeet parfailement exectite. Cette eglise a ete clas-see au nombre des monuments historiques.
L’hötel de viele est presque semblable äcelui de Compiegne par le style et la date(1499 ). On voit dans l’escalier un cul-de-larnpe d’une obscenite iucroyable : comme bienl’on pense le personnage obsccne est uu moiue.C’est du reste le seul objet de sculpture qu’onremarque dans cet liolel de ville ; la facade estcompletement mulilee et presque toute depouil-lee de ses ornements.
Biographie. Noyon est la patrie de JeanCalvin, fils d’un tonnelier, commentateur deSeneque , jurisconsulte , auteur de plusieursouvrages de tlniologie, et l'ondateur de la sectequi portc son nom; ne en 1S09, mort ä Geneveen 1564. On voit encore ä Noyon la maison deCalvin.
C’est aussi la patrie de Jean Sarrazin ,sculpteur celebre du xvi“ siede.
Industrie. Fabriqites de toiles. Tanneries.—•Commerce de ble et avoiue, que l’on trausporteä Paris au moyen d’un beau port situe ä Pont-l’Eveque, eloigne d’un k. de la ville, oü passe lariviere d’Oise. Les toiles de clianvre et de lin,les laines et les cuirs tanues , en forment en-core trois branclies assez consideraliles. — p 0 i-res les 25 juin, 8 sept., 1" niardi de jauv., de
fev., de mars, d’avril, de mai, de juin, de juil-
let, d’aout, d’oct., de liov. et de dec.
Bibliographie. * Relation de ce (jni s estpasse dans l’incursion des enn emis a Rayonen 1651, in-4.
Levasseur (J.). Annalcs de Veglise cathedralede Noyon , in-4, 1633.
Seziere (Claude). Histoire des sie’ges , prise etreprise de la ville de Noyon , dnrant laLigue , in-lä, 1772.
* Discoars an »rai du siege et de la prise dela ville de Noyon le 9 aout 1591 (Mem. dela Ligue, t. iv, p. 655).
Lafons (Alpli. de),baron de Melicocq. Recher-ches historifjues sur Noyon et le Noyon-nais. Statistique , botanique , ou Prodomede la flore des arrondissements de Laon,Vereins, Rocroy et des environs de Noyon,in-8, 1839.
Delmotte. Description des vestiges du chü-teau de Corbault ( ancien Noyon) ( Mem.de la societe des antiq. de Picardie, t. v,p. 163.
Levasseur ( Jacques). Annalcs de l eglise ca-thedrale de Noyon, avec une description etnotice de la ville, ct des recherches taut desvies des eveques que d’autres monumentsdu diocese, in-4, 1633.
Ramee. Eglise de Noyon, anciennc cathe-drale (plan, coupes et details ), avec L. Vi-te t, in-fol., 1842.
MIZAC, vg. Lot (Quercy) , arr., cant., Elet i 7 k. de Gourdon. Pop. 1,083 li.
NOZAY, petite ville, Loire-Inf. (Bretagne),arr. et a 26 k. de Chäteaubriant, clief-1. decant. Cure. Gite d’etape. £g). W. A 376 k. deParis pour la taxe des leltres. Pop. 3,002 li.— Elle est situee dans un fond, sur la routede Nantes ä Rennes.
De cette commune depend l’in stitut agricolede Graud-Jouan, oiisont eleves etinslruits desenfants indigents, qui ont mis en valeur depuisquelques anuees 500 lieclaves de landes jadisincultes. Une labriqne d’instruments aratoiresdepend de cet ctablissement.
Commerce de grains et de bestiaux. —Foires le lundi apres le 2 fev., apres le 29 sept.et apres la Toussaint. — Marches importautspour les grains tous les lundis.
NOZAY , Norcium , vg. Seine-et-Oise(Ile-de-Frnuce), arr. et ä 22 k. de Versailles,cant. de Palaiseau, Kl de Linas. Pop. 229 h.
YOZEItOY , joliepetite ville. Jura (Franclie-Comte), arr. de Poliguy et ä 36 k. d’Arbois,cbef-1. de cant. Ecole secondaire ecclesiastique.(mre. IS. A 4"28 k. de Paris pour la taxe deslettres. Pop. 929h.—Tiutimxcretaceinferieur,gres vert.
Cette ville est bätie dans une Situation agrea-ble, sur une montagne, au pied de laipiello,coule la riviere d’Ain. Elle doit son origine auxprinces d’Orange de la maison de Chalon, quiavaieut fait construire sur son territoire unemaison de chasse , autour de laquelle on elevadans la suite d’autres habitations. On y voit en-core un vaste edilice qui servit de residence äcesmemes princes, quiy donnerenl en 1529 la