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PARIS.
PARIS.
royaute elle-meme recevait au sein de Tnssemblee une atteinte d’nutautplus dangereuse que les tornies en etaient legales. I.a seanee du 10 aoutavait commence a deux lieures du mntin ; niais l’agitation qui y regnaitn’admit aueune deliberation suivie avant midi. Apres avoir rendu quel-ques decret s urgents, l’assemblee outend le rapport de Vergniuud, qui,au 110 m de ia eomniission extraordinaire, presente un projet de decret,dont le premier article contient ia eonvocation d’une convention natio-nale ; le secoud porte Ia Suspension j)rovisoire du pouvoir exccutif,jusqu’au momeut oü In convention nationale aura decrete des niesurescouvenabies aux circonstances. Ce projet porle en outre la Suspensionde la liste civile et la nomination d’un gouyemeur pour le daupbin :enfin, il disposc que l' roi et la famille royale demeureront dans l’en-ceinte du corps legislnlif, et que le dopartement fern dans le jour pre-parer au Luxembourg un appartement pour les loger. Ce projet est ndopleet converti en decret. Le 12, Tassemblee, revenant sur son premier de-cret, ordonne que Louis XVI et sa famille serent loges dans Thotel duministre de la justice, place Vendorne ; qu’il ieur sera donne une gardepour lern* siirete, et alloue 500,000 Irancs pour la depense de leui 1 mai-son jusqu’au jour de la reunion de la comentiou nationale. Mais, pres-que au meme instant, une deputation de la commune de Paris reelamecontre ces dispositions ; ditquela garde du roi nepeut etre assuree dansun hötel entoure de maisons parliculieres, el demande que la familleroyale soit transfeiee an Temple, edificc isole el entoure de murailles.
L’assemblee rapporle seanee tenante son decret et adopte la proposi-tion de la nmnicipnlite.
Aussitot s’etablit un gouvernement provisoire : on abat sur lesplaces publiques de Paris toutes les statues des rois. Les assemhleesprimaires sont couvoquees pour le 16 aout; eiles nomment des elec-teurs, et ceux-ci nomment les deputes qui doivent composer la Conven-tion nationale. Tandis que le nouveau regime s’elabore, la commune deParis, pour faire peur aux enneniis de la liberte, el craignant queles patriotes ne soient exposes aux feux de l’etranger places au de-hors et a ceux des royalisles places au tledaus , organise les liorriblesmassacres de septembre, dont nous ne croyons j)as devoir rapporterles detaiis. II suffit de dire qu’ils durerent pendant trois jours, et qu’ilsfurent successivement executes dans toutes les prisons, ä Ia Fort«, äl’Abbaye, au Cbätelet, a la Conciergerie , a Bicetre, a la Salpetrie-rc, etc.
Ia* 20 septembre 1792, la convention nationale, appelee pur une loide l’assemblee legislative pour doimer une nouvelle Constitution ä laFrance, tient sa premiere seanee. Le lendemain de son installation. surla motion de CoUot-d’Merbois, cette assembiec decrete l’abolilion de laroyaute, et proclame la repuhlique.
Le 7 novembre, Louis XVI est mis en accusation sur la proposition deMailhe.—Le2G decembre ilcoinparait ä Tassemblee, oü Deseze etablit sadefense dans un plaidoyer de trois bcures.—Le 17 janvier, lenombredesvotauts est de 721 ; 387 votent pour la mort immediate , et 334 pourdiverses peines, Louis XVI est rondamnea mort ä une niajorite de 53voix. — Le 21 janvier, des Taube du jour, on dispose l’appr6t du sup-plice. Une double liaie de soldats etait plaree saus intervaüe sur (piatrede liauteur; des reserves statiouuaient aux carrefours avec de l’nrtil-Ierie, et une escorlede cavalerie, conduite par Sanlerre, commandnntde la garde de Paris, entourait unc voiturede place, oü etait Louis XVIavec l’abbe Edgeworth. Arrive an lieu de Toxeculion, Louis ote sonhabil, monle smT’echafaud sanshesiter. Les executeursfonl leur ollice...et Louis XVI a cesse d’exister.
Les embellissements et les momunents de Paris comnienocssousle regnede Louis XV furent conlinues sous celui de Louis XVI. Unc enceintede 9,910 arpenls renfenna les anciens Iaubourgs , ä l’entree desquelson construisit cinquante-liuit bameres , ornoes de pavillons de diversesstructuros, qui cbangerenl Taspect hideux de leur extremite en abordsmagniliques. Les Iaubourgs du Roule, St-Honore. St-Lnznre , Poisson-niere, la nouvelle Chaussee-d’Amin , les rues de Provence et des Ma-thurins se peuplcrent d’habilations d’un goüt elegant. Le palais de jus-tice fut restaure. Les galeries du Palais-Htnal et ses elegantes boutiquesoffrirent au milieu de la capitale Tun des pius beaux bazarsde l’univers.La fontaine des Iunocents parut isolee au milieu d’une vaste place. —
Pnrmi les aulres eonslnictions digties de rcmnrque, nous citerons l’hötelde Salm, aujourd’hui palais de la Legion d’honneur ; les ecoles d-* mede-cine, des pouts el ebaussees et des mines; le College royal de France; lestheatres Francois et Italien, Feydeau , de l'Odeon et de la Porte-St-Martin : le pont Louis XVI; la chnpeüe Benujon ; les liöpitaux Cochin,Necker, Beaujon; la rotonde du Temple; les Halles aux draps , auxcuirs, ä la maree; les inarehes des Tnnocents , Beauveau , Boulainvil-liers ; les fontaines de TArbre-Sec , des Petits-Peres, du Chateau-d’Eauou Palais-Royal, etc., etc.
Le 13 juillet 1793 Marat meurt assassine par Charlotte Corday, quiest arretee et condamnee a la mort, (ju’elle subil avec un eourage be-roi'que. — Le 16 oclobre, Marie-Antoinette, epouse de Louis XVI, estcondamnee ä mort el execulee. — Le 1 er novembre, viugt et un depu-tes, dits girondins , montent a Teelial'aud eil ebantant la Marseillaise.Le duc d’Orleaus y fut conduit le 6 novembre. Baillv , President de lamemorable assemblee du jeu de paume et ex-inaire de la ville deParis, subil le meme sort le 19 du meine mois, avec un ralTinenient deliarbarie que nous n’avons pas le eourage de decrire. Le tribunal revo-lutionnaire ponrsuit le cours de ses sanglanls et eadavereux exploils ,frappe indisliiictemeut dans tous les rangs et remplit les fosses mor-tuaires.
Cependant la domination du terrorismc touebe a son terme. Le 6Yenlose an n, la commune de Paris se trouve attaquee par Kobespierreet Danton; mais bientot ce dernier et son parti sont livres aux bour-reaux. Le parti trinmphanl dressc firremeut la lete au sonimet de lamontague : Robespierre , St-Jusl et Coulhon , triumvirat dirigeant dufameux pomite du salut public, absorlient au mois de lloreal le pouvoiriegislatif et exccutif; mais sur la lin du mois de messidor cti comit6 sedivise; desuni , ses membres donnent prise ä leurs ennemis : Robes-pierre, atlaque avec violence dans le sein de la convention par Tallien,Freron, Legeudre, Barras, Fcraud, Rovere, Lecointre, dont il demandeles letes, essaye dese justifier dans un discours ecrit qn’on ne lui pennetpas d’aebever. Le lendemain, Billaud-Varennes renouvelle les atlaquescontre Robespierre. Le depute Lozeau demande. contre lui le decretd’accusation ; son arrestation est niise aux voix et uuauimement decre-tee, et le 9 therniidor il porte sa tete sur l’echafaud.
Le I er prairial an m des rassemblements se forment dans tous lesquartiers de Paris; les tribunes de la convention sont envnhies par unefoule d’hommes, de femrnes en fnrie qui ropoussent les representantssur les gradins superieurs. Le depute Feraud essaye de faire retrograderces furieux , de les raniener a la raison. Le president Boissy-d’Anglasest mis en joue : Tiulrepide feraud, voyant le danger qui le meuace, lecouvre de son corps et est alleint d’un coup mortel. On t’accable d’in-sultes, de coups de sabre; on le traine dans im eouloir hors de la salle;sa tete est separee de son corps, placke au hont d’ime piqne et pre-sentee au president Boissy-d’Anglas qui, a cette horrible wie, fiemitetfait une inclination prolonde pour honorcr la memoire de son bi*avecollegue tue en le defendant.
La constitution Tan in fut adoptee le 5 fruclidor. Sous dilferentsprelextes les seetions de Paris prennent les armes; mais Tassemhlee ,pour maintenir la lihei'te de ses deliberations , se fait garder militaire-meut. Barras, nomine general de l’armee de Tinterieur, ehoisit. pourcommandant en seeond le general de Brigade Bonapnrte, qui, en peud’heuresde nuit qui lui restent, fait avec rapidite des dispositions, soitd’allaque, soit de defense. Avant Taurore, quaranle pieces de canonsont en batlerie au Pont-'Tournant, a la tele du pont Louis XVI, äcelle du Poul-Royal, au Cammsel, au debouebe des rues qui abou-tisscnl aux Tuileries. Le general Danican, coinmandanl des seetions,avait reuni plus de trentc-six mille bommes. Li's forces du generalBonapnrte n’excedaient pas buit mille eombnünnts. Il monle ä clieval,fait avancer ses jiieees en face de l’eglise Sl-Roch el ordonne une pre-miere dccharge : les insurges re|)ondent par uu feil de mousqueterie.En moins de deux lieures toutes les avemies du chatcau sont libres. Lelendemain le ealme etait complelement retabli.
Le direcloirc fut iustalic le 10 Imnnairc. Sous ce gouvernement,Paris jouit d’une Iranquiilile dont il etait prive depuis longtemps. Apresetre parveuu ä delivrer legouvernemeut de toule Opposition interieure.