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VIELE DE PARIS. — PREMIER ARRONDISSEMENT. — N° 2. QUARTIER DES CHAMPS-ELYSEES.

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Le 29 pcril Barnave, ex-membre de Fassemblee nationale. Arm esur l’echafaud , le calnie et Fimpassibiiite dont il avait fait preuve autribunal revolutionnaire ne Fabandonnerent pas. Il mourut avec fer-mete, et s’ecria en tournant les yeux vers le ciel : « Yoilä donc leprix de toul ce que j’ai fait pour la liberte. » — Avec lui tut immole(’ex-minislre de la juslice Duport du Tertre.

Le 6 decembre raonta sur Fechafaud la comtesse du Barry. Cettecourtisane, que Ton avait vue sortant du lit de Louis XV, se faisantdonner une de ses pantoulles par le nonce du pape et l’aulre par legrand aumönier de France, jetaitdes cris douloureux pendant le trajetde la Gonciergerie ä la place de la Revolution. De toutes les viclimes deson sexe frappces par la baclie revolutionnaire, ce fut celle qui monlrale plus de faiblesse : « M. lebourreau, s’ecriait-elle avec l’accent duplus violent desespoir, encore un moment! encore uu moment! » Ellese debattait avec taut de force que les valets de 1 executeur furentobliges d’employer tous leurs ellorts pour la fixer a la latale planclie.

Le 21 janvier 179-4, anniversaire de la mort de Louis XTI, la sociefedes jacobins et la garde nationale de Paris s etant rendus en masse a laConvention nationale pour demander que la mort de Louis XYI fut con-sacree par une lete , Coulbon proposa d allei au pied de 1 arbic de laliberte feler cette grande journee. Un decret d’enthousiasme fut rendu ace sujet; la convention tout enticre se joignit aux jacobins et aux ser-fions , et se porta sur la place de la Revolution pour y jurer niort auxtvrans. Cette fete , quoique improvisee , dit un auteur contemporain,n’en fut pas moins une des plus extraordinaires de Fepoque.

Le 16 germinal an n (5 avril 179-1) fut un jour des plus nefastes parle grand nombre d’illuslres victimes qui iurent sacrifiees. En ce jourperirent Danton et Heraull de Scchelles, Camille Desmoulins et Lacroix,Pbilipeaux et le general Westermann; avec eux furent executes Cha-liot, Fahre d’Eglanline , les fournisseurs d’Espagnac , Jnnius et Emma-nuel Frey, l’Espagnol Gusman et le Danois Diederichs. Tons mouru-rent avec la plus grande fermetc ; la troupe infame payee pour outragerics victimes suivait les charrettes ; ä sa vue Camille, indigne , se livraaux plus violentes imprecations. Danton , promenant sur cette nuilli-tude un regard calme et plein de niepris, dit a Camille : « Reste donctranquille, et laisse la cette vile Canaille. » Arme au pied de Fechafaud,Danton allait embrasser llerault de Scchelles, qui lui tendait les bras;Fexecuteur s’y opposant, il lui adressa avec un sourire ces expressionsterribles; « Tu veux donc etre plus cruel que la mort! Via, tu n’empeche-ras pas que dans un momeitt nos totes ne s’embrassent dans le panier! »

Le 21 lloreal ( 10 mai 1794) fut oflert en bolocauste a la revolutionMadame Elisabeth , s«:ur de Louis XVI, ä laquelle on donna pour cor-tege dans celle hecatombe liumaine vingt-quatre autres viclimes desdeuxsexes, oii se Irouvnient l’ex-ministre de la gnerrc Lomeme deBrienne , le coadjuleur Marlin de Lomenie , le clianoiue Charles de Lo-menie et le cornte Alexandre, de Lomenie, la veuve de i’ex-minislre desaffaires ctrungeres Muntmorin , Megrel de Sorilly, ex-trusorier de laguerre, et son epouse. Lorsque Madame Elisabeth ful conduite an sup-plice, les plus abjectes et les plus infames crealures se pressaienl autourde la chamTle en vociferant les plus atroces injures; mais ces clameursinsultantes ne purent ternir un seul instant la noble serenite du visagede Fillustre victime. Armee au pied de Fechafaud, les amis de sa causequi allaient mourir avec eile Fenvironnerent de leur respect; en passantdevant eile , car on l’avait reservee pour la ün de l’execution, ils s’in-dinerenl en la regardaut avec atlendrissement. Lorsque son tour futarrive, l’exeeuteur s’empara i)rus(piement de sa personne, et le fichuqui couvrait son sein tomba. « Au noin de votre niere, monsieur, eou-vrez-moi! » dit-elle avec une expressive peine; le bourreau oheit acette voix ; eile somit et mourut. — Madame Elisabeth etait ägee seu-lemenL de treute ans et huiL jours (eile etait. nee le 3 mai 1764); c’etnitune superbe lenmie, d’une taille noble et gracieuse , d’une figure char-mante quV.noadraient les plus heaux cheveux uoirs. — Le sacrifice futeonsonune ä deux heures apres midi, par une inagniüque journee deprinlemps; la plupart des fenunes, confondues dans la foule qui se pres-sait sur la place de la Revolution, avaient a la muiu un bouquet de roses,au poiut que Fair etait impregne de leur parfum ! Le soir il y avait foulea tous les theatres. — Une des dernieres victimes du tribunal revolu-

tionnaire, fut le comte de Tbiard, le dernier des cordons-bleus nommespar Louis XVI. Il avait eie blesse assez grievement le 10 aout en de-fendant ce monarque des outrages du peuple.

Le 10 thermidor an n ( 28 juillet 1794) , dans Fapres-midi, furentexecutes Maximilien Robespierre, Robespierre jeune, Coutlion, St-Just, deputes ä la comention nationale; Dumas, President, du tribunalrevolulionnaire ; Gombeau , Substitut de Faccusateur public ; Payan ,agent national de la commune de Paris; Yivier, prcsidenl de la societedes jacobins; I-Ienriot, general en chef de la force armee de Paris; La-valette, ex-general de l’armee du Nord; Lescot Pleuriot, mairede Paris;Simon, cordonnier, ex-geolier de Louis XVII, membre du conseil "ene^ral de la commune de Paris , et dix autres membres de la commune deParis, mis hors la loi par la convention dans la seance du 9 thermidor.Dans ce jour, la place de la Revolution, les quais , les ponts, toutes lesrues adjacentes ctaient couverls d’liommes et de fenimes qui faisaienleclater une joie qui avait quelque chose de sinistre; jamais executioncriminelle li’avait atlire une foule anssi consideralde. Couthon et Ilen-riot furent povles a moitie morts sur Fechalaud; Robespierre jeune,grievement blesse, mourut avec un sang-J’roid stoique; MaximilienRobespierre brava avec une inipassibilite rare les insultes de la popu-lace, et supporta avec courage les douleurs atroces que lui causail sablessure : une derniere et borrihle souil’rance Fattendait a ses derniersmoments; apres avoir ete boucle sur la planclie , Fexecuteur arrachabvusquemeut Fappare.il mis sur sa blessure, les deux machoires se de-tachant tout a coup lui arraclierent un cri affreux, qui fut le seul et ledernier qu’on lui entendit proferer ; deux secoudes apres il avait cessed’elre. Il prouva en mourant la justesse du mot de Cromwell; onvitplus de monde entourer son ecliataud que Fon n’en avait vu ä Fautelou il s’crigea en pontife de FElre supreme.

Le 11 thermidor, soixante-dix individus, tous membres de la com-mune de Paris, mis hors la loi par la convention, furent executes. L’ons’etait borne ä conslater par temoins Fidentite de leur personne, seuleformalite qui pieceda leur supplice.

Le 18 eut lieu Fexecution de Coflinal, vice-president du tribunal re-volulionnaire.

Le 22 thermidor on exwuta onze individus mis hors h loi, pour laplupart membres de la commune de Paris, dont on se borna a coustaterFidentite.

Le 1 7 lloreal, Fouquier-Tinville et quinze de ses complices sont exe-cutes.

Il est temps de detourner les yeux de ces meurlres froidement ordon-nes avec l’apparence de la juslice, de ces scenes sanglantes qui ne iais-seut pas que d’etre un grand enseignement pour Fhistoire, mais dontprofileraient peu ceux appeles a gouverner dans des moments difliciles.

En 1814, la place de la Concorde recut de nouveau le nom de placeLouis XV. Le 10 avril de la meine annee , un Te De tim y fut chante,suivant le rit grec, sur un autel dresse au milieu de la place, et les sou-verains etrangers y passerent la revue des armees russe.s , prussienneset autrichieimcs. Le 19 janvier 1815, les ehambres votcrent une loi quiprescrivait un deuil general dans toute la France, en expiation de Fexe-cution de Louis XVI. La ccrcmonie funchrc qui eut iieu le surlende-main du jour oii celle douleur publique avait etc. imposee ne produisitqu’ime impression de simple curiosile sur le peuple. Malgi’e la pompeet Feclat dont la cour s’etait etudiee ä la rehausser, eile ne parvint pasä tirer des yeux de ce peuple une lärme de repentir. Son indifl'erence äcette occasion sembla meme prouver qu il avait devine que le but secretde cette solennite religieuse etait de lui faire renier le grand principe dela revolution qui avait brise ses fers.

L’arc de triomphe de VEtoile. Apres la Campagne d’Austerlitz,Napoleon eul Fidee d’eriger au milieu du vaste rond-point de la barrierede FEtoile une colonne triomphale ä la gloire de la grande armee. Ungrand arc de triomphe ayant paru preferable a celui d’une colonne,parce que dans une position aussi elevee il etait de toute necessitequele momiment fut d’une graudeur colossale, l’erection en fut decretee le18 fevrier 1806, et Fon n’apprendra pas sans etonuement qu’un monu-ment de cette importance fut commence saus qu’aucune ceremonie de