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VIIXE DE PARIS. — PREMIER ARRONDISSEMENT. - X° 3. QUARTIER DE LA PEACE VEXDOME.

tievs. Longtemps avant cette demolition, ld eure de la Madeleiue ayantfail observer que sou eglisc ctait trop petite pour conteoir le nonibretoujours Croissant de ses paroissiens, le gduvernement cliargea M. Contantd’Ivry, architectc du roi, de faire des projets. II eil presenta plusieurs,et il se plaignit lui-meme de ce qu’on avait choisi le plus mauvais.Neanmoins, la premierc pierre en fut posee et benite 1g 3 avril 1764.C’est donc de cette epoque que commenccrent les travaux sous les ordresde Coutant d’Ivry ; Tarchitecte Couture lui fut adjoint, et, par des dis-positions tout ä fait capricieuses, dont on n’a jamais compris les motifs,cet artiste, ä son retour de Rome, changea la forme d’abord adoptee, etajouta au monument un povehe de buit colonnes avec sept colonnes enretour; les constructions continuerent avec activite jusqu’en 1789 ; ollesavaient deja coüte deux millions lorsque la revolution les fit suspeiidi e.

La belle positiou de ces constructions et surtout le grandiose du pe-ristyle dont les colonnes etaient elevees ä la hauteur de leurs astragales,determinerent plusieurs arcbitectes ä presenter des projets pour les uti-liser. Eil 1806, ces projets ayant fixe l’atlention de Napoleon, il concutl’idee de convertir ces constructions en un temple dedie ä la gloire desarmees francaises; ä cet effet il fit publier un programme et ouvrir unconcours. Les dispositions de cet edifice, d’un genre tout nouveau, etaientdetaillees dans ce programme : interieurement il devailetre decore desstatues des mareehaux et geueraux qui s’etaient plus particulieremeiil dis-tingues, et les murs devaienl etre revetus de tables d’or, d’argent, debronzcet de marbre, pour y inscrire les noms des braves des armees francai-ses, suivant le merite de leurs actions. Plus de cent vingt projets furentproduits dans ce concours et exposes dans la grande galeric du Louvre.Une commision de l’Institut fut chargee d’en faire le rapport : quatre deces projets y furent designes comme ayant approche le plus pres du butqui avait ete proposc. Le rapport fut adresse a Napoleon, qui ctait alorsen Prusse; en nicme temps il reout particulierement la reclamation dei’auteur d’un des quatre projets designes, qui se plaignait d’avoir etcmal juge. Cette circonstancc le delermina ä ordonner au ministre de l’in-terieur, alors M. de Champagny, de faire appclcr en sa prescnce lesquatre arcbitectes dont les plans avaient ete le plus avantageusementmentioimes, et d’elablir entre eux une discussion contradictoire surebaeun de leurs projets, d’en dresser un proces-verbal et de le lui faireparvenir de suite avec les plans et memoires a l’appui. On nc peut sedissimilier que rinlroduction d’un pareii mode de jugement, en paralvsanttous les movens d’inlrigues, laissa aux concurrents qui avaient Inen faitles moyens de defendre leurs ouvrages, car qui, mieux que ceux quiout etudic et approl'ondi un probleme , peuvent sinon juger, du moinsrelever les erreurs qui out pu etre commises pour parvenir a sa soUitiou.Le resultat de cette reunion fut de faire obtenir le prix d’execulion aM. P. Vignon, anteur du deuxieme projet designe dans lcrapport. Il futcbavge de suite de faire les dispositions necessaires pour en commencerles travaux.

Le plan de cet architectc n’avait d’autre ressemhlance avec celui deM. Couture, que par les luiit colonnes du peristyle ; encore ces colonnesn’etant ui espacees egalement, ni assez elevees du sol de la placc a , fu-rent demontees, et toutes les autres constructions demolies, « rexccptiondes fondations au-dessous de ces colonnes. Une fois In demolition efiec-tuee, les recoustructions en ont ete suivies avec plus ou moins d’aclivitejusqu’au moment des grands evenements politiques de 1814 et 1815,epoque ou les travaux furent suspondus. Le momimcnt ctait. alors lota-lement fonde et eleve jusqu’a la hauteur du stylohate exlerieur ; de plusles grandes colonnes etaient erigees jusqu’ä leurs astragales. La chute deTempire appörta aux travaux du Temple de la Gloire la meine interrup-tion que la revolution de 1789 avait fait subir ä Teglise ä croix latine.Pierre "V ignon reout en 1816 la mission dülicile de remanier, au moinsquant aux dctails, sou plan originaire et d’adapter aux besoins compli-ques du Service religieux un inomunent qui n’avait pas etc entrepris danscette vue. La construction, rcligieuse par sa base, nationale dans la Pe-riode qui avait vu clever ses murs, redevint religicuse quand eile ntlei-gnit presque son couronnement. — L’eglise dont Marie Madeleine avaitde nouveau pris possession ctait fort avanoee qnaml Vignon mourut, en1838. Le monument ctait alors ä la fin de ses vicissitudes; d’abord cgliseen forme de croix, puis temple grec, c’ctait definitivement une basilique

chrctiennc; cette derniere trausformation de 1’am vre de Vignon profilaen quclque chose ä l’artiste, car ses resles morteis obtinrent Thonneurd’etre ensevelis sous le peristyle, devenu portail, qu’il avait construit.Aprcs la morl de Vignon, M. lluve fut cliarge de Tachevement des Ira-vaux ; uu seid changement ful apporte par lui au plan de son devaneier ;les fenetres cintrees des murs lateraux furent murees ct remplacees pardes jours perces dans la voule. C’est dans cet «tat que l’eglisede la Made-leine, mainlenanl terminee, et oü il ne resle plus que quelques amvresd’art a placer, se presente ä la curiosile publique coinme une imitalioncorrccte et savanle de l’avchitec.ture antique.

Ce vaste monument forme un parallclogrammc de 100 m. de long sur42 de large liors d’oouvre. Il s’eleve sur un soubassenicnt de 4 in. dehauteur. Il est enlourede cinquante-deux colonnes canndees, d’ordre co-rinthien, de 15 m. de hauteur, de 5 m. de circonfcrence el 2 m. etdemi dediametre. Ces colonnes sollt isolees et onl heaucoup d’eleganee. Le peristyleest forme par un double rang de colonnes. Cliaque extremite de i’cdificepresente buit colonnes de front, clehaque edle dix-huit colonnes. Lc dc-vant de l’cdilice obre un perron de trentemarches, divisc en deux partiespar un palier. Kien de plus magnificjue que le eoup d’a*il que presentecette faeade. L’interieiii' elant eclaire par en haut, aueun jonrii’cst pra-tique dans les nuirs; mnis des niehes placees dans l’axe de cliaque entre-colonnement sont destinees ä recevoir des statues. La frise, qui regnetout au tour de l’edifice, olVre sur toul soll developpemeul des anges quitiennentdes guirlandesentremelees d’attrihuts religieux. Lacymaise su-perieure ou la partie qui est ä l’extremile de la corniche est ornee detetes de lions et de palinettes ; uu bas-rolief de dix-mmf ligures decorele frunlon. Ce bas-relief a 40 ni. de lougucur sur 7 m. 33 e. de hauteura 1’angle ; il represente le Christ accordant le pardon a sainte Madeleine;cette pecheresse, ä genoux aux piods du Sauveur, est plongee dans la dou-leur de la penitence, el recoil de la clemence divine la inisericoi de de sesfautes. A la droilc du Christ, Tange des miserieordes, appuve sur letronc de Dien, contemple avec satislaction la pecheresse convertie. Char-ge d’appeler les justes, il iaisse approchcr rinnocence, que. la Foi (it l’Es-perance souliennent. La Charite, assise et groupee avec deux enfantsdont eile pmid soin, ne peut suivre ses samrs; mais eile indique d’unregardla place reserveedans les demeures celestesala vertu triomphante.Dans l’angle, un ange accueille une ame picuse surlant du tombenu ;il lui leve son voile et lui monlre le sejour qui 1’aUend, la vie. eteiuelle.Celle partie du bas-relief, remarquabto par la douce senerite de tonlosles figures, se terminepar cette inscription : Ecce dies salutis. A gaueliedu Christ, Tange des vengeanccs re[)ousse les vices ; TEnvie au n'gardsomhre; Tlmpudicite, representee par un groupe qiTon reconnail audesordre de ses vetenients, et qui entrame Tohjel de. sa passion impure ;THypocrisie, au mainlieu equivoque, el dont la lete est surmontee d’unmasque qui esl leve; TAvarice, pressant contre elle-meme ses iuulilestresors ; tout ce cortege s’enfuil devant la flamboyante epee. Un demon,qui precipile dans les Hammes elernelles une ame impie, termine avecvigueur cette partie du Ironton, au hont, de Inquolle on litsur un soele :Vcc impio. Au bas du Ironton est plaeee Tinscriplion suivante :

I>. 0. M. SUB invocxtione sancta: maodalknä.

L’aulre fronton est rcste lisse.; un espace, menagc interieurement danscette partie de Tedifice, est dcsline ä recevoir la somioric; nouveaumoyen reeonmi tres-iiigenieux pour remplaeer le cloeher.

L’interieur de l’eglise est une nef simple, eclairee par trois cou-poles ; on y arrive par un porche interieur dont les exlre.mites scrontoccupees par deux chapelles : oelle des lonls haptismaux et celle desmariages. Un petit ordre ionique orne les divisions de la nef, quipresente six ehapelles laterales, trois de cliaque edle : ce petit ordregarnit egalement le roiul-point par lequel la nef se termine el dontle eentre est occupe par le maitre-autel. — Le parti pris de troisgrands arcs rappelant par leurs dimensions ceux du temple de la Paix aRome, est d’un effet puissant. Les dorures multipliees avec prodigalitesur la voute, sur la frise du gram! entahlement et sur les colonnes, don-nent a ce vaste vaisseau non pas assurement le carnetcre austere des edi-fices gothiques, mais du moins une physionomie splendide qui s’alliebien avec les pompes du catholicisme. Des plaques de marbre de diver-