VILLE DE PARIS. — PREMIER ARRONDISSEMENT. — N“ 3. QUARTIER DE J A PEACE VENDOME.
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ses Couleurs qui recouvrent de leurs conipartiments les murs latorauxet l’bemicvcle du clioeur out eie imaginces comme un mode d’ornemeu-tation propre ä caclier l’aridite de la pierre; mais l’effet obleim n’est passatislaisant. C’est la parlie la plus defectucu.se de ce monument. — Quoiqu’il en soit, comme Oeuvre d’arcliiteeliire, decoree ä l’euvi par les sculp-teurs et les peintres, la Madeleine est un lemoignagede l’activite de nosarts el de la fecondite du nolre ecole. Pour donner un aperen de laprofusion de ses riehesses , nous troeons ici le resume des travaux desculplure et de peinture qui s’y trouvent reunis : au sonunet de la facadeprincipale, le fronten sculpte par M. Lemaire; sous la colonnade quifait le tour du monmnent, trente-quatre slatues en pierre. Pour orne-ment de la porte d’entree principale , dix l>as-reliels en bronze par M.Triquetti; ä l’interieur, presde l’emplacement de l’orgue, trois mcdail-lons, par MM. Guersant, Lequin, Briou ; dans la premiere chapolle dedroite, un gi'oupe de trois figures, par M. Pradier (le mariage de laVierge); dans la premiere chnpclle de gauclie, un groupe de M. Rüde(le bapteme du Christ); daus les chapelles suivaules, ä droite et a gau-clie , six stalues de MM. Rnggi, Seurre, Etex, Bra, Duret, Barye; dansle chceur, un groupe de deux figures d’anges , par Maroclietti; sur lespendenlifs des trois coupoles de la nef, les douze apdtres, bas-reliefdeMM. Pradier, Foyalier et Roman ; ä l’entree de l’eglise, deux beniliersen marbve blaue , par M. Moine. — Dans tonte la longueur de la nefon a pratique de petites mais elegantes chapelles qui sollt entourees debalustrades, et au-dessus desquelles, dans des espaces demi-circulaires,des peintres habiles (MM. Schnelz, Abel de Pujol, Coiguet, Signol etBoucliot) ont represcnle par episodes la \ie de sainte Madeleine. Unepeinture plus remarquahle eneore, du moins par la place qu’elle occupe etpar la richesse dt; soll sujet, est cellequi decore la vonte en rond-point,autrement dit le clievet de l’eglise. C’est le resume historique des evene-ments qui ont le plus contribue a etablir et ä maiiitenir la religion ehre-lienne. L’ordonuance de ce tableau, qu’il etait si diilicile d’executer,suivanl toules les lois de la perspective, sur une surl'acc coucave enforme d’abside, est en quelque Sorte echelonnee et pyramidale. Sur lepoinl le plus eleve et le plus fuyant, on distingue le Christ assis sur unnuage; il est enlourc des apotres, et la Madeleine, ä ses pieds, parait luiadresser de ferventes prieres ; au-dessous, et sur les degres de l’eehellecyclique, 1’artisle a diversement groupe les grauds personnages qui onteu le plus d’influence sur le sort de la religion chretienue depuis lesPremiers temps de l’Eglisc jusqu’au regne de Napoleon, qui recoit saeouronne imperiale des mains du veuerable Pie VII.
L’üglise St-Louis-d’Antin , situce nie Ste-Croix-d’Antin, II" 5.Cette eglise tient au College Boui'bon, qui occupe les batiments d’uncouvcnt de capucins ctablis originairement en 1613 au faubourg St-Jac-ques, et qui furent transfercs rue Sle-Croix en 1782. L’arcbitecteBronguiard Cut Charge de fournir les dessius et de diriger la construc-tion de celte capuciniere, oii l’on remaripie les progres de l’architectnreet sou affranchissement des rcgles routinicres du passe. Ln facade,simple , convenable ä l’humilite seraphique, tire tonte sa beaute del’barmouie des proportions; ä ses exlremites iigurenl deux pavilllonscouronnes cliac.un d’un irontou surmonte d’un attique et perce par uneporte ornce de deux colonues sans bases ; l’uue de ces portes sert d’en-tree ä l’eglise St-Louis-d’Anlin. Au centre de cette facade est une troi-sieme porte, autrefois surmonlee de bas-rcliefs qui ont ete detruits lorsdu changement de dcslinalion de cet cdifice. Le cloitre est decore d’uneordonnance de colonues sans bases, a l’exemple de quelques monumentsantiques. — Ce couvent fut supprime en 1790 , et ses batiments furentoccupes par un hospice destine aux personnes afl’ectces de mal veue-rieu. En 1800, le gouvemement y fit executer de grandes reparationsct y etaldit un des quatre grauds lycces de Paris , nomme lycee Bona-parte, qui a eie remplace en 1814 par le College royal de Bourbon.
L’eglise St-Lonis est lort simple ; au fond du cbccur est une grandepeinture ii fresque de Gibeliu, reprcsenlant saint Francois prcchant unegrande mullitude. Ony remarque aussi un tableau de Gassier, represen-tant saint Louis visitant les soldats malades de la peste ; et daus l’anglede la premiere chapelle, ä gauche , un cippe de marbre noir surmonted’une urue cineraire renfermant le cocur du comte Chuiseul-Goullier.
La Place Vendome. Cetle place forme un oetogone regulier, qui aquatre grandes faces et quatre petites. Sur soll einplacemenl, les ducs deRetz avaient lait construire vers 1562 un vaste hölel accompague dejardins, oü Charles IX logea eu 1566 et 1374. Cet hdtel passa eu 1603a la ducliesse de Mercaiur, qui le fit abaltre pour en construire un plusvaste, ainsi qu une eglise et un couvent destine au logemeut des capu-cines nouvellement instituees. Elle en posa la premiere pierre le 29 juin1604; les hätimenls furent construits avec taut de promptitude que le18 juin 1606 l’eglise fut dediee, et que les religieuses y furent iustalleesvei’s la fiu du mois de juillet suivant. L liotel de Merccjeur passa ensuitedans la maison de Vendome, donl il prit le noin, par le mariage deFrancoise , fille tinique du duc de Mercocur , avec Ccsar, duc de Ven-
ddme, fils legitime de Henri IV et deGabrielle d’Estrces._Vers 1684
Louvois ayant inspire ä Louis XIV le dessein de faire construire dausle quartier St-Honore une place qui ouvrirait une communicatiou avecla rue Neuve-St-Honore et la rue Neuve-des-Petits-Champs, proposapour l’execution de ce projet le vaste emplacement de l’hdtel Vendome,qui occupait daus ce quartier un espace de dix-liuit arpents. L’acquisi-tion en lut faite le 22 aoüt 1687 moyennaul 660,000 livres. Le plande cette nouvelle place devait former un carre de 78 toises (148 m. 24 c.)de large sur 86 toises (48 m. 07 c.) de long; eile ne devait avoir quetrois edles , l’entrce du edle de la rue St-Honore restant ouverte danstoute sa largeur. Le couvent des Capucines nuisant ä l’execution de ceprojet, on en fit bälir un aulre dans la rue Neuve-des-Capucines, oüles religieuses furent trausferees en 1689, etd’oü elles ont ete expulseescent ans plus tard. On eleva simultanemeut sur les trois faqades deshätimenls d’une apparence magnifique, forniantune longue ordonnanced’arcades, ornees de pilaslres qui porlaient un grauil eutablemeut d’unaspect majesluenx; ces batiments etaienl destines ä la Bihliotheque duroi, aux dillerentes academies , ä l'hotel des monnaies et ä l’hdtel desambassadeurs extraordinaires. — La niort de Louvois fit suspendre, eu1691, rexecutiou de ce graud projet, et huit ans apres, par une deela-ration royale, le terrain et les maleriaux lürent coneedes ä la villedoParis, ä la cliarge de faire construire au meine endroit une place con-l’orine au nouveau plan arrete, et de faire bälir ä ses frais, au faubour»Sl-Antoine, uu hdtel pour la compaguie des mousquetaires. Pour s’iu-denniiser des frais de cette construction , la ville vendit l’emplacemeutet les batiments ä plusieurs riehes particuliers. Les constructions com-meucees furent demolies, et la place relrccie de 10 toises (!) in. 70 c.)en lous sens vers le centre; les augles du carre furent fermes en pauscoupes et formerent un oetogone irregulier. Cetle place a 37 m. 50 c.de long sur 35 m. de large; les läcades uuifornifis des bätiments quil’euviroiment sollt decorees d’uu graud ordre coriuthicn eu pilaslres ,qui comprend deux etages; elles ont ete elevces sur les dessius de JulesHardouin Mansard. Plusieurs anaees s’ecoulerent toutefois avant l’en-liere construction de ces edilices. Eu 1719, Law, conlröleur general desfmances, aclieta tont ce qui restait d’emplacement disponible, sur le-quel ii fit construire plusieurs helles maisons.
Le centre de la place etait decore par une stalue üquestre en bronzede Louis XIV, fondne d’un seid jet par Keller , d’apres le modele deGirardon , et iiiauguree le 13 aoüt 1699. Ce monarque etait representeen heros de l’anliqiiite, ä cheval sans seile et sans elriers ; le piedestaletait en marbre blanc, orne de tropliees et de cartels.
Daus l’origine cette place porla le nom de place des Conquetes,auquel on substilua celui de Louis-le-Grand. Eu 1793 on Ja nonimailplace des Piques, nom que l’ou chaugea sous le consulat en celui deVendome, que portait le vaste butel sur remplacenieut duquel on laconslruisit.
Des Souvenirs liistoriques de plus d’un genre se ratlachent ä la placeVendome. C’est lä que demeurait en 1720 l’Irlaudais Law, genie mal-heurcux, qui, apres avoir un moment rempii i’üürope de .sou nom,mourut ä Venise pauvre et oulilie; il avait acliete ie comte d’Kvreuxpour 800,000 livres, le comte (le Tancarville en Normandie; il avaitoirert au prince de Cariguan 1,400,000 liv. de l’iidtel de Soissons, ä laniarquise de Beuvron 500,000 Uv. de sa terre de Lilleboime , au ducde Sully 4,”00,000 liv. de sou marqui.sat de llosnv. Lorsque la rueQuincampoix fut devenue trop elroite pour contenir raliluence de ceux