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VILLE DE PARIS. — PREMIER ARRONDISSEMENT. — X“ 4. QUARTIER DES TUILERIES.
gueville, qui donncrent pour cette fondalion deux mnisons et un enrlosde treize arpents qu’elles avaieut acquis a kc ville FEveque, et de-xnandercut a Fahbesse de Montmartre dix religieuses pour former ienoyau de celte communaute. En 1615 c«s religieuses adopterent laregle de St-Benoit, et en 1647 leur monastere fut erige en prieure in-dependant de l’abbaye de Montmartre. Ce monastere fut supprime etveudu corame bien national en 1790 les jardins s’etendaient jusqu’ä larue de FArcade, et communiquaient, au-dessus de cette rue, par l’areadequi lui a donne son nom, avec un nutre grand jardin que les benedictincspossedaient derriere l’eglise de la Madeleine de la ville FEveque.
Le boulevard de la Madeleine doit son nom ä la nouvdleeglise de la Madeleine qui en est le plus bei omement. A ce boule-vard commence la longue ligne des boulcvards du nord, qui decriventune circonference de 5,500 m. a droite de la Seine, et forment une ruelarge et maguifique, bordee de jardins, d’hötels somptueux, de richesmagasins, de brillants cafes, de restaurants, de theatres et autres Iieuxpublics : au niilieu est une Chaussee pavee destinee aux voiturcs, plantoed’arbres dechaque cote, qui ombragent de larges trottoirs dalles en lavesou recouverts en bilume. Cette chaussee, ou se croisent en tous sens unnombre iiifmi de voitures publiques et de brillants equipages ; ces allees,ou se presse depuis les premiers rayons du jour jusqu'a mimiit unefoule saus cesse renaissante, sollt regardees ä juste litre comme les plusbelles promenades du monde entier. C’est principalement sur cetteparLie des boulevards que se dirigent tous les corteges dans les ceremo-nies ci\Ües, militaires et religieuses; la se reunirent les vainqueurs dela Bastille; ce fut par ce chemin que Louis XVI fut conduit a Fecha-faud; ce fut sur ce boulevard qu’on celcbra, peu de jours apres, la ponipefunebre de Michel Lepelletier uu de ses juges; la pnsscrcnl lesconvois funebres de Dulong, du general Lafayelle, du general Lamar-que, etc., etc., etc. C’est sur le boulevard de la Madeleine, du cote dela rue des Cnpucines, que Picliegru et Moreau, reunis par Lajolais, serencontrerent le 30 pluviöse an xn, ä rieuf heures du soir, pour con-certer les moyens d’execution de la conspiralion ourdie par l*AngIeterrepour renverser le gouvernement consulaire.
RueDuphot, n°10, demeuraitet est morten 1832, le comte Louis-Philippe de Segur , ambassadeur pres de Fimperatriee Catherine, quiPemniena dans son celebre voyage en Crimec; grand maitre des ceremo-nies sous l’empire, auteur de YlUstoire universelle qui porle son nom.Peu d’hommes out eu antant d’alternatives de bonheur et de malheur,de credit et de disgräce, de jouissance et de proseription, d’opulence ctde pauvrete. « Le hasard, dit-il lui-meme, a voulu que je fusse. succes-sivement colonel, oflicier general, voyageur, navigateur, courtisnn, filsde ministre, ambassadeur, negociateur, prisonnier, cullivateur, soldat,electeur, pocle, auteur dramatique, collaboraleur de journnux, publi-eiste, historien, depule, conseiller d’Etat, scnatcur, acadcmicicn ctpair de France. »
4. QUARTIER DES TUILERIES.
Ci-deviuit scclion dt’S Tuileries.
Les limites de ce quartier sont : la pnrtie orientale de la place de laConcorde, la rue Royale, n 01 pairs, la place du Muse« jusqu’au guichetle plus voisin de cet etablissement, la rive droite de la Seine jusqu’aupont de la Concorde. — Supcrficie 666,800 m. carres , equivalant ä0,019 de la superficie totale de Paris.
Les monuments, emplacements et edifices les plus remarquables dece quartier sont :
Le palais des Tuileries. L'emplacement occupe ancicnnementparle ebateau et le jardin des l'uileries portait dans les anciens litres lenomde\aSa6lonniere.'\ e.rsle niilieu du xm" siede, on etablit sur cet emplace-ment des tuileries, dont le nombre se multiplia considerablement. En1343, Pierre des Essarls et sa femme occupaicntpres des Quinze-Vingtsune maison appelee le Logis des Tuileries , qu’ils donncrenl a cet hdpitalavec 42 arpents de teile laliourable, environnes de murs qui en de-peudaient. Au commencernent du xvi c siede, Nicolas de Neuville, se-
cretaire des finances et audiencier de France, avait en ce meme endroit,du cote de la Seine, imegrande maison, avec des cours ct jardins endosde niurs, qui portait aussi le nom des Tuileries. La dudiesse d’Angou-leme, merede Francois I tr , se trouvant incommodce au palais desTour-ndles, residence des rois de ce temps-lä, vint babiter la maison de M. deNeuville et v recouvra la Santo. Francois I er en üt des lors Facquisilion,et donna en echange au proprietaire de cette maison le ebateau et leparc de Chanteloup, pres Arpajon ; le contrat est du 12 levrier 1518.Six ans apres, ln dudiesse d’Angouleme, devenue regente du royaumependant la captivite de son lils, donna celle maison a .Tean Tiercelin,maitre d'hotel du daupliin, ct ä Julie du Trot, en consideration de leurmariage, pour en jouir Fun et Fautre leur vie durant. —(Catherine deMedicis, veuve de Henri II, nyant fait demolir en 1564 le palais desTournellcs, qui lui etait deveiiu odieux apres la mort mallieureusede son epoux, vint habiler le Louvre, ct diargea Philibert Delorme deronstruirc un ebateau de plaisance sur Femplaccment de la maison desTuileries ; eile acheta en meine temps, pour augmenter Fctendue decette habitation, differentes proprietes voisines, et environ 40 arpentsde terre qui appartenaient aux Quinze-Vingts. — La iorme exterieure dupalais ([ue Philibert Delorme eleva etait agreable, la decoration elegante,la Situation en belle vue. Tont Fedilice cousistait eil un seul corps debatiment, avec un pavilton au centre et deux autres ä ses extremiles ;il etait compose d’un rez-de-chaussee et d’un premier ctage. Le pavillondu niilieu, dans lequel se Irouvait le grand escalier, etait couvert d’undorne de forme circulaire; les apparlements de receplion et ceux d’ha-bitalion occupnicnt toute la partie ä gauche de l’enlrcc ; la chapelle ctnn logement de depeudnnce remplissaient Faulre partie opposee versle nord. Les logemenls de la suite, les ecuries, le inanege, oii Fässern-lilee Constituante et la convenlion tinrent leurs scances , claient planesisolement, ä une assez grandedistauce du ebateau, pres de la rue St-Honore. Ces baliments existaieut cncore en partie en 1803, cpoqueoüils ont etc detruits pour le percemenl de la rue de Rivoli. Il paraitqueCatherine de Medicis n’habita jamais le palais des Tuileries, qui n'e-tait pas cncore acbeve en 1577 ; eile vivail ordinairement au IiOiivre etä l’iiötel de Soissous. — Jeau Bullant, qui sueccda a LMiilibert Delormedans la direetiou des eonslruelions du ebateau des Tuileries, kt quel-ques changcnienls aux dispositions du plan de son predecesseur. —Henri IV, ayant trouve les appartements des Tuileries insuflisnnts,chargea Andre du Cerceau , et par suite Klimme Dupeyrac, d en aug-menter Fctendue. Il fit construire deux corps de batiment en Prolon-gation des pa\ illons d’angle, Fun au nord, Faulre au midi, afm de join-dre la grande galerie du bord de Feau et raltaclier ainsi le Louvre auxTuileries. Il ajouta lieaucouj) a Fhabilatioii des Tuileries; mais ce palais,a la cousti uction duquel on a travailie pemlanl plus de cenl ans, n’a eieentierement aclicve ct convenablcmenl habitable cpu; dans les pre-mieres annces du regne de Louis XIV. Anne d’Aulriehe, jicudaut laminorite de ce inonarque, avait fait continuer, sur les dessins deLevau,les augmentations entreprises sous Henri [V, et, par suite, eile avaitterminc les dislrihutions interieures des apparlements. Il laut placer aussia l’epoqne de la regence d’Aime d’Autriche la eonlimiation de la grandegalerie du bord de l’eau, eil Prolongation de celle de Henri II, cl par eon*sequeut l’entier achcvementdc la reunion,du edle du midi, du Louvre aux-Tuileries, qui fut executee d’apres les dessins de Clement Melezeau.
Louis XIV et Louis XV habiterent les Tuileries dans leur jeunesse.Avant la revolution, tons les apparlements de ce palais ctaieul. oceupespar les graiuls oiliciers de la maison du roi. Ces apparlements avaieutete remis en etat ie 5 oclobre 1789, pour y Joger Louis XVI,lorsque le parti revoliitionnaire Foldigea a venir habiter la eapitale;mais les travaux faits ä cette epoque avaieut ete exeeutes ä la bäte,et les mouvemenls populaires dont le ebateau des Tuileries a cle lethealre Favaient lellcmenl degrade, qu’il ne preseutait. de tous cdtesque ruine et devastation, justpFä Fepoque oü le general Bonaparte, pre-mier consul, vint, avec le troisieme consul Lehrnn, y lixer son sejour.C’est alors que tont a ete successivement retahli. Le ebateau, ddgago desbatisses et des constructions eirangeros que la laiblosse avait luisseclever jusque sur les lacades, est aujourtFhui preeede d une com 1 Jermeed’une grille, avec un arc de triomphe ä son entree priueipale; la place