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Vol. 3.
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VILLE DE PA1US.

PREMIER ARRONDISSEMENT. — 3V° 4. QUARTIER DES TUILERIES.

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clTrait un coup d’ucil vraiment i’antaslique un soir de grand concert,lorsquc les deux edles etaient garnis de trois rangccs de lummes presquetoulcs jeuues et jolies , couvcrles de ileurs , de diamants et de plumesflotlniiles, et derriere ulles eetle liaie formee par les ofUeiers de la mai-son de Fempereur , ceux des princesscs , puis les geucraux aux habitsctincelants d’or, les senateurs, les conseillers d’Etat, les ministres, Ions re-vclus de vieltes coslumes. Ajoulez les princes de la coniederation du Rhin,tout re que FAUemagne, la Russie, la Pologne, Fllalie, )e Danemarck,l’Espague, FEurope eniin, l’Angleterre exceplc, avait alors cnvoye ä Paris.

II est utile toulefois de faire remarquer cpie la toule-puissance deNapoleon ne s’exereait pas saus provoquer de lemps en tenips quelquesvellcites d’opposilion. Nous avons diL qu’apres le 10 aoiit 1792 on plaeaä Fentree de la com* des Tuileries une iuseription portanL que la l ovautene serait plus relablie un France. Celle inseriplion lutenleveea 1 epoqueoü le premier consul etablit sa demeure aux 'l’uileries. Lorsquc 1 empe-reur ent Fabsurde idee d’improviser des trdnes pour ses leeres , on lutun beau matin , a l’endroit meine oü avait subsislö si louglemps 1 ins-cription qui consacrait FaboJition de la ro)aute, ces mols traces en groscaraeteres Tubrit/ue de sires, qui proNOqueient des lelloxions moi-dantes sur la conduite ambitieuse de cc graiul fabricateur de rois.

Les feles du mariagede Napoleon et de Marie-Louise furent eelehreesau palais des Tuileries avec une grande magniücence; mais une tradi-lion qui demeurera eternellement vivante sera celle du 20 mars 1811,lorsqu’a six ou sept heures du malin le premier coup de canon annoncaque Fimperatricu etait mcre. Comme Fevenement etait prevu, les quais,les rues , les plaees publiques etaient couverls de monde comme dansun jour de grande fete. Au premier retentissement de Fairain , tont cequi inarchait s’arrcta.... tont.... Dans mie seconde la grande vilie futfrappee du silenee comme par enebantement. Le mot d’allaires le plus

important, la parole d’amour la plus delirante, tont fut suspendu.

et sans le retenlissement du canon , on aurait cm otrc dans cette viliedes Mille et une Nuits, qu’un coup de baguette pctriiia.... Puis unvingt-deuxiemo coup lonna dans le silenee!.... Alors un seul cri, unseid !... mais pousse par un million de voix , retenlit dans Paris et dttrembler les murs de ce meme palais ou venait de nähre le fils duheros.Et les chapcaux volaient en Fair, les mouchoirs ilottaient... on courait,on s’embrassait, on s’annoneait la grande nouvelle avec des larmes dejoie. A ouze heures, Bhmchard inonia en ballou et partit de PEcolemilitaire pour aller annoncer autour de Paris la naissance du 111s deFempereur. —■ Trois ans apres, le 29 mars 1814, a dix lieures du ma-lin, Marie-Louise et lo iils de Napoleon sortaienl du palais des luileriespour n’y jamais rentrer. — Le 23 avril 1814, le comte d’Artois, nommepar le gouvernemenL provisoire lieutenant general du royaunie, siguadans ce palais avec les souverains allids la convention par laquelle ilabandomia cinquante-lrois plaees fortes au delä des anciennes limiles dela France, avec un materiei de dou/e cenls bouclies afeu, trente et unvaisseaux de guerre et douze fregates; perle qui a etc evaluee ü plus de260 millions de Francs. — Le 3 mal, Louis XVIII iit Sun entree a Pariset vint habiter les Tuileries, entouve d’un cortege d’anciens emigres, etle 30 du meme mois il sigua dans ce palais Finfaino convention du23 avril, et consomma la honte de la France en lui enlevant ses limilesnaturelles. — Une comedie ridicule Tut jouee dans ce palais a Fepoqueoü Napoleon poursuivait sa marche tripmphale du gölte Juan ä Paris;le 10 mars 1815, au moment oü le jardin des Tuileries etait eucomhrcde promeneurs discourant sur les curieusesnouvelies qui arrivaient clia-que jour du midi de la France, parut au graiul baleon de la salle desMarechaux un ollieier des gardes du corps, qui annonca ;i haute voixa la foule asse.mblee que Jliuma/mrle. avait etc completcmunl del'ait,ui et sa bande , clans la plaine de Bourgoing, par monseigneur le due

Oi eans!... Le denouement de cette parade , a laquelle personne necrut, ne se fit j>a.s louglemps atlenclie.— Le 19 mars 1815, Louis XVIIIqfutta les Tuileries, apres avoir lait Jaus une prodamatiou ses adieuxa la Irauce. Accompague tl’un seul ollieier et de quelques gardes ducorps qui 1 escortaieut ä clieval, il nionla en voilure et partit au gnlop.Minuil venait de sonner ; dans le trouble inseparable d’une teile fülle,il oulilia sott porlelenille de iamille qui reul'emiait un graml nomlire deluües; mais il il oulilia pas d empörter les diamants de la couronue.

Une heure apres, le comte d’Arlois et le duc de Berry parlirent, suivisde la maison militaire et de quelques volonlaires de lout age et de toutesconclitious. — Le leudemain 20 mars, a neuf heures du soir, Napuleonentra aux luileries. Ses oiliciers accoururenl aussilot. E 11 un moment lepalais imperial lut rcmpli d’uniformes. Applaiuli par mille houches ,presse par mille mains , Fenqiereui- ne fit que passer des rangs de sesgrenadiers dans les bras de ses ancicns lieutenants; ce fut de Fenthou-siasme, de l’ivresse, comme au depart de File d’Elbe.—Le 12 juiu 1S15,l’empereur quitla, a trois heures du matin , pour n’y plus rentrer, lepalais des luileries poui allci se metlre a la töte de l’armee. Apres laperle de la bataille de Waterloo, il fut liabiter le palais de FElysce.

Apres I abdication de Napoleon, un gou\eriienient provisoire, com—posc de Fouche, Carnot, Cauliucourt, Grenier et Quinette, se reunit auxTuileries le 23 juiu 1S15 : il y siegea jusqu’au 7 juillet, jour oü il futdissous de fait par Foccupation du palais par les tronpes eti-angeres. L«leudemain Louis XVIII lit son entree a Paris, et revint habiler les Tui-leries, escorte d’un detachement de gardes du corps et de quelques autrespersonnes a clieval, au milieu d’une population altristee et muetle. —Quinze aimces apres, la resistance du peuple aux ordonnances liberti-cides du ministere Poliguac t'orca les ministres de Charles X, que lacrainte avait chasses de leurs liolels, a se reunir dans Faile des Tuile-ries, occupee aujourd’hui par Felat-majov de la garde nationale, oü, deconcert avec le inareehal Marmont, ils luLtaient contrc un orage qu’ilscroyaient passager. C’est de ce palais que, dans la sanglante journee du28 juillet 1830, ils donnaient des ordres contre le peuple; c’est la qu’ilsninndaient le procureur general, et qu’ils voulaient installer la courroyale pour lui faire rendre des nrrels de murt contre les principauxpatrioles; c’est la enfin que le maiedial Marmont recut la deputationcoinposce de MM. Lahtle, Arago, Mauguin et quelques autres deputes,chargcs d’aller demander le relrait des ordonnances. Le leudemain 29,les vainqueurs du Louvre, apres avoir fait leur jonclion avec la cohortedes palriotes du fauliourg St-Germain, commcnea Faltaque des Tuileries.La defeuse fut opiniatre et acliarnee; les troupes qui garnissaieut cette•importante position etaient nombreuses; des pieces d’artillerie etaientbraquees ä l’enibouchure de Ja nie de FEcheile, de ia petite nie St-Louis et des dill'erenles rues qui aboutissent au clniteau. Bientbt lafusillade s’engage, le canou vomit la mort, le carnage devjent ellrova-Jde. Au moment oü le feu est le plus terrible, M. Jouberl, poi tnnl ledrapeau tricolore, s’avance au pas de cliarge, ii la tele d’une forte co-loime, vers Farc. de triomphe du Carrousel. La grille est enfoncee, eteniin, apres uue heure et demie d’un combat horrible, les tlel’enseursde la liberte sollt maitres du ebatoau, oü MM. Joubert, Gauja, Picard.Thomas et Guinard 1‘ont llolter le drapeau tricolore. Les vainqueurs serepandent connne un torrent dans le palais abandonne, oü ils brisentles portraits de Charles X, de la famille royale et ie tableau du sacre.La se borna tout le desordre; aueim objet de valeur ne fut detourne;tous les objets precioux, en or, vermeil ou argent, furent deposes, soit ala Bourse, soit a FUdtel-de-Ville.

Le Jardin des Tuileries fut trace a la meme epoque oü commen-cerent les constructions du palais. En 1566, lorsqn’on etendit Fenceintcde Paris du edle de l’ouest, on y comprit le jardin des Tuileries : eetk?partie d’enceinte fut nommee boidcvard des Tuileries. L’extremile oc-cidcnlale du jardin fut alors fermee par un large baslion dont, Charles IXposa la premiere pierre le 6 juillet 1566, qui protegeait la vilie du eöicde Ia riviere. Eutre ce bastion et la Seine on etablit ensuite une porteappelee de la Conlerence. Dans 1 origine, ce jardin etait separe duchäteau par une rue, ditedes Titrleries, qui conduisait des ccuries auquai de la Conference : selon plusieurs plans aneiens, la fneade au cou-chant sur le jardin aurait ete celle d’entree; les jardins, qui par suiteont paru insuilisnnts, auraient occupe tout Fespaee entre la facade dulevant et le mur des fosscs de la vilie sur Femplacement ducpiel futpereee la rue St-Nicaise. La description qui nous reste du jardin com-mence sous Cathcriue de Medicis fait connaitre qu’il renfermait unl)ois, un etang, l’hotel de M llc de Gnise, une voliere, une Orangerie,des parterres, des theätres, des labyrinthes, un eclio, une menagerie, unchenil, etc., etc. T,a voliere, situee vers le milieu du quai des Tuileries,