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VILLE DE PAJRIS. — DEUXIEME ARRONDISSEMENT. — N° 5. QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
de saint Louis les pauvres aveugles formaicnt une societe ou congre- jgatiou, dont les menibres vivaient en parliculier des faibles ressourcesque leur procurait la charite des fideles; mais les secours leur mau-quaient presque lotalcment lorsque Tage et les inlirmites ne leur per-meltaient plus de les aller cliereher. Saint Louis, touchede eonipassionpour leur elaL, Forma, vers 1254, le dessin de leur donner un asilecoimnun, et acheta a cet edel une piece de terre nonmiee Champourri ,sur laquelle il 1U construire un hospicc pour trois cenls aveugles, et nonpas, eomme Font avance quelques auleurs, pour trois cents Chevaliersauxquels les Sarrasins avaient Fait erever les yeux. L’endos desQuinze-Vingts forniail une tres-grande cour aulour de laquelle onhalit au xvnT siede plusieurs helles maisons dont le revenu etaitd’autant plus considerahle, qu’elles etaient habitees par des gens qui }travaillaie.nl et y vendaient sous le privilege de la tranchise, dont cethopilal jouissait de toute aueiennele. — L’eglise etait sous le vocablede saint Reiny. Vers le commencemeut du xvi° siede ou y inslilua uneconFrerie royale dont Louis XV se declara le prolecteur et le diel'en 1720, et ä son exemple la reine, lesprinces, les seigneurs, et tout cequ’il y avait de considerahle a la cour et a la v ille se firent inscrlre daus
cette conFrerie._I)e cet hopilal dependait aussi un cimelicre et une
cliapelle dediee a saint Nicaise, qui a donne son nom a la rue sur la-quelle donnait une partie des batiments des Quinze-Vingts. — Dansl’origine le nonihre des aveugles admis ä Fhöpital des Quinze-Vingtsetait de trois cenls ; plus tai'd, il Fut reduit a ceut quarante freres aveu-gles avec soixante Freres voyauls pour les eonduire, et quarante-huitfemnies, taut aveugles que voyautes. Au xm* siede ces aveugles de-mandaient Faumone par troupes, en criant taut que le jour durait dansles rues de Paris; Louis XIV leur ordonna en 1656 de se tenir auxportes des eglises, dans Finlerieur desquelles il leur permit ensuite dequeler. — Eu 1780, l’elublissemeut des Quiuze-Vingts futtrausfere ruede Charenton, au faubourg St-Antoine; les batiments furent en partiedemolis, et sur leur emplacement on perea, en 1784, les rues de Char-tres et deValois. — Marche des Quinze-Vingts. La cour de l’enclosdes Quinze-Vingts servait jadis de marche au pain le mercredi et lesamedi, et de marche au poisson pendant le carcme et les jours maigres.Ce marche, supprime quelque temps avant la revolution, etait si etroit,qu’une partie des marchaiides de poisson et de legumes etaient obligees(Fetaler dans la rue St-llonore, depuis le Palais-lloyal jusqu’ä la rue de1’Echelle, ce qui embarrassait Fort ce quartier. Pres de lä etait la bou-cherie des Quinze-Vingts, co'nstruite en 1631 sur Feinplacement dei’an-cienne porte Sl-Honore. Qualre-viugl-quiiize boulangers etaient tenusd’approvisionner en pain le marche des Quinze-Vingts.
Sur le quai des Tuileries, vis-ä-vis du guichet Fromenteau, setrou-vait la porte Neuve, conligue a la tour du Bois ou du Grand-Prevot,qui terminait ä l’ouesl, sous Henri IV, l’enceinte de la partie septen-trionale de Paris. La tour du Bois avait eie bätie en 1382 par ordre deCharles VI, et etait situee vis-a-vis de la tour de Nesle; c’elait une tourd’une gründe elevalion eulouree de fosses proFonds, ä laquelle etait ac-couplee une autre tour de moindre dimension qui contenait Fescalier ;eile a subsiste jusqu’au regne de Louis XIV. La porte Neuve FaisaitPartie de l’enceinle de Charles VI; c’esl par cette porte que se sauvaHenri III, le 12 inai 1588, sur le point d’elre assiege dans son palaispar le peuple, qui avait dejä pousse les barricades jusqu’ä cinquantepas du Louvre; et c’est lä que Francois de Richelieu, grand prevöt deFrance, pere du Cardinal, eil conlerant pendant quelque temps avec lesmsurges, donna le temps au roi de gagner le jardiu des Tuileries et lecouvent des I-euillants, d’oü il s’evada pour aller couelier ä Trappes, etde la a Chartres. Cette circonstance fit donner ä la porte Neuve le nomde porte de la Conference, que quelques auteurs out confondue avec uneautre porte de da Conference, situee ä Fextremite du quai des Tuile-nes. Ces deux portes om existe toutes les deux en meine temps. Ladermere devait son nom aux Conferences qui se tinrent ä Suresnes eu-tre les deputes du roi et ceux de la Ligue, le 29 avril 1593; eile a etcoemolie en 1730.
Pros du quai des Tuileries existait des 1753 uu elablissement pavticu-1,er de bains de r,viere > freq»ente par la sociele qui ne voulait pas
se nieler a la foule qui aflluait aux bains puhlics. A cette epcque, lesendroits designes sous le nom de bains se eomposaient d’un hateau cou-verl d une häche, aulour duquel etaient planles une vingtaine de pieuxdans une enceinle d environ 24 m. de long sur 4 m. de large, ferme deplanches et cou\ert aussi d une häche; on y descendait par une echelle,etil fallait a\oir soin de garder ses liahits. A Fetablissement du quaidu Louvre on trouvaiL des batelets couverts en toile dans lesquels onse Faisait eonduire en pleiue riviere, -ä un endroit ou les bateliers pla-oaient de distance en distance quatre pieux sur lesquels ils posaient uneloile formant une espece de eabane au milieu de laquelle etait plante unautre pieu pour se soutenir dans la riviere ; les danies etaient conduitesdans ces cahanes appelees gorcs par les Icnunes des nuu-iniers. On voittpi’il y avait loin de ces müdestes bains aux etablissements de Fecolede natation, des bains de Henri IV et aulres qui existent aujoiud’lniisur toules les parlies de la riviere.
DEUXIEME ARRONDISSEMENT.
Les limites de cet arrondissement sont: ä partir de la barriere Cli-chy, en suivaut ä droile les murs de Paris jusqu’ä la barriere Sie-Anne,la rue du Faubourg-Poissonniere n os impairs, le boulevard Poissonnieren°* pairs, la rue Montmartre u 11 * impairs, la |)lace de la Bourse, la nieVivienne n ÜS impairs depuis la rue de la Bourse , la rue Neuve-des-Petits-Champs n ns pairs,, du Poren ä la rue Neuve-des-Bons-Enlants, larue Neuve-des-Bons-Enfanls ii 0 * impairs, la rue St-IIonore n" s pairs.
N° 5. QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
Ci-devant section de la Butte-dcs-Moulins , et ensuite scction de la Mvnlagnc.
Les limiles de ee quartier sont : le cote septentrional de la ])lace duPalais-Royal, la rue St-Houore n os pairs jusqu’ä la place Vendöme, laplace Vendome n°* pairs , la rue Neuve-des-Petits-Champs n 08 impairs ,la rue Neuve-des-Bons-Enfants n us pairs, la rue St-Ilonore n ÜS pairs jus-qu’ä la place du Palais-Royal. — Superficie : 280,000 metres carres ,equivalant ä 0,008 de la superiieie totale de Paris.
Les edifices, etalilissements et emplacements les plus remarquables dece quartier sont:
Le Palais-Royal fut bäli ä la place de Fanden liotel de Mercoeuret de l’hotel de Rambouillet, qui, au xv° siede, avait apparlenu aufameux conuetable d’Armagnac. Sous le regne de Charles V, et long-temps apres, l’emplacemeutdu jardiu etait traverse diagonalement par lesmurailles et les fosses de Paris.— En i624 Fhötel de Rambouillet appar-teuait ä un sieur Dufrene, et eclui de Mercoeur au marquis d’Estrees ; leCardinal de Richelieu acheta ces deux batiments et les fit abattre. Parses oi’dres on demolit ce qui restait des murs de la ville , on combla lesFosses, on nivela le terrain ; le Cardinal fit de plus l’acquisition de quatreautres emplacements, qui lui pcrmirenl d’elendre son palais depuis larue Richelieu, qu’il fit ouvrir, jusqu’ä la me des Bons-Enfants. Cepalais fut conslruit, en 1629, sur les dossins de Lemercier. Sur la prin-cipale porte d’eatree etaient les armoiries de Richelieu , snrmontees duchapeau de Cardinal; au-dessus Fut plucee cette inscription : Palais-Cardinal. — Richelieu legua ce palais ä Louis XIII, qui, le 7 octobre1642 , viiit avec la reine en prendre possession et y fixer sa demeure.Alors ce bäliment prit le nom de Palais-Royal. Mais, sur les reelama-lions de la famille de Richelieu , on retablit ä sa place Faneienne ius-cription de Palais - Cardinal ; pourtant le nom de Palais-Roval pre-valut.— Richelieu n’avait rien oublie pour faire de ce paiais un lieu di-gne de loger un roi de France; rien n’y manquait, pas meine une sallede spectaole; la chapc-lle surtout, et tous ses ornements, se läisaienl re-marquer par une extraovdinaire maguificence. Une autre galerie , celledes hommes illustres de France, dont la voute avait etc peinle par Phi-lippe de Champage, reduits au nombre de vingt-cinq, et pnrmi lesquelsfiguraient le Cardinal et Louis XIII, occupait l’aile de la secoude cour.Deux theätres lureut joints ä ce palais : Fun, destinc aux privilegies,contenait cinq cenls speclatcurs; on y jouait les pieces que les come-