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VIELE DE PARIS. — PREMIER ARRONDISSEMENT. — X” 4. QUARTIER DES TUILERIES.

demi-coucliees, de Cousto» jeuue, ivprüseutant la Seine et la fontained’Arcueil. An bas de cet avant-corps est nne niclie on est le robiuet dela fontaine; on lit au-dessus, sur une plaque en maibre noir :

QUANTOS EFFUNTJIT IN USUS!

Le 28 juillet 1830 le duc de Raguse fit occuper cette place par le6* regiment de la garde royale, qui s’empara de toutes les issues qui vaboutisscnt; Farlilferie fut brnquee a tous les carrefours pour balayeravec de la mitraille les rues Richelieu et St-Honore. Le 29, des actionspartielles et tres-irieurtrieres eureiit Heu dans toutes les rues etivironnan-tes. L’infanterie de la garde, la troupe de ligue et les Suisses, obliges deseconcentrer sur la place, se retraneherent dans les maisonsformant lescoinsdes rues Richelieu, Jeannisson, Ruhan, de FEchelle, de Chartres, faisantpar les fenelres un feu soutenu et tres-meurtrier. Ce fut eil vain qn’onleur cria plusieurs tois de se rendre, ils ne diseoutinuerent pas de tirer.L’artillerie et les Suisses snrtoul faisaient un feu terrible. II fut faitsurce point des prodiges de valeur : c’est Ja qti’un courageux citoven nomnieBenoit, cocher de cabriolet, voyant que l’artillerie faisait un ravageaffreux dans les rangs des eitoyens, se devoue pour faire cesser ce car-nage; en deux coups de feu il inet hors de combat deux artilleurs,court sur les deux autres, les blosse on les oblige a la fuite, et s’emparede la piece de canon , aux applaudissements des patrioles. Enfin , apresun combat achame, qui se prolongea pendant plus de deux henres apresla prise des Tuileries, les patriotes parviurent a s’emparer de l’artillerieel de toutes les maisons oceupees par les soldats. Presque tous paverentde leur vie leur resistance desesperee. La peile des deux rotes lut im-mense : le depot des morts etabii rue de Holum ne comptait pns nioinsde cinq Cents cadavres!...

Au n° 243 est le cafe DK da Regence , l’un des plus aneiens cafesde Paris et Je licu de rendez-vous, depuis plus d’un siede, des plus ee-lebres joueurs d’echecs de FEurope, des descendants de Philidor, quifoul la plus gvande ou la seule alTaire de leur vie d’un pal ou d’im mal,Les principaux joueurs ctaient le comle de Bissy, l’amiral Bougainville,ie marqtiis de Ximenes, etc., etc. — C’etait jadis au cafe de la Regenceque le theatre de Paris tennit ses assises ; c’est lä que se plaidait chaquejour ln cause de Rameau contre Lulli; qu’on prononeail eu dernierressort sur le nicrile des airs de Mondonville et de Dauvergne, sur lespoemes de Danchet et de Cahnzac; le coiu du roi et celui de la reines’y Jivrairnt des as.sanfs conlinuels dans FintervaJle des parties d’echecs,et, quntre heures sonnant, chacun courait au theatre du Palais-Royalfaire l’application de sa theorie. — Jean-Jacques Rousseau frequentailheaucoup a une certaine epoque le cafe de la Regence, et la foule descurieux qu’il y attirait etait si considerable, que le lieutenant de policefut oblige cJ’y faire planer une senfineJie.

A rote du cafe de la Regence, au fond d’une longue cour, etait le ce-lebre liotel d’Angleterre, receptaele de joueurs, de curieux , de debau-ches et de ftlous ; espoce de succursale du n“ 113, ou le joueur a inoilieruine venait finir sa nuit.

Lorsque la patrie fuL declarce en danger, cette dedaration fut procla-mee sur toutes les places publiques de Paris, et principalement sur la placedu Palais-Royal, avec un appareil et une soleimite propres ä en rehausserl’importance et ä frapper les esprits. Le bruit du canon l’annon^a des lematin du 12 juillet : les oJIiciers iminicipaiix ä dieval, divises en deuxcorps et precedes d’une nnisiqne niiütaire, sorlirent a dix heures deFhotel de ville, faisant porter au milieu d’eux, par un garde national, unebamuere tricolore oü etait eerit : Ciloyens, la patrie est cn (langer!Devant et derriere eux marchaient desdetarheinents de gardesnationaux,precedes et suivis par des pieces de canon. La bamiiere, signal du dangerde la patrie, etait ornee de quatre guidons surcliacun desquels etait eeritIhm de ces mots : Libevte, egolite, publiciie t respunsabilite. C’est danscet ordre que Bon paroourait les priucipales rues de Paris, s’arretant surJes places publiques pour y Ün: la formule de BasseiubJee nationale quideelarait la patrie- eil danger. Un vaste amphitheatre etait dresse sur laplace du Palais-Royal et sur les autres places publiques : le fond en etaitferme par une teilte couverle de guirlandes de feuilles de ebene, chargöede couronnes eivjques, et flanquee de deux piques sui montees du bonnet

de la lihcrtc. Le drapeau de la secliou Üoltail sur le devant de Fampln-thealre garni de deux pieces de canon, et le inagistrat du peuple, revetu deson eeliarpe, assis ä une tableposee sur deux t.amhours, recevait les nomsdes citovens qui venaient se faire inscrire pour marcher ä la fronliere.

Le 6 liove.mbre 1793, la charrette qui eonduisail au supplice le ducd’Orleans fut arretee quelques miuutcs sur la place du Palais-Royal;le priuce promena ses regards avec sang-froid sur la i’uc.ade de son pa-lais; arrive a la place Louis XV, il monta d’un pas ferme ä l’echaJ’aud,ou il reeut le coup mortel, a quatre heures du soir.

Rue Saint-Honor6 , entre les n"“ 351 et 369, etait le couventdes Capucins. L’origine de ces meines reinonteä 1525, epoque oii Fran-cois Basehi, religieux de St-Francois, iutroduisit la reforme parmi lesreligieux de son ordre, qu’il afl’ubla d’im capuce on capuchon dontplus tard est derive le nom de capuein. En 1564 le Cardinal de Lor-raine allira en France quatre de ces religieux, qui s’en relournerent enItalic apres sa mort. En 1572 le cordelier pere Deschamps quilta sonordre pour embrasser la reforme des capueius, et fonda a Piepus en1574, avec la permission de Cliarles IX et du pape Gregoire XILI, uncouvent de capucins que Catherine de Medicis elahlil en 1576 dans lequartier qui portaitalors le nom de faubourg St-Honore. L’eglise futarhevee en 1610; le portail avait ete rebäli eil 1731, et le chonir en1735. Le couvent des Capucins etait le plus considerable de ee.l ordreen France; on n’y comptait pas moins de cent trenle religieux. Le rcfec-toire etait tres-vaste; la bibliotheque oceupait un maguiüque local, etse composait de 25,000 volumes, L’eglise etait ornee d’uue belle As-somption de la Hire, et d’un beau Christ mouraut peint par Lesueur.Dans la »cf on voynit le tombeau du Cardinal de Joyeuse, qui, apresavoir servi avec dislinction, se fit capuein sous Ic nom de pere Auge,vingt-six jours apres la mort de- sa lemme. Ajipele par les revoltes deToulouse, il quitta le lroc pour le cnsque, fit ensuite sa paix avecHenri IV, et of>tint le baton de maveehal de France. En 1596 il repritl’habit de capuein. dans lequel il mourut en 1608. — Le couvent desCapucins fut supprimc eil 1790 ; l’eglise et les batiments furenl. demolis,et sur leur emplacement on perra la rue du Mont-'.l’habor et partie de larue de Rivoli; le jardin qui etait tres-vasleavail une jiorte de sorlie surla terrasse des Tuileries.

Aux n"‘ 373 eL 374 demeuraitM ,,ie Geofvrix, que Fon doit distinguerentre toutes les lemmes d’csprit qui, pendant le xvu" et le xvm p siede,se sollt plu ä rcunir et ä presider des coteries littcraires , et il n’en estpas une ejui merile plus qu’elle que la poslerite lui continue leslime etla consideratiou dont eile a joui pendant sa vie. Eu eilet, eile ne se con-tenta pas de donner des diners aux gens de Icttres et aux artistes. C’etaitpour eile un besoin de faire le bien, de recomniancler le merile obseur;ehe usait du credit des personnages puissants qui Ja visilaicnt pourservir scs amis, et les aidait meine de sa boursc.

Pendant plus d’un demi-siecle sa maison fut le remlez-vous des lettreset des arts, et il ne venait point ä Paris d’etranger de dislinction, uimeme de priuce ou de souveraiu voyageur, qui ne brigual l’avanlage-d’etre presente ä cette simple bourgeoise. Elle conipla parmi ses conviveshabiluels le priuce de Conti, Vien, Carle Vanloo, d’Alemberl, Fonlc-nelle, Helvelius, Morellet, BulTon, Marmontel, Tliomas, Raynal, M llc deFEspinasse, etc., etc. Tout arliste tpii n’etnil pas eneore connu trouvaiten eile un proteeteur eclaire et, au besom, des seeours secrets et delicals.Son salon influait beaucoup sur les jugements qu’on portail des ouvrageset sur les reputations d’auleurs. Le volume pulilie par l’abbe Morelletsur M me GeoflVin ajoute a Fopinion favorable qu’ou avait deja des exccl-lentes qualitcs de cette femme celebre.— L’libtel de M ,,,c Geoffriu devintä sa mort la propriete de Ja famille d’Estampes, jiar le manage duniarcchal de Ja Ferte-Imbanll avec la fille de M’"° Geoffriu. C’est dansle salon de cet liotel, quenmis avons eneore vu il y n une diznine d’an-nees, que le Kain fit la lecture de rOrphdin de la Chine , avant la re-prcsentalion de cette piece; il existe une gravure du temps ou tous lespersonnages noiniiies ci-dessus, qui assislaient a cette represenlation,sollt representes.

Entre les n°‘ 247 et 259, au coiu de la nie St-Honore et dela rue St-Nicaise , etait Fhosiuce dis Quinze-Vinots. Avant Ic regne