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VIELE DE PARIS.

DEUXIOIE ARROXDISSEMEXT.

X" 5. QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.

traint d’ajourner I’achevement de l’aile eu colonnade ä jour entre lejardin et la cour d’homieur, avait permis d’elever, sur i'emplacementqu’occupe aujourd’hui celte galerie , des hangars eil planches qui l'or-maient ti'ois raugces de buuliqiies separees les unes des autres par deuxpromeuoirs couverts. Ces hangars , loues ä Romain eil 1786 , Tarent ap-peles le Camp des Tartares , nom qu’ils durent ä nne episode du romande Faublas, alors fort en vogue, et dont 1’auteur (Louvel de Couvray)avait ouvert sous ces galeries un magasin de lihrairie que tenait sa fennne,qu’il appelait sa Lodoiska. Les dernieres parties de cesiguobles echoppes,qui furent pendant quaranle-lrois ans la promenade spcciale des liabi-tuesetdes filles du Palais-Royal, et oii se trouvaient les celebres lilnai-ries de Ladvocat, de Delaunay, de Barlia, et le cabinet alors Tort envogue de la Tente, out ete demolies au commencement de 1829, etremplacees par la galerie neuve dile d’Orleans.

Ancienne salle de l'Opera . Du cole de la rue des Bons-En-fants, le Cardinal de Richelieu avait fait construire, pour les re-presentalions de la tragedie de Mirame, qu’il avait composee avecDesmarets, une vaste et belle salle de spectacle, qni pouvait contenirtrois mille spectateurs. Dans l’origine, on v representait principa-lement des tragedies ou des comedies hero'iques. Sous la regence, ony joua des pieces a machines melees de cliant et de danse , dont legoüt avait ete importe par Ma/.arin. En 1660, Louis XIVaccorda la salleconstruite par'Kiclielieu ä Meliere et ä sa troupe, qui y debuterent le 5novembre de la meine annee. Ce tbeätre , illustre par les productionsdes Corneille, des Racine, des Moliere, etc., se soutinl avec un eclattoujours Croissant jusqu’a la inort de Moliere, qui y mourut le 17 fe-vrier 1673, en piononeaut le faim'uxynfo du malade imaginaire.Apres la mort de l’inimitable auteur du Tarlafe, Louis XIV, cedautaux sollieitations de Lolli, cessionnaire du privilege de l'Opera, sous letitre d '^catlemie royale de mttsipte, lui accorda le tbeätre occupe parla troupe de Moliere, qui Tut obligee de se refugier au tbeätre de la rueMnzariue. Le 6 avril 1763, cette salle Tut delrnite par un incendie, qujdevora une aile enliere du Palais-Royal avec une grantle pnrtie du corpsprincipal. Force de rebätir une partie considerable de ce palais, le ducd’Orleans se determina ä ordonner une reparation generale. Dans cepro-jet de reparation, la salle de spectacle devant et re bätie en debors du pa-lais , on acheta toutes les maisons qui se trouvent entre le palais et la ruedes Bons-Enfants; l’amphitheätre etait adosse au corps principal du Pa-lais-Royal, et le tbeätre repondait ä la porte du cloitre St-Honore. —Le8 juin 1781, apres une representation d 'Orphee, le Ten prit ä la salle del’Opera, qui fut consumee une seconde fois ; le public etait dejä sorti dela salle, mais il y avait encore beaucoup de nionde sur le tbeätre, dausles loges des acteurs et surtout des aetrices ; les issues de ces foyers fu-rent prompteinent obstruees par les Hammes, ce «pii v fit perir beaucoupde monde. Cet incendie servit de pretexte pour enlever l’Opera au Pa-lais-Royal. En six semaines de teinps l’architecte Lenoir bätit sur leboulevard St-Martin la salle qui subsiste encore aujonrd’Jiui, dont l’ou-verture eut lieu le 5 oetobre 1781. La salle de l’Opera se trouvait dansla partie du Palais-Royal qui donne surla cour des Fnntaiucs; on y ar-l-ivait par on eui-de-sae nomme Coart-Orrv, sur l’emplaeement duquelon a ouvert la rue de Valois en 1782.

Le Thäätre-Franjais, situe rue Richelieu, n“ 6. La fondation dela salle aetuelle des F'rancais , deslinee ä remplacer la salle de l’Odeon,brülee en 1781, Tut commencee en 1786 sur une partie du terrainqui formait precedemmeut le jardin des Princes. Le 6 fevrier 1787 leduc d’Orleans passa avec Gaillard et Dorfeuil un bail de trenle ans dela salle en coustruction, moyennant vingt-quatre mille livres de localionannuelle.Mais,en altendant qu’elle fiitachevee, il ieur permitd’clever äleurs trais une salle provisoire en charpente sur le terrain du jardin desPrinces, non occupe par les constructions de la nouvcllesalle. Lorsquece tbeätre provisoire lut construit, les directeurs s’y installerenl avec.la troupe du thedlre des Varietes amasatiles , qu’ils dirigeaient sur leboulevard du Temple. I.a nouvelle salle leur Tut livree vers la lin del’annee 1790, et ouverte au public, sous le nom de thedlre de la t\a-lioti, le 15 mai de la meme annee.

En 1791 Monvel, Talma, Michaud, Dugazon, M'“ 0 Vestris, M 11 "

Desgareins, etc., fondercut, sous la direclion de Gaillard et Dorfeuil, leThedtre-Franeais de la nie de lUchelieu, qui prit en 1792 le nom dethedlre de la Liherte et de l’Egalite, et eu janvier 1793 eelui de lluid-\ Ire de. la liepahlitjite. La salle Tut fermee le 10 fevrier 1798, et la plu-I pari des acteurs lurent douner pendant cinq mois des represenlationsau Theätre-Francais de la rue Feydeau. Pendant ce teinps on repara la| salle de la rue Richelieu, alors dite rue de la Loi, dont l’ouverlure! se fit le 5 septembre 1798. Mais le direcleur, n’ayant pas reussi. fut; force de fermer le 6 nivöse an vn (26 dccembre 1798). Apres le pre-I mier incendie de l’Odeon, quelques acteurs de ce tbeätre se reunireul äreux du Theätre-Francais,. et ouvrirent dans la salle aetuelle de la rueRichelieu, le 11 prairial an vn (30mai 1799), le Theälre-Franeais dela Republique, oft se tenait alors le cluh dit cercle da Thedtre-Franeais.Tous les acteurs de l’ancicnneComedie-Fratieaise, qui etaient absentslorsde la reunion, rentrerenl successivement ä ce tbeätre, qui reeul sousl’empire leuomde Thedtre-Franeais, qu’il couserve encore.aujourd’bui.Ce tbeätre etait riebe en taleutssous le consulal; l’inimitable M'^Marsetait alors daus la lleur de soll talent; lä brillait M"‘ Coulat, si char-mante dans la comtesse du Mariage de Figaro, dans la Mere coupahle ,dans les Femmes sarantes, le Tartaje, le Misanlhrope , etc., etc.; venaitensuite M"° Devieune, inimilable Soubrette ä la parole mordanle, ausourire malin, au regard efi'ronte, ä la tournure agacanle; puis lesnieres etaient l'aites par M"” Tbcnard, par M" 0 Lac.bassaigne. Enbonnnes, ce tbeätre etait encore plus riebe en beaux talents, ä la teledesquels etaient Talma, Laldnt, St-Prix, Larive, Monvel, Fleury,Mole, Armand. Dazincourt. M"° Raucourt, M'" c Vestris, M 11 “ Fleury,M“' Georges, M"' Ducbesnois, M 1 “” Volnois, M 11 “ Bourgoin, Preville,Michot, y ont brille ä dillcrentes epoques. Aujourd’bui Ligier, Pre-vost, M llc Rachel, Bl"' Duze, en foul les principaux ornemenls.

La principale lacade du Theälre-Franeais, donnanl sur la rue Richelieu,I presente un peristyle d’ordre dorique, ä on/.e enlro-eolonnemenls ; lai läeade en retour ollre une galerie de dix arcades (|ui porteut sur des! piliers carrcs. Au premior etage est une ordonnance de piiastres corin-l lliiens, dont l’entablement est coupe par un rang de petites croisees. AuI rez-de-chaussce tont l’espace est entouie d’iuie galerie eouverte, pari laquelle on entre de trois ciites dans un Vestibüle interieur de formei i” orne de la Statue de Voltaire.

J Le thAätre du Palais-Royal, silue peristyle de Joinville , 11 ,:> 77 .! Ce tbeätre occupe l’emplacement du tbeätre des Beaujolais, construit! en 1783 par le duc d’Orleans sur les dessius de Louis. Dans l’originej on y donnait des represenlations devant uue soeiete cboisie et peu nom-1 breuse ; plus tard le tbeätre Beaujolais fut elabli pour amuser renläneei du conite de Beaujolais , le plus jeune des fri res du roi Louis-Pbi-i lippe I' 1 . Il lut alfecte alors ä dos grandos marionuelles eu bois d’uu’ metre de baut , que des mains invisibles läisaient mouvoir, tandis quedes acteurs vivants Caches dans les coulisses parlaient pour cux. Auxmarionuelles on substitua de jeunes cnlänts qui jouaienl des pantomi-mes, taudis qu’on parlail et qii’on cbaulail pour eux dans les coulisses,gern e de spectacle qui eut dans soll teinps un graiul succes.

Louee d’abord par bail ä Gardcur pour la somme de quinze millelivres, la salle des Beaujolais Tut vendue le 21 juin 1787 ä Desmarets ,qui la redn pour la somme de cinq mit soixante-dix mille livres ä M 11 "Blonlaiisicr, directi ice privilegiee des tbeälres et bals de Versailles , oiieile avait läit bälir la salle des Reservoirs. M"° Blontansier lit agrandirla sci-ne de ce tbeätre , de manicre ä pouvoir y jouer tous les genres despectades. L’ouverlure eut lieu le 12 avril 1790. Le discours d’inau-guration , compose par le Cousin Jacques ( Bellroy de Rigny), lut jiro-I lionce avec äme parBaptisle endet. « 11 etait, dit le redacteur de 1 'Al-I manach des spectades de 1791, analogue ä la destruction des privile-j ges. i. 'Tout Paris se porla ä ec spectacle, oii Fon ne joua d’abord quej d’assez. mauvnises comedies et des operas parodies sur la musique deI conqiositeur.s italieus. Jalouse. de satistaire la finde, et dans le desir de| rivaüser avec les comediens de l’Opera-Coimque , qui atliraient les ve-I rilables amateurs , M"' Montansier fit agrandir et exhausscr la salle, et; engagea plusieurs acteurs dislingues, ce qui lui permil de jouer avec1 succes la tragedie-, la comedie et l’opera-comique. Ge lut lä qu’on joua