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Vol. 3.
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VILLE DE PARIS. — DEUXIEME ARRONDISSEMENT. — X° 5. QUARTIER DU PALAIS-ROYAL. 187

pour la premiere Ibis le Sourd ou C Anberge p lei ne , le Descspoir deJocrisse, et qu’on osa reiaire la musique des Evenements imprevus, duTableau parlant et de quelques autres operas de Gretry. C’esl lä quecommenccivtit leur carriere Baptiste cadet, Dainas, Caumont, les deuxGrammont (mortssur l’echafaud revolutionnaire), M lle Saiuval l’ainee,M Uc Mars et plusieurs aulres, qui out brille lougtemps sur la scene fran-eaise. Vers 1798, Brunei, qui venait de quitter la salle de la Citc, de-buta au thedtre de la Montanster, et c’est de son enlree que dale lagrande vogue dont cet etahlisseinent a joui pendant si lougtemps. Auplus fort de la revolution, le thedtre 'Montanster devint uiie des succur-sales les plus fameuses des clubs vevolulionnaires; il prit le noin dePeristylc. du jardin Egalite , et, le 22 novembre 1793, eelui de thedtrede la Montagne, qu’il quiüa apres le 9 thermidor pour celui de thedtredes Varietes. Ce theätre faisait alors fureur, et son loyer devint aussieuropeen que le Palais-lloyal lui-ineme, dont, a tont prendre, il eütpupasser pour le boudoir. Ce foyer, deveuu historique, lut pendant dixans le rendez- vous de CC que Paris avait de plus gai et de plus spirituel.Toutes les classes de la sociele avaient des places assignees a ce theätre,il y en avait meme quelques-unes de veser'ees pour les fenimes hon-neles ; toutes les autres etaient occupces par d’autres 1‘emmes, ohligeesj)ar etat d’etre jeunes et jolies. Les entr’actes etaient le moment brillantde la soiree ; alors se repandait dans le l'oyer uue nuee de jeuneslenimes eblouissantes de parure et de beautc; il y en avait de quoi peu-pler tous los liarems de l’Asie et de l’Afrique. Le temps du direetoirelut une epoque d’orgies et de saturnales , et le foyer Monlansier y oc-cupa une grande place : la socicte n’etait pas encore reformee, on cher-ebait surtoul des reunions de plaisirs, on se monlrait peu diflicile sur laqualile. Il n’etait pas rare de Irouver au theätre Montansier les femmesde la plus haute distinction dans les loges lionnetes, et des jeunes gensde la meilleure tenue dans le foyer, disputant les regards et les faveursdes helles habituees de ce foyer, des balcons et des avant-scenes, auxjeuues oilic.iers des armees de la republique. « Tont dans eelte reunion ,dit M. Merle, servait de prelexte ä la gaiete et au plaisir ; lout devenaitspectacle, jusqu’ä la galerie eu forme de tribune qui domiiiait le foyer,occupee par les plus jolies femmes , et ä iaquelle ou avait donne le nonid’un quai de Paris , dont la designation un peu triviale exprirnail spiri-tuellemenl. l’idee qu’on y atlachait. Dans ce foyer on vif. se reuiiir suc-cessivement, depuis 1795 jusqu’en 1806, tonte la jeune liüerature dudireetoire et de l’empire, eomposee de tout ceque Paris renfermait alorsde jeunes gens pleius de verve , d’esprit, de talent et d’avenir; e’elaitParsen«! d’oü sorlaient les traits decoches au gouvernement directorial;les redaeteurs des pelites Pouilles legeres, les plus hostiles au pouvoird’alors, en etaient les liabitues. Les vaudevillisles sont, par nalurc, dePopposition ; les pieces de circonstauces etaient la critique la plus mor-dante des evenements et des iiommes le plus haut places ; elles ne de-vinrent louangeuses que sous Bonaparte. On avait ioue le general paradmiration , on loua le consul par reconnaissance et Pempereur par in-leret.... Cliaque soir un nouvel episode arrivait ä point pour soutenirla joie intarissable des amateurs. Tanlöt c’etail la publicalion d’un nou-vol ana sorti de la houlique de Barba, tantöL une nouvelle parade deBruuct ou de lioreelin qui laisait fort une dans Paris, ou bien un hontour joue au commissaire de police Robillard, que ses soixante aus , sacorpulence, sa coillure de 87 et ses larges boueles d’argent ne mettaientpas a l’abri de quelques myslificatioiis ou des espiegleries de quelques-unes de ses admiuistrees. » Jamais aucun theätre n’a joui d’une vogueaussi couslnnte, aussi complete, aussi europeemie que le theätre Mon-tansier ; pendant douze aus il a enleve les spectateurs aux grands tlieä-tres de la capitule. Son prodigieux succes , la vogue dont, il jouissait,uient la cause de sa ruine; il excita contre lui une jalousie qui enamen« la lenneture. Pour satislaire. aux exigences de la Comedie-Fran-eaise et de l’Opera-Comique, on I’exila , en 1806, sur le boulevardMontmartre.

Quelque temps apres sa fermeture, la salle Montansier servit ä dille-rents genres d’exploitalion; les fameux danseurs de corde Ravel et Fo-noso y etonnerent ia capitale pai< des Lours de force et d’agilile. Plustard on y ouvrit un spectacle de jeux forains. A ces spectacles succe-derent des cliiens savants, (pii jouaient des pantomimes d’une maniere

assez satisfaisante. En IS 14 la saile Montansier fut vendue par expro-prialion et translormee en cafe; des tables et des tabourets furent pla-ccs au parterre et dans les loges, et sur la scene on jouait, de quartd’beure en quart d’heure , des petits Vaudevilles ä deux et trois actes.La restauration y trouva, en 1814, ce cafe, qui devint bientöt la sentinedu Palais-Royal. Pendant les cent jours c’etait le lieu de reunion desfederes. Il fut ferrne, apres Ia seconde rentree des Bourbons, ä la suited’une equipee ridicule des gardes du corps, qui, ä leur retour de Gand,se vengerent de leur retraite precipitee au 2o mnrs sur les glaeos inof-fensives du caie. Le courage de ces preux a eie immortalise par uneclianson celebre ou, entre aulres Couplets, on remarquait les suivants :

Bravos gnerriers, I’Impartialc liistoiro,

ConÄigiif-ra, qu’ä vos princes sontnis,

Vous fites tout, pour soutenir la gloire,

Et ile l’encensoir et tle* lis ( 'bis).

Que, pr6ceil6s des Scvthes et des Thraces,

Kous avotis vu letirglaive incui liier,

Conduil par vous, renversev justju’aux glaccsl)u cafe Montansier

Honneur ä vous, enfants de la victoire,

Sous ces divipeaux vous scre/. signaies;

Et tous vos noms au teinple de Memoire, .

T'ar Clio serotit Inniues («,■,).

Dans nos guerets vos imposantes inasses,

Ont bien prouvö qu’a volle clan guerrier,

Kien ne r^sisle, pas meme les glacesDu caf6 Monlansier (bis).

En 1831 a commence une nouvelle transformalion du llieätrc Mon-tansier, (|iii a eie rendu au public sous le nom de tluiätre du Palais -Royal. La salle s’ouvrit le 6 juiu par un prologue de MM. Melesville,Layai d et Brazicr, iulitule : Ils n'utn riront pas, el depuis ce jour lafoule ne discontinue pas d’allluer aux represeiitalions.

L’eglise St-Roch, siluee nie Sl-Honore, entre les n“ 296 et 298.

Celle eglise a cte rebätie en 1633, sur les dessins de Jacques Mercier.Louis XIV en posa la premiere pierre, ninis eile lie fut entieremeiHaclievee qu’en 1730. Le grand porlail a eie construit sur les dessins deRobert de Cotte; il est eleve au-dessus d’un grand nombre de niarches,eise compose de deuxordoimaiices, l’iuie dorique, l’autrecorinlhienne:eelte deruiere est couroniiee d’un fronton.

L’ordre d’are.liitecture qui regne dans cette eglise est le dorique. Lalongueur de la lief est de 30 m., celle du cliceur de 16 ni., el leur lar-geur de 13 in. 00 c. Yingl; piliers ornes de pilastres doriques, revetusde marbre ä leur base, soutiemient la voüte de la lief; quurante-lmitpiliers engages supporteilt ses bas cotes; dix-huit cliapelles lui serventde ceinture jusqu’ou rond-point; trois grandes eliapelles sont placeeseil arriere, deux autres sous la croisee, el deux autres sont adosseesaux piliers de rentree du cbocur. Aux extreinites de la croisee sontdeux autels, l’uu eil face de l’autre, decores sur les dessins de Boullee.Oil y voif. les stalues de saint Augustin, de saint Francois de Sales, etc.;cette deruiere est. de M. I'ajou. On y voit encore deux grands tableauxde 8 in. de haut : celui qui est sur l’autel ä gauche represente saintDenis prechant la foi; il est de Yien : celui qu’on voit sur l’autel, ädroite, a pour sujet la maladie des Ardents; il a eie peuit par Doyen.

La chapelle de la Vierge, situee derriere le cliceur, fut bätieen 1709 :sa forme circulaire est couroniiee par une coupole qui represente 1’ 4.S-snmptiou de la Vierge, peinte par Pierre. L’autel de cette chapelle olfrela scene de l’Annonciation, execulee sur les dessins de Falconet. —La chapelle de la Coinmunion vient ensuite ; eile est moins grande quela precedente. M. Pierre a peint sur sa coupole le. triomphe de la reli-gion, composition Iris-simple ; sur 1 autei est un grotipe, sculpte parPaul Slodtz, representaiit deux anges. — La chapelle du Calvaire estsituee ä la suite, sur la ligue des cliapelles precedentes, et ä l’extremitede l’cdifice. Elle a peil d clevation. Une vaste niche, eclairce par uneouverture qu’on ne voit point, presente la eime du Calvaire, l’image deJesus crucilie, et la Madeteine pleurant au pied de la croix. Sur le pre-mier plan sont des soldats couches, des troucs d’arhres, des plautes,parmi lesquelles rampe le sci pent. Plus avant et au has de cette espece