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VIIXE DE PARIS.
DECXIEME ARRONDISSEMENT. — \° 7. QUARTIER FEYDEAU.
pape Leon X. Catherine se l’appropria, sous le vain pretexte que ceslivres provenaient de la hibliotheque des Medicis. Apres sa niort, ilsetaient restes en depöt chez Jean-Baptiste Benivieni, abbe de Bellebran-che , aumdnier et bibliotliccaire de cette reine. Henri IV ordonna l’nc-quisition de ceüe eollection. Trois eommissaires en lirent lYslimation,en mars 1597, et la portcrent ä la soinnie de cinq mille quatre centsecus. Les jesuites furent rappeles en 1604; on leur rendit leur Collegede Clermont, et on transfera la bibliotlieque du roi dans une salle ducloitre du couvent des Cordeliers. Ces livres etaient alors sous la gardede Casaubon. — Sous Louis XIII , la hibliotheque royale fut envichicdes livres de Philippe Hurault, eveque de Chartres, au nombre de centdix-huit volumes, dont cent manuscrits grecs; de ceux du sieur de Bre-ves, ambassadeur a Constanlinople, qui consistaient en cent huit beauxmanuscrits syriaques, arabes , persans, ttircs , qui avaient etc acquis etpayes parle roi, pour faire partie de sa hibliotheque : mais le Cardinalde Richelieu sYmpara de cette eollection, ainsi que de la hibliotheque dela Rochelle, dont il composa la sienne, qu’il legua a la Sorbonne. Sous lemeine regne, la hibliotheque du roi, restee au couvcnt des Cordeliers,lut transferee dans une graude maison appartenant a ces religieux, et si-tuee nie de la Harpe, au-dessus de l’cglise de St-Cdme. Elle consistaitalors dans envirou seize mille sept cent quarante-six volumes, taut ma-nuscrits qu’imprimes. — Sous le regne de Louis XIV et sous le minis-tere de Colbert, cette hibliotheque ae.quit une consistance et des richessesqu’elle n’avait jarnais eues, et, pour la premiere Ibis, fut rendue acees-sible au public; eile favorisa puissamment les progres des connaissanceshumaines. Elle s’accrut, 1° du fonds du comle de Bellmne, compose demille neuf cent cent vingt-trois volumes manuscrits, dont plus de neufcent cinquante sont remplis de lettres et de pieces originales sur l’his-toire de France; 2° dans le meme temps, de la hibliotheque de RaphaelTriebet, sieur Dufresne, oomposee de neuf a dix mille volumes impri-mes, d’une quarantaine de inauuscrits grecs, de cent manuscrits latinset Italiens, etc.; 3° d’un recueil immense de pieces sur le Cardinal Ma-zarin, en cinq cent trente-six volumes, etc. — Louvois suceeda a Col-bert dans la direction de cette hibliotheque; il continun son onvrage,chargea ses ministres Iraiicais dans les cours etrangeres d’aeheter desmanuscrits et des iniprimes; ilen arriva de teutes parts. Le changementle plus notable qu’il eprouva sous le regne de Louis XIV fut sa trans-Jation de la nie de la Harpe dans la rue Vivienne. La hibliotheque etaitdevenue trop nombreuse pour etre contenue dans le local quYlle occupail.En 1666 , Colbert aclieta des beritiers de M. de Reautru dcux niaisonsvoisines de son hotel, rue Vivienne; il les fit disposer convenablement,et les livres y lbrent transportes. Sous la regence du duc d’Orleans, lahibliotheque fut transferee nie de Richelieu, dans l’hötel immense qu’a-vait fait construire et qu’hahitait autrefois le Cardinal de Mazarin : lahibliotheque actuelle occupe eneore une partie de ces hatiments.
Eu 1684, la hibliotheque royale possedait cinquante mille cinq centqunrante-deux volumes; en 1775, presdc cent cinquante mille et environdenx cent mille en 1790; eile esl riche nujourd’hui de plus de neuf centmille volumes iniprimes, et de quatre-\ ingl mille manuscrits, saus compterplusieurs centaines de niilliers de pieces relatives ä l’histoire generale etsurtout a l’histoire de France. Gelte hibliotheque occupe quatre corps dehatiments, au inilieu desquels est une cour de 30 in. de largeur sur300 m. de longueur. Elle esl divisee en quatre departements : 1° livresiniprimes; 2" manuscrits, ehartes, diplömes, etc.; 3°monnaies, medail-les, pierres gravees et autres monuments antiques; 4° estampes, cartesgeographiques et plans.
Les livres imprimes reniplissenl le premier etage des hatiments quienv i rönnen t la cour, dans une etendue dViiviron 260 m.; on y montepar un vaste escalier silue adroite du Vestibüle, qui se trouve a ganchede la porte d’cntröe. Les diverses salles qui composent ee depöt sont deplain-pied, de la meme hauteur, larges de 8 m., et eclairees par trente-trois grandes croisees, entre de longues et baules murailles de livres.parmi plusieurs objets curieux, on remarqur, dans la principale gale-rie, un nionnment appele le Parnasse franrais ;cYst une compositionmesqnine du sieur litou du lillet.— Lne piece qui se trouve en retourdes principales salles, piece specinlement desliuee aux livres degeogra-phie, a son parquet pcrce de deux ouvertures cireuhures entonrees de
balustrades en fer. De ccs ouvertures sortent les hemisphöres dt; deuvvastes globes, dont le pied en bronze est pose au rez-de-clumssee; l’unest terrestre et l’autre celeste. Ces deux spberes niarquenl l’etat desconnaissances geographiques et aslrononiiques de lYpoque oft eiles fu-rent fahrique.es. Malgre leurs intperfections, elles sont remarquablescomme objets de curiosite.
Les manuscrits sont deposes dans cinq pieces, dont quatre de moyennegrandeur, et la cinqnicme, la plus vaste, est l’aneienne galerie du palnisMazariu ; le plafond, peint a fresque en 1651 , par llonianelli, repre-sente divers sujets de la lablc, distribucs en compartinients. Cette pre-cieuse eollection se compose d’un grand nombre de manuscrits orieu-taux et en diverses langues europccmies.
Le cabinet des estampes et planches gravees occupe plusieurs piece*de lYntre-sol du batiinent, et fut coinmence par la eollection de peintu-res d’objets d’histoire iiatiirelle, de plnntes du jardin botanique et d’ani-niaux de la nieriagerie de Blois , dont Gaston, duc d’Orleans , onelc deLouis XIV, avait fait. present ä ce roi. Depuis, cette colleclion fut con-tinuee par les plus habiles artistes de son temps ; eile se compose desoixante volumes iu-folio, qui furent, vers l’an 1717, domies a la biblio-theque. Puis eile sYnriehit de deux cent soixante-qualre porlefenillesde l’ahhe de Marolle, qui avait reeueilli les gravures depuis 1470, epo-que de la naissance de cet art, jusqu’ä son temps. Ou y joignit les grn*vures des evenements mililaires du regne de Louis XIV, des niaisonsroyales, etc.; les planches gravees du cabinel de Gaignieres, du sieurBeringhen, du marechnl d’Gxelles, des sieurs Fevret et de Fontette, deBegon, de Mariette et de Cajlus, et la eollection de differentes estampeslaites pour orner une edition du Dante, de l’an 1481. — L’inventairefait au 1 er janvier 1841 a constate la preseneo de 900,516 estampes. IIs’y trouve 1,805 pieces de Reinbrandt et 2,498 de Callol; la eollectionde portrails , depuis celui d’Adam jusqu’a celui du eomlc de Paris , enrenferme 90,-565 ; il exisle d’llenri IV 300 porlrnits difTemits cl dixseinblablcs; de Napoleon, 433; de LouisXIV, 531. La division consa-erce aux costumes de tous les pays se compose de 36,973 pieces, dont11,991 concernent la France ; cYst le plus bizarreassemblage de traves-lissements, de modes originales, de singularites de eostumes. On necompte pas moins de 24,118 estampes historiques; 14,387 regavdenlrbisloiredenotrepatrie. Nous laissonsdecote7,831 enrieatures, 36,859pieces concernant l’arehitoeture , 39,901 pour l’hisloire naturelle.41,840 sujets de piele et plus de 40,000 cartes.
Cabinel des medailles et ant'ujues. La piece ^ de ce depöt
est eclairee par huit croisees; les Irumeaux sont orues de lables demarbre qui soutiennent des meilailliers ou armoires; chnijue armoirt;olfre deux ceuts liroirs dans lesquels sont rangees les di Heren les suitesde medailles d’or, d’argent, de bronze, qui composent cette eollection ,une des plus riches de PKuropp. Celle salle est decorce de plusieurs ta-bleaux de grantls maitres ; mais sa plus precieuse deeoration eonsistedans les medailles rares et dans les autres objets d’antiquite eonservesdans ce depöt. Avant Francois V r , aueim roi de France n’avnit pense iireimir des medailles antiques. Ce roi en possedait environ vingt en or etune eeutaine en argent, cpi’il avait t'ailenebasser dans des ouvragesd’or«fevrerie comme ornement; il rassemhla eneore quelques autres medailles.Le gout des lettres faisant des progres sous ce regne, tont ce qui s’yrapportait obtinl faveur; les medailles, qui servent a fixer les epoquesde l’bistoire, a eclaireir ses points dillicultueux, et souvenl a suppleer äses Ineunes, ennuneneerent a Irouver des amateurs zeles. Henri II auxmedailles de Franeois T rr joignit edles qu’il avait recucillics et edlesqui composaienl la riebe eollection que Catherine de Medicis, son epouse,avait apportee en France, avee les rares manuscrits de la hibliothequede l’lorence. Charles IX acerut eneore cette eollection , lui deslinn uulieu particulier dans le Louvre pour la plaeer convenablement, et fut lepremier qui ci ea une place speciaie de garde de ces medailles et antiques.II acerut cette eollection de celle du cclcbre Groslicr, mort on 1565.Pendant les troubles delaLiguo, cette eollection fut presque enlierc-ment pillee. Henri IV essaya de reparer ces perles, etliOiiis XIII l’aban-donna entierement. Mais Louis XIV fit rassemhlor loules les medailleset rarctes qui se trouvaient dans les diverses niaisons royales, y joignitcelles qu’avait reunies dans le chaleau de Blois Gaston, duc d’Orleaus,