MIXE DE PARIS. — QUA'I R1EME ARRONDISSEMENT. — N" 14. QUARTIER DE LOUVRE.
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vert le 4 novembre 1827 ; il est compose de neuf salles de plain-pied ,s’etendaut au premier de la facade du Louvre voisine de la riviere ; ellescomniuniquent entre elles par de larges ouvertures decorees de pilastresiouiques surmonles d’une archivolte.
Le musee naval renferine des modeles de toutes los especes de Iräti-ments de mer, des maclvines ä l’usagc des vaisseaux, des plans en reliefdes ports et arseuaux maritimes, forges, usiues, ateliers ; il doit ölre ornede tableaux, oii seront representes les plus beaux iäits d’armes des ma-rius francais de toutes les epoques.
L’eglise St-Germain l’Auxerrois, situee place de la Colonnadedu Louvre. L’eglise de St-Germain l’Anxerrois passe pnur avoir etefondee par Chilperic. Ruinee par les Normands, qui eu avaient tait uneforteresse entouree de fosses, eile fut reconstruite par le roi Robert;le choour fut rebäti dans le xrv e siede; le portail acluel dato de I 43a.Devenue la paroisse des rois depuis qu’ils babiterent le Louvre, cettebasilique subit de notables chniigements ; le jube qui masquait 1 entreedu clioeur fut dcmoli; ses piliers gothiques prireut uue forme moderne;plusieurs moreeaux de sculplure , une grille ä bauteur d’appm, en ferpoli et bronze dore, dommrent an riebe aspect au clioeur majestueuxde ce temple. Le baue de l’cciivre, execute d’apres les dessins de Ferraultet de Lebruii, merite de lixer l’attention; la chaire a un döme en formede couronne rovale. Les cliapelles etaient ornees d’une multitude debeaux tableaux de Philippe de Champagne , Leonard de Vinci , Jouve-net, Pajou, etc.
Si cette eglise n’oflre plus ses ornements inlerieurs qui faisaient tontesa ricbesse et sa beaute, on voit eucore avec plaisir soll porebe qui rap-pelle le goüt arabe, et son portail lout ä fait dans le style gothique. Dansla cbapelle des Morts on voyait deux tombeaux eu marbre, eleves adeux cbanceliers de France de la famille d’Aligrc. Plusieurs aulres per-sonnages remarquables l’urent aussi inbumes dans cette eglise; on eileprincipalemenl : Claude Fouchet , premier president de la cour desmonuaies, qui mourut dans un grenier et dont on vendit 1’oOlce pourpaver les deltes; le poete Jodelle; Francois Olivier, cbancelier de Francesous Louis XII; Ponpouiie de Bellicvre , cbancelier de France; N. deRellievre et Poiqionne de Bellievre, premiers presidents au parlcmeutde Paris; Pierre Seguin, dont la belle colleclion de medailles se voit äla bibliotheque du roi; le poiite Malberbe; l’arebilecte Levau ; GuyPatin, savant medecin, ([ui a laisse un recucil de letlies estimees, lesculpteur Dcsjardins; le graveur Melau ; le peintre Stella ; le sculpteurSarrasin; Francois d’Orbav, arcbitecte, maitre de Levau, mortdans imetat voisin de l’indigence; Noül Coypel et Antoine llouasse, peintres ce-lebres; Antoine Coyzevox , celebre sculpteur ; M ,lie Dacier et AndreDacier, celebres par leurs Iraductiuns ; J.-B. Santene , celebre peintrede portraits; le marechal d’Ancrc, dont le cadavre lut exlnime par lepeuple, et brule en place de Greve; le comte de Caylus.
C’est au signal donnc par la clocbe de 1’eglise St-Germain 1 Auxerroisle dimanche 2 1 aotit 1372 , jour de la St-Bai thclemy, que commencc-rent les massaeres de cette joui nee dans les quartiers voisins du Louvre.Ce lut le roi lui-meme tpii donna l’ordre de sonner le tocsin, signal au-quel repondit peu de temps apres la clocbe de l’borloge du Palais. Du-rant les tvoubles de la revolutiou, cette eglise avail ä peine subi quelquesdegradalious. Apres la revolulion de juillet, un Service lunebre, celebreavec ostentation pour l’anniversaire delamort du duc de Berry au moisde levrier 1831,excita l’indignation du peuple, qui livra l’eglise au pil-lage et qui l’aurait entierement detruite si l’autorilc n’y eüt mis obslacle.Gute eglise resla lerinee jusqu’en 1838, epoque oü onen a commence larestauration.
Le pont des Arts. Il est silue entre l’Instilut et le palais du Louvre,qm portait alors le iinni de palais des Beaux-Arts. Conunenee en 1802et acbeve en 1804 , ee pont se compose de neuf arches de fer liees en-semble par des entretoises ; les culees et les piles sont en pierre. Salongueur est de 167 m. 61 c. sur une largeur de 10 m. Les pictonsseuls v passent, en payant un droit de 5 c.
Le pont des Atts lcumt deux des plus beaux quartiers de Paris. 11ofl’re un magnifique panorama, soit que la vue se pnrte du cöte du Ponl-Neuf, soit ipi’elle embrasse l’etendue de la riviere du cöte du Pont-Roval.
VARIETES niSTOUIQUES ET MOGRAPIIIQUES.
La rue du Petit-Bourbon, qui forme aujourd’hui une partie de laplace de la Colonnade du Louvre , etait le prolongeinent de la rue desPoulies jusqu a la Seine. Au coin de cette rue elait le palais du fameuxconnetable Charles de Bourbon. Lorsque, par suite de sa revolte, il eulete declarc traitre et ciiminel de lese-majesle, on y brisa ses armoiries,et on fit barbouiller de jaune les portes et les feuelres desamaison parla main du bourreau. Cest au palais du Petit-Bourbon que mourut, äl’äge de viugt-huit ans , la duchesse de Bcdfort, femrne du regent deFrance pour le roi d’Angleterre, le 13 novembre 1432. Ce palais fut eugrande partie dcmoli en 1323, ä l’exceptiou de la cbapelle et d’unevaste galerie oft l’on elablil un tbeälre qui servait aux fetes et aux bal-lets de la cour, ou les princes et Louis XIV lui-meme dausaient pnbli-quement. Le 19 mai 1577, des comediens ilaliens que le roi Henri IIIavait fait venir de Venise , et qui avaient donne des representations äBlois, furent installes au tbeätredu Petit-Bourbcm; ils prenaient quatresous par personne, et ils attiraient un grand concours de spectateurs.
En 1584 et en 1588 il en parut une seconde et une troisieme troupe. En1645, le tbeätre du Petit-Bourbon futoccupe par des boulfons italiens,que le Cardinal Mazarin avait fait venir pour satisfaire la passion de lareine Anne pour les spectacles, et ou il fit representer in Fcsla thea-trale, Orphee et Euridice, etc. En 1658, ce tbeätre fut accorde ä Mo-liere, dont la troupe dehuta en presence de Louis XIV, le 3 decembre,par l’Etourdi et le Depit anwurenx. Cette troupe donna des represen-tations sur ce tbeätre jusqu’en 1660, epoque ou Moliere quitta letbeätre du Petit-Bourbon pour aller occuper la salle du Palais-Roval.
A cetle epoque, des comediens cspagnols venus avec l’infaute Marie-Tberese, <pie Louis XIV venait d’epouser, donncrent trois representa-tions sur le tbeätre du Petit-Bourbon , dont la demolilion fut commen-cee le 11 oclobre. Sur son emplaccment fut bätie, du cöte du quai, lapartie de la colonnade du Louvre dont Louis XIV posa la premierepierre le 17 oclobre 1663. Les rcstes du palais du Petit-Bourbon quin’avaierit pas ete occupes par le tbeätre avaient ete afiectes au garde-meuble de la couronne , qui fut Iranslere ä l’bötel Conti en 1758. C’estdans la galerie de ce palais que furent reunis les etats de 1614.
Rue Bdthizy, n" 20, etait i.’hö n:i, ne Moxtbazon, ou fut assassinc yCl’amiral de Coligny. Cet bölel fut occupe ensuile par les Seigneurs deRohan-Montbazon, dont il portait eucore le nom eu 1772; Carle Van-loo l’habila longtemps. C’est dans la chambre ou fut assassinc Colignyqu’est nee, en 1740 ou 1744, la celebre Sophie Arnould. Son pere, quitenait un bölel garni, lui fit donuer une cducation brillante. La prin-cesse de Modene lui ayant reconnu tme voix admirable , la fit enlrer,malgre les rcsistances de sa mere, aux Menus-Plaisirs, et quelque tempsapres Sophie Arnould etait la reine de 1'Opera. Son jeu expresuf, saphysionomie pleine de gräce et de vivacite, sa voix deliciense et ses spi-rituelles saillies lui altirerent un grand nonrbre d’adnrirateurs et d’a-mants. Sa maison , coninic celle d’une moderne Aspasie, etait frequen-tee par toirl ce qu’il y avait de plus illustre et de plus cleve. La litte-ralure y allluait presque tont entiere : d’Alembert, Helvelius, DiderotMalrly, Duclos, J.-J. Rousseau lui-meme, veuaients’y meler aux Dorat,
I aux Rulhiere, aux Bernard, etc., etc. Au commencement de la revo-I lulion, Sophie Arnould aelreta le presbytere de Luzarcbcs, dont eile (itune belle maison de Campagne, ou eile mourut en 1802.
Une premiere lenlative d’assassinat avait eu lieu dans cette rue, le22 aout 1572, sur l’amiral de Coligny, qui y fut grievement blesse d’uncoup d’arqueltuse charge de deux. b.'dles, au moment oii il venait dequitter le roi Charles IX.' et qu il se retirait pour aller diner dans sonböte! , rue Belhizy, ou il iut si inbumainement massacre deux joursapres.
Rue des Orfevres, n ,,s 4 et 6, etait Thotcl desTrois-Degres, surremplacement duquel les orfe\res firent hatir, en 1399. la chapem.e* Sr-Er.oi et rhopilal de ce nom , fonde ponr recevoir et alimeuter lespauvres orlevres. Cette cbapelle iut reedifiee sur les dessins de Phili-beri de Lornie; c’etait un joli edilice, oü l’on vovait d’asse^ bonnes fi-gures de Oermain Pilon.