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VILLE DE PARIS. — D1XIEME ARRONDISSEMENT. — N° 37. QUARTIER DE LA MONNAIE.

— Par le premier, ils ont afferme tous les reveiius fixes de l’ab-bave, pour la sorame de cent mille francs; plus un pot-de-vin de neufmille lVancs payes comptant pour etre distribues aux domesliques deM. de Bissy ; plus six mille livres au sieur Guillier, pour ses appointe-meuls d’une aimee. — Par le second, ils ont afferme les droits casuels,lots et ventes, pour le prix de ciiupiante-cinq mille livres pur an.— Parie lroisieme, ils s’engageaient ä payer soixante-cinq mille livres, pour leseclnis anderes. — Cette derniere cession donna lieu a un proces. Dansla discussion qu’occasionna ce proces, il appert qu’une maison et terrainsituee ä Paris, rue de Bourbon, avait ete achetee par un sieur Ribalier,par adjudication forcee, moyennant cinquante-neuf mille livres, et quele droit de lots et ventes revenant an Cardinal de Bissy, abbe de St-Ger-main des Pres, se montait ä quatre mille neuf cent seize livres treize sousquatre deniers; par consequent ä peu pres au double des droits d’enre-gistrement actuels. — lln acte de la meine epoque constate qu’il existaitalors des impöts somptuaires dont l’abbe de St-Germain n’etait pasexempt. Un de ses parents, l’abbe de St-Fargeon, payait au roi, pour unmaitre d’hölel et un valet, dix-neuf livres dix sous; pour un cuisinier etune servante, treize livres dix sous; pour deux laquais et un postillon,sept livres dix sous.

L’abbaye de St-Germain des Pres fut supprimee en 1790; ses bati-ments devinrent propriete de l’Etat; c’est sur lern* emplacement qu’ontete coustruites les rues de l’Abbaye et de St-Germain des Pres. L’abbede St-Germain, qui avait plus de cinquante domestiques, payait ä lui seulpour impöt somptuaire une somme qui depassait quatre cents lVancs.

L’eglise St-Germain des Pres est le plus ancien edifice religieux deParis; sa longueur est de 98 m. 50 c.; sa largeur, saus y comprendreles cliapelles qui l’entoureüt, est de 22 m. 73 c. L’iulcrieur presented’abord une nef, separce des bas eoles par cinq piliers a droite et autanta gauebe, supportant des arcades a plein cintre ; chaque pilier se com-pose d’un massif ou sont engagees quatreculonnes de diverses dimensions.Vers les deux tiers de la longueur de l’cglise est un grand autel; a l’ex-tremite du choeur est un autre autel, derriere lequel on a ajoute un re-table en pierre. Le choeur est entoure de colonnes isolees, qui supportentsur les cöles des arcades ä plein cintre , et au rond-point des arches euogive; les fenelres du choeur et du rond-point sont aussi en ogive. Deuxtours pyramidales se trouvent du cöte oriental de l’edifice; une lroisiemeest ä l’entrce de 1’eglise.

Apres la mort de Childebert, l’eglise St-Vincent deviut la sepultureordinaire des rois et de la famille royale, jusqu’ä l’epoque ou Dagobertla fixa ä St-Denis. Dans le choeur, on voyait sur leurs tombes les figuresde Chilperic, de Fredegonde, sa femme, de Clolaire II, de Berlrade, sapremiere femme , de Chilperic II, et de sa femme Bilichilde. — Lesmausolees les plus remarquables apres les tombes royales etaient ceuxde Guillaume et de Jacques Douglas ; de Jean Casimir, roi de Pologne ;du Cardinal Furstemberg , ouvrage de Coysevox ; du savant P. Danes,eveque de Lavaur; de Louis de Castellan, ouvrage de Girardon; de l’abbeRenaudot. — Les restes morteis de Boileau Despreaux furent deposesdans cette eglise en 1819 ; une inscription latine, gravee sur une tablede marbre noir, marque l’epoque de la mort et de la translation des restesdu poete celebre. A la meine epoque, ou y a egalement transporle lecorps de Descartes et les restes de Mabillon et de Monlfaucon.— L’cglisedel’ahbaye St-Germain des Pres fut couvertie en paroisse en 1791. En1793 cette eglise recut le nom de maison de l’Unile, et on y etablit unefabrique de salpetre. Au commencement de la revolution les llieophilan-thropes y tinrent leurs seances ä des heures oii le culte catholique n’ctailpas celebre. C’est aujourd’hui la premiere succursale de St-Sulpice.

L’abbaye de St-Germain des Pres ctait occupee avant la revolution pardes religieux de la celebre congregalion de St-Maur, qui y avaienl formeune riche bibliolheque, ä laquelle furent incorporees par la suite lesbibliotheques de l’abbe d’Estrees , d’Eusebe Renaudot, de l’abbe Bau-drau, etc., etc. Gelte bibliotheque, Tune des plus curieuses de Paris parle nombre des volumes, la beaute des ouvrages et ia rarete des edilions,fut consumee par un incendie dans la nuil du 19 au 20 aoüt 179 4.

Palais de 1’Institut, ci-devant College Mazarin ou des Quatre-Na-tions, fonde en 1661 parle Cardinal Mazarin, pour i’instruction des

enfants des geulilshommes ou des principaux bourgeois de Pignerolleset de son territoire, d’Alsace et de pays d’AHeniagne, de l’Etat ecclesias-tique, de Flaudre et de Roussillon. Ce palais, bati sur i’emplacement dela tour de Nesle, fut commence sur les dessins de Levau, et aclieve a lafin de l’annee 1682, par Lambert et Dorbav. Le Cardinal avait legue auCollege sa bibliolheque, la somine de deux millions de livres pour les fraisde sa conslruclion, el un revenu annuet de quaranle-cinq mille livres.

Le College des Qualre-Nations servil pendant la revolution de maisonde depöt, ou les particnliers arretes etaient incarceres, pour aller ensuiteaugmenter le nombre des delenus que renfermaient alors les nonibreu-ses prisons de Paris. Le comite central de salut public du deparlement,instilue pour faire executer les dccrets de la convenlion nationale, y te-nail ses seances. Ce comite, compose de douze membres et d’un Presi-dent, s’assemblait tous les jours entre cinq et six heures du soir, et res-lait en seance jusqu’ä onze heures.

Apres le retour de l’ordre, les batirnenls du College des Qualre-Na-lions fureutafieclesaux seances de l’Iustilut, foude par la convenlion na-tionale, ie 3 brumuire au v (26 octobre 1795), pour remplacer lesaca-demies francaise, des inscriplions et des beaux-arts, supprimees en 1793-Üne ordonnance royale, du 21 mars 1816, asubstitue aux quatre classesde L’lnstilut, (piatre academies ; depuis , une ordonnance royale du 26octobre 1832 a elabli une cinquicme academie. Ces academies preimentrangselon l’ordre de leur fondation, et sont denommees ainsi qu’il suit,savoir : 1° l’academie francaise; 2" 1’academie royale des inscriplionset belles-lettres; 3° l’acadcmie royale des Sciences; 4° l’academie royaledes beaux-arts; 5" l’academie des Sciences morales et poliliques.

Le palais de rinslilut se compose d’une premiere cour avec desavant-eorps sur les ([ualre faendes, et des pans coupes sur les angles. Lesavanl-carps ä droite et ä gnuehe pi csenlent chacun un portique eil ar-cade, decore de pilastres corintliiens ; l’un mene aux salles particulieresde lTnslitut et a la bibliolheque Mazarine; Pautre conduit a ranciemieeglise des Quatre-Nalions, Iransformee aujourd’hui en une salle pourles seances puliliques de rinslilut. A la suite de cette premiere courils’en trouve unebeaucoup plus vaste, dont les batiments ont ete aclievesrecemment. — L’elevalion de la facade du palais , placee e:i regarddu Louvre, produit uu eilet pittoresque et theätral; eile est composet*d’un avant-eorps surmonle d’un dome, au inilieu d’un demi-cercle, quetermmeiit deux gros pavillons, et presente dans quelques parties une imi-talion de l’anlique.

La bibliotheque Mazarine a ete fondee par le Cardinal Mazarin.Le savant Gabriel Naude, qu’il avait charge de la former, choisil leslivres cliez les libraires de Paris, et voyagea ensuite en lfollaiule, enHabe, en Allemagne, en Angleterre; et les lettres de recommandationdont il etail porleur lui taciliterent les moyens de se procurer les ouvra-ges les plus rares et les plus curieux. En 16 48, la bibliolheque se com-posait de quaranle mille volumes et etait deja publique (celle du roi ne ledevint qu’en 1"37). Le cardinal Mazarin la donna par testament au Collegequ’il fondait et qui devait porter son nom. Elle comple aujourd’liui presde cent mille volumes imprimes et quatre mille cinq cents manuscrits.

Oulre cette bibliotheque, le palais en renferme une seconde, celle del’Institut, qui est prccieuse par le nombre des ouvrages modernes qui ysont deposes. On ne peut etre admis a consuller les livres que renlenuecette bibliotheque qu’apres y avoir ete presente par un memhrc derinslilut.

L’hotel des Monnaies. Cet hotel a eie bati sur Vemplacenienl de l*hö-tel des ducs de Nevers, lequel, apres rextinction de celle maison, devintla propriete du secretaire d’Etat (iuenogaud, qui y fit faire des augmen-tations considerahles. La princesse de Conti aequit cet hotel, auquel eiledonna son nom, en erhänge de la belle terre du Boucher el de Tancierihotel Conti, qui a porte plus tard les noms d’hotel deLauzun el d’holel de JaRoche-sur-Yon. Le prineede Conti y moui ulen 1776 dans l’impenitencefinale, et refusa constamment de recevoir les secours de l’Eglise. C’esl Iepremier qu’on eite de la maison de Rourhon , jusque-la tres-edilumtedans ses derniers moments.—On trouva dans son mobilier plusieurs mil-liers de bagues, constalaut ses conquetes amoureuses; il fallait que lafemme avec laquelle il couchait lui donuat sa bague ou son aimcau, qu’il