Band 
Vol. 3.
Seite
275
JPEG-Download
 

VILLE DE PARIS.

DIXIEME ARRONDISSEMENT. — N° 37. QUARTIER DE LA MONNAIE.

275

X

payait Lien, sans doute, et qu’il etiquetait sur-le-champ du nom de l’an-cienne proprielaire.

L’ancien hötel des monnaies, qui etait situe rue de ce nom, ä l’endroitoii on a perce la rue Boucher, tombant en ruines, le contröleur gene-ral des finances assigna a la reconstruction d’unhouvel hötel des mon-naies l’emplacement de l’hötel Conti, et confia la direction des travanxä l’architecte Antoine. L’abbeTerray posa la premiere pierre de ce ma-gnifique bätiment le 20 avril 1771, sans pouvoir faire oublier aux Pari-siens qu’il suspendit les rescriptions.

L’hötel des Monnaies a sa principale facade sur le quai; sa longueurest de 120 m. environ; eile est percee de trois rangs de croisees, et cha-que rang de viugt-sept fenetres ou portes. Le rang inferieur ou celuidu rez-de-cliaussee, oi'ne de refends, forme soubassement.Au centre estun avant-corps, dont l’etage inferieur, perce de cinq arcades, sert d’en-tree, et devient le soubassement d’une ordonnance ionique composee desix colonnes. Cette ordonnance supporte un entablement a consoles etun attique orne de festons et de six statues placees ä l’aplomb des co-lonnes : ces statues representent la Paix, le Commerce, la Prudence, laLoi, la Force et l’Abondance : ouvrages deleComte, Pigalleet Mouchi.

Au-dessous, au niilieu des cinq arcades de cet avant-corps, est cellequi sert d’entree principale. La porte est richement decoree d’ornementsen partie dores. Dans le Vestibüle qui se presente ensuite, sont vingt-qua-tre colonnes doriques cannelees. A droite est un magnifiqiie escalier en-richi de seize colonnes doriques.

Le plan de cet edifice se composedehuitcours, entourees de batimentsdont la destination est diverse.

Eu montant par le grand escalier , on arrive au cabinet de minera-logie, qui occupe, au premier elage, le pavillon du milieu de la facade.Ce cabinet est decore tout autour de vingt colonnes corinthiennes, degrande proportion, en stuc, couleur de jaune antique, supportant unevaste tribune. Cette tribune, les galeries et les cabinets qui y communi-quent, sollt garnis d’armoires , qui contienuent des objets miueralogi-ques, des dessins, des modeles de machines, etc.

La facade, en retour sur la rue Guenegaud, a 116 m. d’etendue :moins riche que la facade qui se presente sur le quai, eile n’en est pasmoins belle. Deux pavillons s’elevent a son extremile; et un troisieme aucentre : les parties intermediaires n’ont que deux etages; celui du rez-de-chaussee forme soubassement, et l’etage snperieur un attique. Dans cettepartie de l’hötel des Monnaies est deposee la colleclion de tous les coinset poincons des medailles, pieces de plaisir et jetons qui ont ete frappesen France depuis Charles VIII jusqu’ä nos jours, ainsi qu’une grandequantile de coins et poincons appartenant ä divers graveurs et editeurs.

Condorcet logeait a l’hötel de la Monnaie, a l’entresol. — C’est äl’angle gauche de la Monnaie, au troisieme etage, que demeurait Bonapartetoutes les fois qu’il avait permi ssiou de decoucher de l’ecole militairepoui aller clicz M. de Permon, pere de la duchesse d’Abrantes.

L<! palais des Beaux-Arts, situe rue des Petits-Augustins. L’ecoleou pa ais es Beaux-Arts a remplace l’ancien couvent des Petits-Augus-xns, ont voici l’ongine. L a reine Marguerite de Valois, premiere femmeenn , ayant abaudonue son hötel de Sens par suite de l’assassinatde son favon, v.nt demeurer daus le f allb ourg St-Germain, oi, eile fit

Dame dlT 6 " KIUe chapelle sous l’mvocation de Notre-

elle donn ouall S® s ’ esse rvie par des augustins dechausses, auxquelsä la co^d h Une "“TV U “ ja,dili et si * -»ine livre.de reute perpetuelle,jar des abs n * S ° lailt ® u, ' ent des cautiques et les louanges de Dienparait n’aiim^ S ‘' a,e, ‘ l f al/s P ar s »n ordre. Ces peres, qui, a ce qu’illes cbässa TmirF™. mUS ‘ que ’ »’o^tinerent äpsalm, odier; la reine,™‘ a „! e “ r 1 : hce \ ea le '2, d’autres augustins qui chantereut

sur |o,| S lesuurs q,,',! a lade leur obeissance,

lerne de leur imposer. En reconnaissancee pimcesse leur permit de prendre dans ses im-

-leur penn

menses jardins un vaste emplacement ou ils construisirent un monastereet une eglise, qui turent acheves en moins de deux ans, saus autre se-cours que les anmönes journalieres du peuple.

Lors de la Suppression des couvents et de diverses eglises, la commis-siou des monuments arreta, en 1791, que le couvent des Petits-Augus-tins servirait de depöt aux differents objets d’art qu’on en avait enleves.

Le gouvernement, ayant fait placer ces monuments sous la direction deM. Alexandre Lenoir, erigea ensuite ce depöl en musee des moiiu-ments francais, qui fut ouvert le 1 er septembre 1795.—La restaurationne respecta pas la riche colleclion des Petits-Augustins, qui reunissaitplus de cinq cents monuments de la monarchie, classes chronologique-ment dans huit salles, construites elles-memes avec des debris d’anciensmonuments. Dans les trois cours de l’edifice, on voyait les facades prin-cipales des chateaux d’Anet et de Gailloa, et les facades de portes, debalcons et d’autres decorations , egalcment construites avec d’anciensfragments , dans le style et le goül de l’ai'diitecture du xiv c siecle. Ensorlant des cours, on entrait dans un jardin dessine et plante en iacond’Elysee : lä, dans des sarcophages de forme antique, poses sur despelouses d’un gazon toujours vert, sous des peupliers et des platanes,reposaient, legerement ombrages par des lauriers qui se melaient auxcypres , aux myrles et aux rosiers , les resles du marechal de Turenne,d’Heloi’se et d’Abailard, de Deseartes, de Moliere, de la Fontaine, deBoileau, de Mabillon, de Montfaucon. C’est en 1816 qu’on eut l’idee,veritablement barbare, de detruire le musee des monuments francais ;mesure desastreuse, qui occasionna la perte d’une multilude d’objetsprecieux, brises dans le transport ou non remis en place et disperses.

Le palais des Beaux-Arts, auquel oiramve par deux cours que separel’arc de Gaillon, a ete construit en 1832; il renferme un grand nombrede salles decorees dans le goütde la renaissance, et servantaux exposi-tions des envois de Rome et des eleves de l’ecole. L’une de ces sallesrenferme les tableaux ou esquisses de tous ceux qui ont remporte lespremiers grands prix depuis plus d’un siecle. Dans une salle du rez-de-chaussee, on voit la copie du Jugement dernier de Michel-Auge , exe-cutee par Sigalon ; dans cette meme salle sont les tombeaux des Medicis,et les charmants has-reliefs de Ghiberti.

L’Abbaye , situee place de l’Abbaye et rue Ste - Marguerite , n° 22.Ce bätiment, tres-solide et isole, est la prison de la justice de l’ancieuseigneur abbe de St-Germaiu des Pres, qui avait aussi autrefois, au centredu carrefour, une echelle palibulaire et un pilori. Les cachots de cetteprison monacale sont horribles; un prisonnier a peine a s’y tenir debout.

Dans le cours de la revolution, la prison de l’Abbaye, oü l’on renfer-mait une foule de detenus de tout äge et de toutes conditions, fut letheätre de scenes atrocement sanglantes. Le 30 juin 1789 , le peuple eilenfonca les portes pour delivrer les soldats des gardes francaises quiavaient ete enfermes dans cette prison pour n’avoir pas voulu tournerleurs armes contre leurs concitoyens dans la journee du 1 i juillet.— Les2 et 3 septembre 1792, sur deux cent trente-quatre prisonniers quietaient renfermes a l’Abbaye, cent trente et un, dont dix-huit pretres,ont ete massacres, trois se sont suicides et quatre-vingt-dix-sept ont etemis en liberte. Entre les deux guichets qui separaient la prison du lieude rexecntion , il s’etait etabli un simulacre de tribunal composc dedouze liommes qui remplissaient les fonctions de jures, et qui etaientpVesides par le fameux Maillard. Ces jures improvises environnaient unetable ou etait le registre des ecrous. L’interrogatoire etait court et l’ins-truction sommaire ; I’accuse juge coupable etait condamne par une for-mule mysterieuse qui n’etait pas comprise de l’accuse : les juges pro-noncaient l’arret de mort en disant : J la Force ; le condamne croyaitqu’on allait le conduire dans une autre prison, il suivaitses guides quilemenaient ä la porte exterieure, ou il etait massacre ä coups de sabre. Ceuxque cet affreux tribunal absolvaient sortaient accompagn^es des satellit.esdes massacreurs, qui criaient: Vwe la nation, et ils se retiraient sans peril.

Au nombre des prisonniers detenus ä l’Abbaye , on eite : le duc deBeaujolais, Sombreuil, Cazotte, Journiac de St-Meard, Barnave, Char-lotte Corday. L’abbe l’Enfant, Vabbe Cbapt de Raslignac et M. deMontmorin, ministre des affaires elrangeres sous Louis XVI, y perirentlors des massacres de septembre. Le ministre des finances Clavieres sefrappa de trois coups de couteau en 1793, pour se soustraire ä la peinecapitale. Le 18 brumaire an n, M' l,e Roland sorlit de celle prison pouraller ä l’ecbafaud.

Apres la revolution, la prison de l’Abbaye redevint comme avant uneprison militaire. Le general Malet y sejourna pendant quelque temps.Le brave general Bonnaire, qui defendit si vaillamment la ville de Conde