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VILEE DE PARIS. — ONZIEME ARRONDISSEMENT. — \° 42. QUARTIER. DE L’ECOLE DE MKDEUNE.
s’occupait exclusivement de litterature. L’elite des gens de lettres et deshabitues de la Comedier-Fancaise s’y reunissaient sous la piesidence dePiron. C’est lä que se decidait le sort des pieces nouvelles, et que le juge-meut du public etait revise quelquefois avec beaucoup d’irreverence.C’etait ä cette ecoie, dont les professeurs avaient tous fait Ieurs preuves,que se tormait le parterre de la comedie franeaise.
C’est au caie Procope qu’arriva aSte-Foix, auteurdes Recheiches surParis, la fameuse aveuture de la bavaroise, Enirant unjour dans ce cafeä une heure apres midi (moment de la journee 011 on dinait alors äParis), il vit un particulier qui Lrempnit une flute dans une bavaroise aucbocolat. Ce diner peil substantiel parut extraordinaire a Ste-Foix, qui neput s’empecher de dire assez haut pour etre entendu. <». Yoilä un f...udiner! » FormalUe de cette apostrophe, ie particulier qu’elle coneernaitse leve et en demande raison a Ste^Foix, qui acceple la partie, tout enlui faisant observer qu’il n’en est pas moins vrai « qu’il venaitde faireun f...u diner. » O 11 sort; Ste-Foix reeoit un coup d’epee, et son adver-saire lui temoigne tous ses regrets de i’avoir blesse. « Ce ne sera rien,dit Ste-Foix , je ne vous en veux aucunement ; seulement, avouez quevous faisiez un f,..u diner. >»
Zoppi, successeur de Procope, teuait daus ce cafe un cabinet litterairetres •frequente sous le consulat.
Rue et place de l’Od&on. demeurait en 1793 Camille Desmoulins,fils d’un lieutenant general, eleve ä Paris au College Louis-le-Grand, oüson pere avait ol>tenu une bourse pour lui en 1776, et oü il fit connais-sance de Robespiorro et de St-Just.
En 1791, Camille Desmoulins epousa Anne-Philippine-Louise Du-plessis Laridon, jeune fille ravissante de beaute, d’esprit et de talents,qui joignait ä ces heureux dons l’amour ardent de la liberte. En voyantCamille Desmoulins, en Fecoutani surtout lorsque sa voix appelait auculte de l’augusle et sa inte liberte, M l,e Laridon l’aima de tout l’aniourqu’elle avait dans Farne. Encourage par eile, Camille la demanda et Fob-tint. Ils furent maries par Fabbe Renadier, ancien principal du CollegeLouis-le~Grand, et les deux temoins de Camille furent deux de ses an-ciens condisciples, St-Just et Robespierre; ceux-lä meme qui plus linddevaient etre ses assassins. — Depute de Paris äla Convention nationale,oü il vota la mort de Louis XVI, Camille Desmoulins fut deorete d’ae-cusation, arrete dans la nuit du 30 au 31 mars, traduit avec Danton ,Lacroix, etc., etc., au tribunal revolutioimaire, condamne ä mort, etexecute avec eux le 5 avril 1794.
Au n°31, demeurait et est mort en 1835 le spirituel et originalromancier Pigault Lebrun.
Rue de Vaugirard , n° 20 , demeure M. Jui.es Janin, surnommepar quelques-uns le prince des critiques de notre epoque, et par d’au-tres le Freron du xix e siede.
La place de l’Ecole-de-M£decine a ete formee sur Femplaeementdu couvent des Coruelxers, fonde au coia de la rue de l’Observauce en1230. L’eglise, bätie par les liberalites de samt Louis, fut dedioe en1262, rebätie de 1582 äl606 ; le cloitre date de 1683. Le couvent desCordeliers a ete supprime en 1790, mais les batiments ont ete en grandepartie conservcs; le refectoire, qui presente la forme d’une eglise, etqui se trouve en face de la rue Ifauteleuille, est dans son exilier ; Feglisea ete demolie, et Fon a converli le terrain en une place qui laisse a de-couvert l’ecole de medecine; les jardins ont ete utilises pour des pavil-lons de dissection.
La salle d’etude de theologie pour les novices fut occupee en 1790par le iameux club des Corxjeliers, dont Danton et Camille Desmoulinsfurent les prineipaux orateurs. Ce club, forme au Palais-Royal, avaitaussi tenu ses seances rue Dauphine, dans le local ou Fon a vu depuisle llieätre des Jeunes-EJeves. Quand Robespierre eut obtenu les totesde Danton, de Chaboi, de Bazire, de Vincent, de Ronsin, de Momoroet de quelques autres membres influQnts des cordeliers, ce club perdittoute sa puissance, et bientöt apres il cessa d’exister. — Les cordelierseontribuerent puissamment a Fetablissement de la republique. C’est deleur club que sortit cette fameuse petition du Champ-de-Mars (14 juillet1791), qui demahdait la decheance du roi fugitif.
C’esl dans le jardin du couvent des Cordeliers que fut enterre Marat,le 16 juillet 1783.
I/anciemie eglise des Cordeliers rexiferniait les lombeaux de Margue-rite de France, femme de Philippe le Hardi; de Jeunne de France et deNavam*, femme de Philippe le Rel; le cceur de Philippe le Long. Dansla nouvelle eglise on voyait les tombeaux du savant Nicolas de Lira ; dudialeetilieii Jean Scot; de Haies, precepteur de saint Thomas et de saintBonaventure ; du prince de Carpi; de Fhistorieu Belleforets; du conne-tabie de Sl-Pol, deeapite sous Louis XI; de dou Antoine, pretendant ala couronne de Portugal, qui ful cliasse de ses Etats, et mourut dans lamisere en 1595 ; de Guillaume Lamoignon, premier president au parle-ment, et de Madeleine de Lamoignon sa fille.—Dans une immense galeriedu couvent des Cordeliers, formantledessus du cloitre, du cöte de Feglise,s’exceutait en 1787 parcinquante ä soixante ingenieurs ou dessinateurs,sous les ordres de Verniquet, le plan de Paris ordonne par deelarationdu roi du 10 avril 1783. — Dans la partie de ce couvent qui donnaitrue de FObservance etait la socicte du Musee de Paris fondee en 1780,et dont Moreau de St-Mery etait president en 1787.
Rue de l’Ecole-de-Mödecine, au coin de la rue de la Harpe, etaitFeglise de St-Come et St-Damien, erigee en paroisse en 1212, et de-molie en 1838, lors du percement de la nie Racine. La maison de saintCöme, fondee pour une ecoie speciale de Chirurgie, sous Louis IX, lutrebatie en 1694, et alfectce, en 1765, ä une ecoie gratuite de dessinpour les enlants pauvres, ecoie qui existe encore aujourd’hui.
Au u“ 4 etait le colleoe de Dainvillk , fonde en 1380 , supprimeen 1790, et converli en inaison pnrticuliere. C’etail un College de moyenexercice, ou Fon prenail des pensionnaires, qui payaient pour leur nour-riture cinq sous six deniers par jour et recevaicnt cliaeun une voie dehois.
Le collöge de Bourgogne , fonde en 1331 par Jeanne de Bourgo-gne, pour vingt pauvres ccoliers de la province et cornte de Bourgogne,reuni a Funiversite en 1764 et vendu en 1769 , se trouvait sur l’ern-placement oii a ete eonstruite l’ecole de medecini'.
La porte St-Germain , qui faisait partie de Fenceinte de PhilippeAuguste, etait a Fextremite de la rue du Paon, ä Fendroit oü est Fan-cieune l'ontaine des Cordeliers, eonstruite apres la demolition de cetteporte en 1673.
Dans laniehe d’oü sort la fontaine, estgravee, sur une table de marhrenoir, cetle inscriplion ;
|)u n '.j, ne de ljüiiifi le Onuul, la pmte St-Geritinin, qui etoit eil ee lieu, a demulieeu l’aiiiu-u 167 a, |)iu l’nrtli'e de MM. lea ,iltivi>t des iiiaieliiinds el cclievilis, eil exfc-eulitm de l’airel du cunseil du 19 i'iiüt iiudil an, el la presente inscripliun apposeeSllivaut Tairel du ennseil du ?y scj.leinlirr 1 ( 173 , pour murqilrr Teudroil 011 lltoitcette porte, et servir ce que de raison.
Au n" 18 esl une inaison hislorique, oii l’on entre par une porlecochere, en face laqnelle se trouve une cour peu acree. C’est au Pre-mier elage que demeurait Marat, el c’est dans un ealtinel qui donnesur cette pelile cour, au-dessus du puits, qu’il lut assassiue le 13 juillet1793, par Charlotte Corday. Cette maison, aujourd’hui si paisihle, futpendant longtemps le ceutre d’agitations, de fureurs et de delations.C’est de lä que partirent les coups les plus rüdes qui aient ete portes aulione de Louis X.VI, au tcinps oii lo club des cordeliers etait ouvert.Lä, Danton, qui demeurait dans la cour du Commerce, venait, eu pas-sant, cliercher Marat, ou l’appelail d’une voix lonnanlc , au pied del’escalier en pierre par littjuel ou arrivait au modeste appartement dufougueux montagnaid. Ici accouraient Collot-d’Herbois, Billaud-Varen-nes, Chaumetie, Chahot, Legcndre, St-Just, Kobespierre, etc.
Le 13 juillet 1793, Charlotte Cotday se preseuta r.hez Marat ä cinqlieu-res dusoir; cejour lä sa toilelte respirait uue Sorte de coquetterie simpleet sublime; un large ruban vcrl retenait ses cheveux lisses et un cliignond’oii s’eehappaient des boucles onduleuses. A voir cetle femme si belle,sou fronl d’une blancheur animee, son air de decence, ses levres fraiches,' qui se serait iinagiue que ses niains delicates allaieut etre tacbees de sang.
; Marat etait au liain : il enteml la voix de la jeune fille, qui insiste pouietre rt't;ue, et ordoune de rintroduire. Maral l’iulerroge, et saebant