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VILLE DE PARIS. — ONZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 42. QUARTIER DE LECOLE DE MKDEC.INE.

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cora de quatre chamiants bas-reliefs sculptes par Esparcieux, represen-tant la Paix, l’Agriculture, le Commerce et les Arts. Sur les deux tacessont des conques eil marbre, figurant la partie superieure d’un vase* d’oiil’eau tombe daus des cuvettes qui laissent cchapper l’eau dans un bassincarre : tous les details et ornements sont sculptes avec beaueoup de goüt.Une autre fontaine se trouve pres des boueheries, du cute de la rue I.o-biueau. — La premiere pierre du marche St-Germaiu a ete posee le 15aoüt 1813, sur le terrain occupe precedemment par les loges de la loireSt-Germain; il a ete ouvert en 1818. C’est le plus beau marche de de-tail de la ville de Paris.

L’EcoIe de m6decine, situee rue de l’Ecole-de-medecine, n" 17.Cet edilice, conimence en 1769, sur les dessins de Gondoui», et acheve«u 1786, est compose de quatre corps de bätiments, environnaut unecour de 22 m. de profondeur sur 32 m. de largeur. La facade sur la rueen a 66. Le peristyle est forme de quatre rangs de colonnes ioniques.En second peristyle de six colonnescorinlhiennes, surmontees d’un iron-ton triangulaire sur Jequel Berruer a scidpte 1’Union allegorique de latheorie ä la pratique de la Chirurgie, annonce l’entree de ramphilheätre.Sur le mur du fond sont, dans des medaitlons, les portraits de J. Pitard,de A. Pare, de G. Mareschal, et de J. de la Peyronie, chirurgiens fa-meux. Cet amphitheatre peut contenir douze cents personnes, mais il«st trop ctroit pour une ecole qui ne compte jamais moins de trois milieetudiants. L’amphilhcätre est decore depeintures ä fiesque pur Gibeliu,Orne des bustes de Lamartiuiere et de la Peyronie, par le Meine. Dansla salle d’assemblee est un tableau de Girodet, representant Hippocratefefusant les presents qui lui etaient oflerts par les ambassadeurs du roide Perse, pour aller exercer son art chez les emiemis de son pays. Elleest environnee des bustes des anatomistes et des chirurgiens francais lesplus habiles. Une hibliotheque de trente milie volumes, placee dans l’aileSeuche du hätiment, est ouverte aux medecins et aux eleves munis d’unec arte, tous les jours, de onze ä trois heures ; aux meines heures on voit'*n magnifique cabinet, d’anatomie humaine et comparec, «ligue en toutde l'altention des curieux. Un cabinet de physique, des salles de dissec-tion, et des liospices de cüniqne, dependent de ce magnifique etablisse-nicnt, oü de nombreux professeurs euseignent toutes les parties de 1’art•le gnerir.

Le College St-Louis, situe rue de la llarpe, n u 94. Cet etabüsse-fent occupe aujourd’lmi une partie de l’einplacenient oü se trouvaieutautrel'ois les Colleges d’Harcourt, de Justin, et le jardin des Cordeliers.

Le coi.t.fc.k d’Harcourt, compose dans le principe de deux liötels si-bies vis-a-vis l’uu de l’autre, l'ul fonde en 1280 par Raoul d’HarcourtPour vingt-quatre pauvres etudiants des dioceses de Paris, de Rouen, deLoutances et de Bayeux. Son l'rere, Robert d’Harcourt, eveque de Cou-L'mces, le fit achever en 1311. l’lusieurs autres personues augmcnlerentlondalion de ee College eu dillerents teinps, entre autres J. Boucard,ev «que d’Avranches, cont'esseur et aumönier de Louis XI; GodelroyVerliert, eveque de Coutances, etc., etc. —Le College d’Harcourt etait1 Un des plus anciens de Paris , et le principal College de la ualion de

Normandie.

Laus le moyeu äge ou n’ctudiait guere le droit Canon ou civil que de'"'gt-ciuq ä trente ans. Souvent les superieurs des couvenls envoyaientdans les grandes ecoles quelques-uns de leurs religieux, qu’ils y entre-* e Uaient ä leurs frais. Plus lard, des bulles de Nicolas et de Bonil’ace VIIIPermilern pl us ieurs communautes religieuses d’aequerir des maisons•*us la ville et dans les faubourgs de Paris, pour v loger les religieux9" on y envoyait etudier la theologie et les arts liberaux. Les ecoliers duU'eme pays conservaient entre eux, ä l’universile, des relations tres-'Utimes ; souvent ils niettaient leurs intcrets en commun ; de lä vint laj, 1 ' 'fön des etudiants par nations on provinces. On en complait quatre a"uiversite de Paris : c’etaieut celles de Fram e, de Picardie, de Nor-“aridie et d’ Angleterre, remplacec au xv' siecle par celle A'AUemagne,j ^ ex ' s tence des ecoliers etait en general fort dure et fort miserable.eim de Hauteville, dans son Arehitrenius (lib. ru, cap. de miseriislo as, 'contm ), fait un tableau ellrayaut de la miserr et des supplicesJRxquels quelques-uns de ces nialbeurcux etaient quelquefois exposes.es ‘* l! peint ramme des etres en proie a toutes les tortures du froid et

de la faim, dont le visage pale et livide, decharne , presentait l’imagede la mort, a moitie nus, couchant sur la paille et vivant dans la plushorrible malproprete.

F.n 1763, le prix de la pension etait de 464 livres, plus pourles preceptcurs 520 livres, et pour bois et chnndelles 20 livres. Lesboursiers avaient un relectoire particulier, dans lequel on admettait desecoliers qui, saus etre pourvus de bourses, vivaient en commun avec eux;ce qui leur procurait l’avantage de ne payer qn'une modique pension.— Diderot, qui avait conimence ses etudes chez les jesuites, les achevaan College d'Hareourt.—Pres de la porte Saint-Micbel et attenant au Col-lege d'Harcourt, etait la maison oü Jacques Amyot derneurait eil 1574.

Les bätiments du College d’Harcourt ont ete demolis, et sur leur em-placement on a commence en 1814 un vaste edilice destine d’abord äun College, puis ä une maison de correction. Ln 1820 on lui a rendusa premiere destination.

Le coT.i.EOK de Justix avait ete fonde en 1354, en execution du tes-tament de Jean de Justin, dont il a retenu le uom. II a eie supprimeeu 1790.

Le marche ä la volaille, situe quai des Grands-Augustins, surl’emplacement du couvent de ce uom. Il consiste en trois liefs; eelle surle quai est destinee a la veute en detail, et les trois autres ä la vente enB«».

Les auguslins vinrent s’elablir ä Paris vers l’an 1250; on les uom-mait alors les ermiles de Saint-Augustin. La premiere maison qu’ilshabiterent etait situee quartier Montmartre, dans la rue qui porte au-jourd’lmi le uom de rue des Vieux-Augustins. Quelques auteurs pensentque l’eglise de Ste-Marie Egyptienne, qu’on liomina plus lard, par cor-ruplion, de la Jussienne, leur a servi de chapelle. En 1302, les augus-tins vinrent demeurer pres du couvent des Bernardins. Plus tard, lespenitents du nom de saehets ou sachetins, que samt Louis avait etablissur la rive gauclte de la Seine, cederent leur place aux auguslins, dontl’eglise et le monastere furent acheves sous le regne de Charles V. Cetteeglise fut dediee en Phonneur de sainle Anne, sous le regne de Char-les VII, en 1443 ; eile renfermait la chapelle de l’ordre du Saiul-Esprit.Plusieurs personnes de distinction ont ete iidmmces dans eette eglise,telles que : Philippe de Comines, qui v avait un magnifique mausoleedont les statties ont ete placees au musee de Versailles et les bas-reliefsau musee du Louvre; Reniy Belleau, poote du xvi' siecle; Gui Dufaur.seigueur de Pibrac, mort en 1584 ; Claude Tardif, conseiller ati parle-ment, assassine par les ligueurs en 1591; le casuiste Sninte-Beuve; leeompositeur de musique Eustaelie de Caurrov, etc., etc. Plusieurs sallesetaient ornees des portraits et des armoiries des Chevaliers du Saint-Esprit. — C’est dans i’eglise du couvent des Grands-Augustins que Hen-ri III tinl le cliapitre des Chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit, qu’iliustitua en 1578. Ce fut dans la grande salle de ce couvent que Marie deMedicis fut declaree regente. Les assemhlees du clerge se tenaient ordi-naiiement dans les salles du couvent des Augustins; la cmir des comptesa occupe ces salles pendant qu’on reconstruisait le palais de justiee. En1716 le parlement iustitua aux Grands-Augustins une rhnmhre de jus-tice chargee de poursuivre et de punir les malversations eommises dansles linances. Une chambre dite des vacations v fut aussi etablie en 1720.

Le monastere des Grands-Augustins , supprime en 1790, etait situesur le quai de son nom, dans l’emplacement occupe aujoiird’hui par larue du Pont-de-Lr,di et par la halle au gibier el ii la volaille. — Au coinde la ruePavee, el a l’angle que formait l’eglise des Augustins, on voyaitun has-relief gothique representant une satisfaction faite, en 1440, auxreligieux de ce monastere, par des huissiers qui avaient nrrete dans leureloitre un religieux accuse de crimes scandaleux.

VARIETES I1ISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUE9.

Rue de l’Ancienne-Comüdie, n" 13, est le eafe Procope oü se ras-semblaient les beaux esprits du regne de Louis X V. La renommee de cerate n’est etrangere ui a l’bistoire politique du wnr siecle. ui ä la Phi-losophie. comme on peut le voir par la correspondancc lilteiaire deGrimm. Voltaire, Piron, Ste-Ioix etaient les hahitues de ee eafe ,oü l’on