306 VILLE DE PARIS. — ONZ1EME ARRONDISSEMENT. — N° 43. QUARTIER DE LA SORBONNE.
de ce nom, et dont l’eglise avait pris le nom de St-Mathurin, ä l’epoqueoü la ehässe de ce saint y avait eie deposee pourla souslraire ä la rapa-cite des Normands. En 1228, les religieux de la Ste-Ti inite de la rc-demption des captifs furent mis en possessio» de cette cglise, et prirentle nom de niathurins. — L’ordre des matimrins fut supprime en 1790.L’eglise, oii l’on voyait le tomheau de l’historicn Robert Gaguin et ce-Iui du mathematicien SacroJIoseo, a eie demolie. Les bätiments con-venluels ont eie converlis en maisons parliculieres.
Place de la Sorbonne ctait le College des dix-huit, fonde versi J/i, ef demoli a l’rpoque oii on rebatit la Sorbonne. Non loin de laetait le College de Calvi, fonde en 1271, et sur l’emplucemeiU duquela ete batie l’eglise de la Sorbonne.
Le College de Cluny, fonde en 1269, occtipail l’espace circonscritpar les rues de Cluny, des Orrs, de la ilarpe et place de la Sorbonne. Jia ete supprime en 1790, et translorme en maisons parliculieres. Lacbapelle a longlemps servi d’alelier au j eintre David, qui y a execnteles helles pagesdu sacre de Napoleon, dela dislribulion des aigles, etc.;eile a ete deinolie ea 1833.
Aux n üS 2 et 4 etait 1’hötel de Theologie, qui possedait troischaires de fondation royale; denx de thcologie positive, fondees par Hen-ri IV en 1598, et une de conlroverse fondee par Louis XIII en 1616.Dans la classe, qui etait vaste et fort elevee, on prononcait chaque nn-nee le panegyrique de Louis XIV.
Rue des Marons-Sorbonne, u" 1, demeurail et est mort en 1810M. Treillard, membre de l’assemblee Constituante, de la convent onnationale, ncgnciateiir du traile de Campo - Forniio, amhassadeur äNaples, membre du directoire de la republique francaise, et le principalauteur du code peual et du code d’instruction criminelle.
Au n° 21 demeurait et cst mort le bon et estimable J.-A. Dulaure,membre de la convention nationale, du eonseil des cinq eents, et auleurillustre de la meilleure Histoire de. Paris qui ail encore ete publice Eulisant les noms plus ou moins insignifiants que Paulorite munieipaleinscril au coin de quelqnes-unes des rues de Paris nouveilement per-cees, on est ctonne qu’elle n’ail pas encore songe ä donner le nom de cecelebre historien ä une de ces nouvelles Communications. Nous avonsdejä les rues Felibicn et Lobineau; pourquoi n’avons-nous pas encore larue Dulaure?
Gloitre St-Benolt et rue St-Jacques, n" 96, etait 1’eglise St-Benoit. Des avant le ix* siede, il exisiait en ce lieu une cglise dediee ala Ste-Trinile sous le nom de St-Bache. En 1050, cette cglise avant eteabandonnee, Ueuri I er Paccorda au chnpitre de Notre-Dame. Plus tardeile fut erigee en paroisse, et devint une collegiale qui prit dans la suitele nom de St-Beuoit, parce que les religieux qui ia desservaient sui-vaient la regle de St-Benoit. Au xn e siede, le celebre jurisconsulteReue Clioppin a ete enteile dans cette cglise, ainsi que J. d’Aurat,pocte du xvi p siede; J.-B. Cotelier, savant helleniste; Claude Perrault,arcbilecle auquel on doit l’admirable colonnade du Louvre; Cli. Per-rault, son freie, de l’Aeademie iiancaise; les graveuts Chateau, Pitau,Poillv, Roullet et Van-Schuppen; Foy-Vaillant, savant antiquaire; lesimprimeurs le Noir, Badius, Voscossan, Morel, Nivelle, le Petit,Marlin, Cramoisy, Leonard et Thierry. — L’eglise Si-Renoil fut sup-primee eu 1790 et vendue comme propriele nationale. Aprcs avoirlonglemps servi de magasin, eile a ete transformee en 1832 en solle despectacle, ou i’on represenfe des drames et des comedies-vaudevilles, etqui porte le nom de thbatre du Pantheon.
Rue des Cordiers, n° 23. Il y avait, vers Ia fin du xvm® siede,c une maison garuie d’assez cbelive apparcnce, qui portait le nom ü’hotel, de Sr -Quentin, qu’habiterent Giesset, Mably , Condillac , et out J.-J. Rousseau descendit la premiere fois qu’il vint ä Paris, dans Pau-tomne de 1741. Il revint liabiter cet hötel ä son retour de Venise (en1743 ou 1744); et c est lä qu il fit (en 1745) connaissance de Theresele Vasseur, liaison indigne de lui, qui eut la plus triste inlluence surson sort. On sait que Rousseau quilta l’hotel St-Quentin pour aller ha-
biter Photel Pontchartrain , rue Neuve-des-Petits-Champs, et ensuitePhotel du Languedoc, rue de Grenelle St-Honore, n u 3.
Rue des Gres, n° 11, etait l’enlree du couvent des Jacobins, donll’enclos s’etenduit de la rue St-Jacques ä la rue de la Harpe. Les jaco-bins eurem pour origine une petite eommunaute commencee en 1217par le zele de sept religieux que saint Dominique envoya ä Paris, et quis’etablirent bors des murs de la ville, dans I’höpilal du doyen de Sl-Quentin, ou il y avait une cbapelle sous Pinvocution de saint Jacques.Ils prirent le nom de freies precheurs, ä cause des predicalions aux-quelles ils se livraient exelusivement; mnis dans Ia suite on leur donnale nom de jacobins, derivalif de la ehupeile oii ils faisuient leurs predi-cations, et d’ou la rue St-Jacques a elle-meme lire son nom. En !v63,saint Louis fit remplacer la cbapelle de ces religieux par une magnifiquecglise, et leur fit balir un couvent sur Pemplacement oii etait aupara-vant le siege de la justice et du couseil de la ville de Paris, appele alorsleparloir aux Bourgeois. Lecloilre fut reconstruil en 1556. —Il y avaitaux Jacobins une confrerie du Rosaire dont faisait partieLouis XIII, quiy fit inscrire son lils encore au bercean; depuis ce temps, la contumes’etait inli oduite de faire inscrire dans la confrerie des Jacobins les en-fants de France encore au bereeau! — Durani la Ligue, les lougueusespredications des Jacobins elaient si courues, qu’ils iurent obliges defaire coustruire une chaire en [ileiu air dans le preau de leur cloitre afinde conlenir la nuillilude — Durant les troubles de la Fronde, la popu-lace furieuse cntia dans une des salles du couvent des jacobins oii sefaisait un cours de thcologie, et l'rappa de trois coups de poiguard leportrait du Cardinal Muzai in. — Le couvent des Jacobins fut supprimeen 1790. Plus tard on y avait place la prison des jeunes deteuus. Ce quiresle des baliments est aujourd’hui consacre ä une caserne pour la gardemunieipale, el ä une ecole primaire qui recoit les enl'ants du onzieme etdu douzieme arroudissement. La rue des Gres a ete percee sur le passageel sur i’cmplacement du couvent des Jacobins. — On voit encore aucoin de cette rue et au n° 154 de la rue St-Jacques quelques vesligesde l’eglise de ce couvent, qui renl'crmait plusieurs tombeaux de rois,reines princes el princesses de la famille royale de France, dont voiciles noms : (Jiarles de France, comte de Valois, che! de la branc.be dece nom ; Charles de Valois, comte d’Aleneon; Agnes de France, fille dudne de Normandie; Louis de France, comte d’Evreux ; Robert deFrance, comle de Clermonl; Louis I'“‘, duc de Bourbon; Marguerite deBourbon, fille de Roheit de France; Pierre, duc de Bourbon et comtede la Marche; Louis 111, fille de Louis II; B. de Bourbon, fille deLouis r r ; Anne de Bourbon, fille de Jean I er , — Celte cglise possedaitaussi les cuuirs de Philippe III, dit le llurdi, el de Charles IV, rois deFrance; de Philippe Hl, roi de Navarre; de Charles de France, frerede saint Louis, roi de Naples; et les entrailles de Philippe V, dit leLong, el de Philippe VI, dit de Valois, rois de France. Devant lt'mailie-aulel etait le tonibeau de Humbert de la Tour du Pin II, dau-phin vieunois et dernier prince souverain du, Dauphine, lequel fit unedonalion de. ses Etats ä Philippe VI, a condition que l’aine des fils deFrance porterail le nom de Dauphiu. Jean Clopinel, continuateur duroman de la Rose. , et Jean Passerat, celebre critique du xvi* siede, ontaussi eie inhumes dans celte eglise.
Rue de la Harpe, n° 85, etait le College de Seez, fonde en 1427,et mini ä l’Hniversite en 1763.
Au n" 89 etait le College de Narbonne, fonde en 1317, et reuni al’Universite en 1763. On lil encore au-dessus de la porte du batimentde ce College, deveuu maison parliculiere, cette inscriplion qu’on y pla^aen 1760: Collegium Narbounai fundatum anno 1317, recedißcatunianno 1760.
Au n“ 93 clnil le coli.ege de Bayeux, fonde en 1308, et reuni ä 1*U-niversitecn 1763.
Entre lesn u * 110 et 123 ctait la porte St-Micbki. D’ENFER,de Gibaro« Giberl , d’unccou.slmction lies-simple. Elle etait protegee ä Test parune espece de fortilicalion oü le prevöt des marchauds et les echevinstcnaienl leurs asseiuhlees avant la coustruction de Pbotel de ville. Cette