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VILLE DE PARIS, — ONZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 44. QUARTIER DU PALAIS DE JUSTICE.

porte ful abattue en 1684, pour faire place ä une fontaine construite surles dessins de Bullet, qui existe encore au meme cudroit.

Rue Zacharie , au com de lo rue St-Severin , existait naguere uneniaison qui apparlenait au xv e siecie ä Guillaume Fouquet, ecuyer dela reine Isaheau de Baviere. Ou a vu longlemps au-dessus de la poriede celte maison un bas-relief en pierre place en cet endroit en rhonneurdu sire de Clarv, vainqueur dans un combat singulier du Chevalier an-glais Pierre de Courtenav. Ce bas-relief representait un hornrne renversede cbeval a röte dun auf re a qui une dame niettait sur la lete un cha-peau de roses avec ces inots : Au vaillant Clary; en depit de l’envie.

Rue d’Enfer, n° 2, etait l’hotel Marillac, oii ful transfere de la ruede Reims en 1683 le College du Maks, reuni ä l'Universitc en 1764.

N° 44. QUARTIER RU PALAIS DE JUSTICE.

Ci-devant scction du Palais dejustice.

Les limites de ce quartier sont : la rue de la Barillerie n‘" pairs , lequai des Orfevres , le Pont-Neuf el le quai de l’Horioge jusqu’ä la ruede la Barillerie.

()n remarque dans ce quartier :

Le Palais de justice. Toiit porte ä croire que ce vaste edifice exis-tuit avant Tinvasion des Francs dans les Gaules. 11 fut repare, agrandiou rebati par les maire.s qui s’emparerent du poiuoir sous les vois de lapremiere race. Eudes, comie de Paris , e.'.t le premier qui y transportasadcmeure, pour qu’elle fut mieux defendue coutre les attaques desNormands; c’est lui qui (it bätir toutes les tours qui en fortifiaient l’en-ceinte, et dont plusieurs existent encore. Robert le Pieux fit construirela chambre de la Conciergerie, qui fut depuis la chambre nupiiale desaint Louis , la chapelle de la Conciergerie et celle de la Chancellerie.Louis leGros mourul dans ce palais en 1137, et Louis le Jeunc eil 1180.Philippe Auguste epousa dans ce palais en secondes noces Ingclhnrghe,soeur du roi de Danemarck. On doit ä saint Louis la conslruclion de la.Ste-Chapelle, de la grande salle, de la grande chambre et des cuisinesqui portent sou nom. Philippe le Bel y fit faire plusieurs reconstrnc-tions qui furent achevees en {313 ; depuis, Charles VIII, Louis XIetLouis XII y ajouleient encore de nouveaux bätiments. Plusieurs roishabitereut encore le Palais, quoique le Louvre lut devenu leur demeurela plus ordinaire pendant leur sejour ä Paris. Lorsque, en 1364,Charles V abandonna ce palais pour aller habiler Fhölel St-Paul, ceu’etait encore qu’un assemblage de grosses tours qui oommuniquaientles unes aux aut res par des galerie-. — La tour de l’Horioge , ainsi queses accessoires, decele le genre d’architecture du xvt* siecie.

La vieille grande salle du moyen äge, aujourd’hui salle des Pas per-dus, fut consumee par un iucendie, ainsi qu’une chapelle et plusieurs*'orps de bätiments contigus, dans la nuit du 5 au 6 mars 1618. Dans cettesalle, debout, immobiles, appuycs sur leur glaive ou leur sceptre, \etusde fer ou d’hermine-, chevelus ou barbus, figuraient tous les rois defrance. La se trouvait la celebre tabie de marbre, qui remplissait toutUntiere Pune des extreniiles de la salle; cette tabie oü les enfants deRobert le Fort donnaient leurs fest ins roynux, ou la basoche represen-* a| t, aux jours des grands esbattcments et joyettsefes, sesiarces, ses^oralUcs, ses solties. C’etait aussi sur cette tabie que sefaisaient avecpompe, en presence du penple, ies noces des enfants de France; au ma-nage de Catherine de France avec Heini VI, roi d’Angleterre, il y eutun si grand concours de monde, que plusieurs personnes y furent etouf-lees, et que le roi Charles VI, pcre de la marice, courut lui-meme ris-( iue de la vie. La tabie de marbre servait encore de tribunal, quand lesuiarecbanx y rendaient leurs arrets; de refectoire quand les empereurs,r ? ,s > reines et pvine.es du sang y siegeaient dans les feslins publics; depdori, quand ou y exposait quelque illustre coupable aux yeux de laoule circulant ä l’eiUour. — Un pave de marbre blaue et noir, une^sgnifique voute en ebarpente toute pelnte en or et en argent, des lam-

ls de bois de ebene sculpte et rebausse d’or et d’azur, de m£me que

les piliers massifs qui souteuaient les arceaux du plafond, tels etaientles ornements de cette salle, ou retentirent pendant trois siecles les paset Jes cj’is de taut de generatioos. — Jacques Desbrosses fut Charge de lareconstruction de la grande salle, detruite en 1618, et la termina en1622 . Ehe se compose de deux immenses nefc paralleles, voütees enpierres de taille , et separees par un rang d’areades qui portent sur despiliers decoi es de pifastres doriqties, Ce vaste local ne recoit ie jour quepar les grands eint res viUes qui sont ä Pextremite de chäque nef. (.eitemaniere d’eclairer a quelque cbose de noble et de grand : peut-etre ce-pendant la lumiere y est-elle insuffisanle pour la longueur de Fedifice ,qui dans quelques parlies resle un peu sombre.

Au-dessous de la salle des Pas perdus est un etage inferieur aussietendu qu’elle, que des nnirs de refend divisent en plusieurs pieces :l’arcbiteclure de cet etage inferieur est sarrasine; les voutes sont enogive , avec des nervuves qui eil dessinent les aretes. On y trouve unesalle tres-vaste , bätie dans le meme sty le , et plus elevee que les piecescontigues ; aux quatre angles sout quatre chemiuees de grandes dimen-sions, et remarquaiiles par leur construction : cette salle est nonimee lesCuisines de saint Louis; on y voit un escalier par lequel on montait äla salle superieure , saus doute pour y transporler les mets lorsque lesrois y donnaient des feslins. Pres de ces uisines, un autre escalier des-cendail jusqu’ä la riviere. — A la salle des Pas perdus aboutisseut pres-qne toutes les issues qui conduiseut aux divers tribnnanx. Tout aupress’ouvre le long couloir au boul duquel siege la cour de cassation , dontla salle fut, dit-on , la chambre ä coueber de saint Louis. Celte pieceetait une salle de ceremonie au temps de Louis XII, qui la fit riebe centdecorer ä l’occasion de son manage avec la fille de Henri VIII. Plustard eile fut reslauree par Louis XIV. C’est lä qu’aux jours sanglantsde 93 siegeait le tribunal revolutionnaire. C’est seulement depuis l’ave-nemeut de Napoleon au tröne impei ial que cette salle a ete consacreeaux audieuc.es de la cour de cassation. —- En 1821, on a erige contrel’arcade du milicu de la salle des Pas perdus, du edle du midi, un mo-nument ä la memoire de Mulesherbes. Il se compose d’un soubassementayanl de chaque edle deux piedestaux saillants, supportant les statuesallegoriques de la France et de la Fidclite. Au-dessus du soubassements’eleve un stylobale supporlant deux colonues ioniques surmoulees d’unfronton. Dcrriere ces colonnes est une nicbe dans laquelle est posee,

; sur un socle, la statue de Malesherbes, represenle debout au momentou il prononce la deiense de Louis XVI.

LJu terrible incendie, qui eclata le 10 janvier 1776, necessita la re-conslructiond’une partie considerable de rinterieurdu Palais. MM. Mo-reau , Desmaisons, Couture et Antoine, arcbilectes et membres del’academie d’architecture, furent charges d’entreprendre les travauxprojires ä opei er le raccordement de ce vaste ensemble. Leur plan em-brassa non-seulement la cour actuelle, mais le nouvel alignement desnies adjacentes , et le trace de la place demi-circulaire qui fait face auprincipal corps de bätiment. Celui-ci s’cicve au fond de la cour, sur unperron auqtiel on arrive par un grand escalier qui donne assez de no-| blesse ä cette masse , d’ailleurs peu rcmarquable par le caractcre de son• architeclure. Un corps avance de quatre colonnes doriques orne Ja fa-! cade, composee, du reste, d’un rang d’arcades ä rez-de-chaussee et de; fenetres en attique. Une soiie de döme quadrangulaii’e couronne le pa-villon central. Au bas du perron , et de chacun de ses cötes, sont deuxarcados, dont l’une conduit au tribunal de police , et Pautre donne en-tree dans ce qu’on appelle la Conciergerie , prison bätie sur le terrainqu’occupait anciennement le jardin, et qu on nommait alors le Preaudu Palais, On trouve dans l’aile ä droite un grand et bei escalier riebe-ment orne, qui conduit ä la grande salle du palais. Celui de ia cour cri-minelle , construit ä la meme epoque , est egalement remarquable. Lesdeux ailes sont reunies sur la rue par une grille qui ferme la cour qu’onappelle eucore cour du mai.

Jusqu’en 1787 l’entree du Palais de justice etait formee de deux pe-tites portes cintrees en guichet de prison , qui y donnait acces en s’ou-vrant snr la rue de la Barillerie, alors ruelle etroite et sombre. A cetteepoque, Louis XVI fit deblayer les ignobles bätiments qui eiicombraieutla rue et la place; la facade fut rajustee, la cour s’elendit derriere unegrille remarquable par le gotil et la richesse; un grand et bei escalier