VILLE DE PARIS. — DOUZIEME ARRONDISSEMENT. — N“ 48. QUARTIER DE L’OBSERVATOIRE.
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eienne forteresse de ia Tournelle, etait la porte de la Tournelle, depuisnommee i-orte St-Bernard, demolie en 1670 ; en 1674, on eleva surson emplacement une porte trioniphaie sur les dessins de Blondei, qui futdemolie en 1787. Au delä de la porte St-Bernard, une longue avenueplantee d'arbres s’elendait sur la live gauclie de la Seine, oii eile formaitune belle promenade jadis tres-frequentee en ete par les grandes daniesde ia capitale. « Tout le monde, dit la Bruyere, connait eette longueallee qui borde et qui resserre la Seine, du cöte oii eile entre ä Parisavec la Marne qu’elle vient de receroir. Les bommes s’y baignent aupied pendant les chaleurs de la canicule ; on les voit de fort prcs se je-ter dans l’eau, on en voit sortir; c’est un amusement. Quand cetteSaison n’est pas venue, les femmes de la ville ne s’y promenent pasencore ; et, quand eile est passee, eiles ne s'y promenent plus. »
Au n° 3 est I’hötel de Nesmond, liabile, sous le ministere du Car-dinal Mazarin, par le premier president au parlement de Paris de Nes-moxd , qui joua un röle assez important pendant les troubles de laFronde. Apres avoir appartenu aux ducs de Montpensier , cet höteletait devenu la propriete du fameux danseur de l’opera Blondi.
Au n° 5 etait le couvent des Miramionnes ou fii,t.es de Stb-Gene- 1vieve , supprime en 1790; on y a etabli la pbarmacie centrale desbospices et höpitaux civils de Paris.
H° 48. QUARTIER DE L’OBSERVATOIRE.
Ci-devant section de l'Observatoire.
Les limites de ce quartier sont : le mur d’enceinte de la barriere dela Saute jusqu’ä l’hospice de la Maternite, les murs de cet elablisse-Dient, la rue d’Enfer n“ pairs et inipairs la rue St-Doniinique n“ irn-pairs , la rue St-Jacques n° 5 inipairs jusqu’ä la rue des Fosses-St-Jac-<iues , la rue des Fosses-St-Jacques u“ pairs , la place et la nie de laVieille-Estrapade u'" inipairs , la rue Contrescarpe n"‘ inipairs, la lueMoulletard n°‘ pairs, la rue de Lourcine n‘“ pairs, la rue de la Santen“‘pairs jusqu’ä la barriere de ce nom. — Superficie 1,030,000 m.carrcs, equivalant ä 0,031 de la superficie totale de Paris.
Les mouuments et etablissements de ee quartier sollt:
L’Eglise St-Jacques du Haut-Pas, situee nie St-Jacques, entreles n“ 252 et 254. Cette eglise doit son nom ä un ancien höpital situe jdans le voisinage (qui prit plus tard le nom d’höpital St-Magloire), dontla chapelle fut erigee en succursale des paroisses St-Benoit, de St-Medard et de St-Hippolyte, pour les liabitanls des läubourgs St-Jac-ques et de Notre-Dame-des-Champs. L’eglise actuelle fut commenceeen 1630 et achevee en 1684; eile renl'ermait le tombeau du celebre1 .-Dominique Cassini, ainsi que celui dePh. de laHire, de l’academie•les Sciences.
L’Observatoire, situe ä l’extremite de l’avenuede ce nom. Ce monu-Dient a eteconstruit par ordre de Louis XIV, sur les dessins de C. Per-'ault. L’echelle en est grandeet son aspect imposant; la simplicite de sonDfdonnance et des membres qui en forment les details , les dimensionsclcvees de ses murs et de ses ouvcrtures, tont annonce un edifice public duPremier ordre, sur une superlicie de terrain neanmoius assez resserree.l'ä niasse principale est un plan carre , auquel on a ajoute des tours°ctogones sur deux angles du cöte du sud, et un avant-corps sur la* a ce septentriouale. Ce carre est dispose de maniere que les deux faceslaterales sollt paralleles et les deux autres perpendiculaires au meridien,•I u i en fait Faxe, et qui est traee sur le pave d’uue grande salle aurcntre du bätiment.
L’interieur de l'observatoire est divise en logements particuliers et ens alles appropriees aux travaux astronomiques et pliysiques; six de cesSa 11 •’s ont des ouvertures qui correspondent aux diflerents points duf le l. Sur la plate-forme sont des cabinets pour les observations et lei e u des instruments. Au centre du bätiment, on a pratique, ä traversloutes les voütcs, des ouvertures d’un mclre de diametre, qui se prolon-gcnt jusqu’au bas des caves et qui servent ä mesurer les degres d’acce-
leration de la eliute des corps, et pour la verification des grands baro-metres.— Les caves ont une profondeur egale ä l’elevation de l’edilice;l’escalier qui y conduit a 360 marches. Elles servent ä des experiencessur la refrigeration et la congelation des corps, et ä diverses remarquessur la temperature de l’atmosphere.
C’est dans l’avenue de l’Observatoire que le brave des braves, lemarechal Ney, condamne ämort par la chambre des pairs, sur le re-quisitoire du procureur general Bellart, fut fusille le 7 decembre, äneu!' beures vingt minutes du matin (V. Palais des pairs). (
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Le Val-de-Gräce, höpital militairc situe rue St-Jacques , entre lesn“ 275 et 279. En 162t, les religieuses du Val-de-Gräce, abbaye situeeprcs de Bievre-le-Cbätel, transfererent ce monastere dans l’hötel duPetit-Bourbon de la rue St-Jacques, oii elles s’installerent le 20 sep-tembre de la u.eme annee. Anne d’Autriche, qui avait lait voeu, si Dieului donnail un fils , de faire construire un temple magnifique , ayanlmis au monde un fils, qui depuis fut Louis XXV, entreprit la construc-tion de l’eglise du Val-de-Gräce, dont Louis XIV posa en grande cere-monie la premiere pierre le l*' r avril 1643, et qui fut entierementachevee en 1665. Cette eglise est un des edifices les plus regulierequ’on ait eleves dans le xvu' siede. La grand portail s’eleve sur seizemarches, et forme un portique soutenu de liuit colonnes coriuthiennes,isolees et accompagnees de niches. Le second ordre est forme d’ordrecomposite, qui se raccorde avec le premier par de grands euroulementsaux deuxcötes, et se termine par un fronton. Au-dessus du choeurs’eleve un döme d’une elegante proportion et d’un stvle gracieux, cou-ronne par un campanile surmonte d’un paratonerre. La cour d’entieeest separee de la rue St-Jacques par une grille de fer artistement tra-vaillee, qui aboutit de cliaque cöte ä un pavillon carre. — L’interieuroffre une lief, separee des bas cötes par des arcades et des pilastresd’ordre corinthien canneles. La voute est chargee de bas-reliels, et l’ony remarque six medaillons representant les tetes de la Vierge, de saintJoseph, de sainte Anne, de saint Joachim, de sainte Elisabeth et desaint Zacliarie. Sous le döme, d’eleganls pilastres encadrent sept cha-pelles, dont quatre petites portent cliacun sur leur fronton une tribunerichement doree. Le. priucipal autel est couronne par un haldaquinmagnifique, Supporte par six colonnes torses de marine noir, d’ordrecomposite, dont les bases et les chapiteaux sont de bronze dore. Le solde l’eglise est couvert de marbre de couleurs variees, representant sousle döme une veritable mosaique avec le chiffre d’Anne d’Autriche enmarbre blanc.
La coupe du döme, peinte par Mignard, est le plus grand morceau äfresque qu’il y ait en Europe; il represente le sejour des bienheureux,et se compose de deux cents figures, dont les plus grandes ont 5 m. 30 c.ä 5 m. 60 c. de haut.
Derriere le maitre-autel, on remarque la chapelle du St-Sacrement,terminee en coupole, ou Philippe de Champagne et son neveu ont repre-sente le Christ entoure d’anges et tenanl une hostie ä la main ; ä droitede la chapelle du St-Sacrement estla chapelle du chmur des religieuses;ä gauche est la chapelle Ste-Anne, destinee autrefois ä recevoir lecoeur des membres de la famille royale.
L’abbaye du Val-de-Gräce fut supprimee en 1790. Apres ledepartdes religieuses, l’hospice de la Maternite y fut installe et y resta ju s -qu’en 1793, epoque oii la Convention alfecta lesbätiments de ce monas-tere ä un höpital militaire.
L’institution des Sourds-Muets, situe rue St-Jacques, n“ 254 ,256 et 258. Cet elablissement occupe l’emplacement de l’ancienne ab-baye de St-Magloire, qui avait remplace en 1572 les hospitaliere de St-Jacques du Haut-Pas, et qui fut translormee en 1618 en un seminaire,dont la direction lut donnee aux peres de l’Oratoire. — L’institutiondes Sourds-Muets est due ä l’abbe de l’Epee, et remonte ä 1774, epoqueoü cet estimable philanthrope entreprit de perlectioimer le langage mi-mique et de le faire servir au developpement intellectuel des sourds-muets et ä l’interpretation des mots. La premiere ecole fut etablie en1785 dans le couvent des Celestins, oii mourut l’abbe de l’Epee en 1789.L’annee suivante, l’institution fut transferee par une loi dans les bäti-