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Sens resista avec courage aux holdes etran-geres en 1814. Le 30 janvier, l’hetmanPlatow, ä la tele de six ä sept mille Cosaques,poussa une reconnaissance vers celte ville, dontla defense etait confiee au general Alix. (je gene-ral 11 ’avait qne sept ä linit Cents liommes detroupes de ligne , et cependant il resolut detenir jiisqu’ä la dernicre extremite. Entoureeseulement d’un mur eleve et d’un large fossequi la mettait a l’abri d’un coup de main, laville de Sens ne pouvait soutenir un siege enregle. Le general Alix la lil barricader, et pres-crivit des mesures pour rcsister jusqii’au der-nier moment. —■ Le 2 fevrier , l’hetmanPlatow, avec un parti de douze ä quinze CentsCosaques, essaya de surprendre la ville, etfut repousse. Sens ne pouvant etre pris que parl’infauterie, et au moyen d’une attaque regu-liere, Platow laissa aux environs quelques Co-saques en Observation, et se dirigea vers Ccur-tenav. — La resistance de Sens contrariait lcsallies dont les troupes legeres devaient tournerParis par Fontainebleau, Melun, Corbeil etYillejuif. Le 10 fevrier, le prince royal deWurtemberg parut aux portes de cette villeavec une partie du quatrieme corps. Le soirmente, il fait attaquer les faubourgs par son in-fanterie legere, s’eu rend maitre, et somme legeneral Alix de se retirer. Ce general venaitde recevoir de l’artillene et des renforts; il rc-pond que la ville est en etat de defense et qu’ils’y maiutiendra. Le lendemaiu toul le qua-trieme corps etant reuni, le prince royal essayed’enfoncer les portes ä coups de canon; il lestrouve barricadees et murees. Il fait jeter alorsquelques obus dans la ville oii le feu se mani-feste dans plusieurs qnartiers. — L’ennemi al-Jait reuoncer «au projet de preudre Sens de viveforce, quand ses soldats decouvrirent une po-terne tenant au jardin du College qui donne surlos boulevards. L’attaque est aussilöt dirigee suroe point. Le general Alix y porte immediate-^ent la majeure partie de la garnison. Le hui-Iieme regiment wurtembergeois s’etant empare*^ e I’euceinte du College, y trouva un adosse-fltent faconne, et tout L edifice rempli de troupes.
feu roulant s’engage bientöt; les sapeursa >ant fait une espece de breche, les Wnrtem-^rgeois se rendent maitres de la cour inte-neure. La, de nouveaux obstacles les arretenl;*l s trouvent la communication avec la villefermee par une porte de fer et par une grille,derriere lesquelles la garnison resiste avecachavnement, et fait eprouver a Tennemi degrandes pertes : mais celui-ci, recevant sansoesse des renforts, surmonte enfm tous les obs-tacles, prend d’assant le College, et commencea deboucher dans la ville, ou quatre regimentspenetrent la baionnette en avant par quatre«ierents cotes, malgre les coups de fusil quiPartent des maisons que le general Alix a gar-® Ies soldats. Accable par le nombre, le gene-’sl Alix n’eut que le temps de rallier les debrise <a troupe, et de se mettre ä couvert de<lu| re ebte de 1’Yonne. Le pont etant mine, lePtince de Wurtemberg n’osa troubler sa re-Lute. C’est ainsi qu’apres douze jours d’at-
I taques successives, et quarante beures de bom-bardement, l’ancienne capitale du Senonoistomba au pouvoir des coalises. Sa courageuseresistance lui attira plusieurs beures de pitlagede la part d’une soldalesque furieuse d’avoiretc arrelce si longtemps devant une ville de-pourvue de fortiflcations regulieres.
Les armes de Sens sollt : d’azur d, unetour crenelee d’urgent, accompagnee de sixfleurs de lis d'or, 3 en chef 2 aux flaues, 1 enpointe, et pour devise : fidelis et kextugka-
l im, IS ARTE.
La ville de Sens est dans une belle Situation,sur la rive droite de l’Yonue, un peu au-des-sous de son confluent avec la Yanne. Elle estremarquable par la beaul e et la Variete des pro-menades qui l'entourent et par le grand nombrede ses jardins. C’est une ville geueralemem bienbätie : les rues en sout larges, assez bien per-cees, propres et rafraiebies par des ruisseauxtl’eau courante dont on peut augmenter ou di-miuuer le volume.
Sens est encore en partie entonree de vieillesmurailles, eonservees, reparees et quelquefoisdeligurees dans les siecles feodaux, mais in-couteslablement de construction romaine, no-tammenl la partie siluee pres de la porte For-meau. Cetle porte, depuis longtemps muree,conserve son cintre de briques et de pierres ;entre le linteau et le cintre, l’espace est remplipar une Sorte de marqueterie composee de pe-tites pierres arrangees en losanges.
On eutre dans celte ville par liuit portes, donttrois paraisseut anterjeures an aiv° siede ouconstruites a cette bpoque. Les fosses ont etcpeu a peu comblcs; maintenant ils ont disparuet fait place ä de helles promenades piauteesd’arbres.
La cathedrale de Sens esl un bei edifice go-ihique, connnence en 972 par Auastase, quien dirigea le plan jusqu’en 997. Ce plan a eiesuivi par ses successeurs, ä l’exceplion de. lacroisee, qui ne fut achevee que dans le courantdu xiu' siccle. Cette eglise avant ete conside-rablement endommagee par le feu en 1184,Philippe Auguste la 11t reparer, et l’augmentad’une tour, dite la tour de Plomb. En 1267, latour de Pierre s’ecroula avec uu fracas epou-vantable, et ne fut relevee que longtemps apres.Ce ne fut guere que sous l’episcopat de Salazarque cette cathedrale put etre regardee commeachevee ; ce prelat fit elever la tour de Pierrejusqu’a la lnnterne qui la termine, mais la lan-terne meme ne fut construite que sous le Car-dinal Duprat.
L’interieur de l’eglise metropolilainedeSenspresente un vaisseau gothique d’une vaste di-mension et d’im bei ensemble; les proporlionsen sont, dans toutes les parties, un peu au-des-sous de celles de Notre-Dame de Paris. L’ar-cliiteeture de cet edifice semble etre aussi moinssvelte et plus lourde que celle de celui de lacapitale. Le maitie-autel est place au centre dequatre colonnes corintliiennes en marbre ; ellessupportent un baldaquiu eleve en 1742, d’a-pves les dessins de Servandoni. Au clievel del’eglise, derriere le rond-point du cceur, est la
chapelle de Saiiit-Saviuieu. Un fort bei ou-vrage en stuc represente le martyre de ce Pre-mier eveque de Sens : la figure du saiut, et celledu Soldat qui le frappe de sa baclie, sont pleinesde verite et d’expression.
Au milieu du chocur on remarque un niau-solee en marbre blanc, erige en rbonneur dudauphin, fils de Louis XY, qui y a ete inhuine,ainsi que Marie-Joseplie de Saxe, son epotise.La premiere figure est celle de l’Amour con-jugal, dont les regards se dirigent sur un en-fant, qui, place ä ses pieds, brise l’bymenee.Sur le dernier plan apparait la figure du 't emps,couvrant d’un voile funeraire deux urnes imiesensemble par des guirlandes de cypres et d'im-mortelles. Sur le devant du monument , leGenie des Sciences et des arts parall plougedans la douleur , tandis que Vlmmoi labtereunit en faisceau les attributs symboliques desvertus des deux epoux, et que la Religion posesur leurs urnes une couronne.
La cathedrale de Sens renfermait autreloisplusieurs autres mausolees, qui attiraient l’at-tention des amateurs. Ceux de raveheveque Sa-lazar et des deux Duperron out ete detruits;celui du Cardinal Duprat, d’odieuse memoire ,place autrefois ä gauche du maitre-aulel, estdetruit en graude partie. Il se composait d’imcorps mort, couclie et etendu sur la pierre,offrant uu vrai modele et une parfaite inii-tatioii du sort humiliant que la nature des-tine ä ehaque individu; ce corps paraissaitronge de vers et presentait un tableau degoü-tant mais vrai dans toutes ses parties ; les bas-reliefs qui enlournien! la base du renotapbesont de la plus graude beaute : leur longueurtotale est de 5 metres. On y remarque Dupratsiegeaut a la cliancellerie ; son entree ä Parisen qualite de legat du saint-siege ; l’assembleedu concile qu’il presida; l’entree du corps duCardinal dans la ville de Sens, avec le cor legefunebre qui accompagnait ce convoi. Ces bas-reliefs se füllt remarquer par un dessin correcl,des airs de tele remplis de finesse et d’expres-sion, des costumes Jicuicusement reproduits etfidelement rendns.
L’eglise metropolitaine de Sens est remar-quable par ses vitraux , dont la majeure partieest attribuee ä Jean Cousin. Ou eite aussi sesgrisailles et ses verreries du xm" siede, quisont ä la fois d’une beaute rare et d’une grandevaleur iconograpbique. — Dans une des cha-pelles de la lief, il existe un retable du xv!*-siede tres-delicalement sculpte en pierre, surlequel se devdoppent les dix sceues principalesde la passion. Entre les bas-reliefs, sont pla-cees debout sur de petits culs-de-lampe lesstatues des douze apötres designes par leurs at-
Iributs ordinaires-Gelte eglise possede de
superbes tapisseries du xviVsiecle.
On remarque encore ä Sens : I’eouseSt-Sa-vinif.n , situce a l’extremite d’un faubourg, quidate en partie, du xi" siede. Sous le. sauctuaiveest mie crypte eil forme de salle quadrilaterequi ne prösenle attcun ornement; plusieurstwaisoxs axcienxes, donluneduxiv'siecle; celledu xv e , dont l’enroignure est sculptee d’nn