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SOISSONS.
SOISSONS.
SOISSONS.
mieiix traite par ses fils ; il tomha entre lesmains de Lothaire, l’un d’eux , qu’il avait as-socie ä l’empire. Ce fils relegua son pere ä l’ab-bt.ye de St-Medaid de Soissons, et plaea au-pres de lui des hornmes chargcs de solliciterson abdicaliou et de Pengnger a se faire moine.Il resista ; les querelles survenues entre ses bis,ses ennemis, lui \alureut la liberte dont il nejouit pas longtemps. — Louis le Dcbomiairemarcha conlre son fils Lothaire, ä la tele d’unearmce ; mais ses troupes, corrompues par Lo-thaire, Pabandonnerent au premier choc, etildevint une seconde fois prisonnicr de son fils.Le pape Gregoire IV etait alors dans le campde ce fils ingrat et persecuteur; quoiqu’il eütternoigne Pintention de concilier les deux par-tis, sa conduite parut fort suspeete , d’apres letemoignage meine d’un contemporain. Quoiqu’il eil soit, comme le peuple etait dejä deliedu serment de fidelite, dit l’historien, ce quiprouve que pendant sa premiere captivite quel-que assemblee de factieux Pavait dejä dedaredecliu du tröne, Lothaire fut tumultueusementproclame seul empereur par son armce. Louis,separe de Judith que Lothaire envoya ä Tor-tone en Italie, et de Charles qui fut renfermedans une abbaye, se vit contraint de sui\re sonfils en divers lieux, puis ä Soissons oü il fut denouveau retenu prisomiier et missous la gardede quelques prelats qui Paccablerent d’indigni-tes. A quelque temps de lä, une assembleeecclesiastique fut convoquee ä Compiegne; lä,il fut decide qu’il donnerait, par une secondepenitence publique, une nouvelle satisfaction äl’Eglise, pour les memes crimes dont il avaitdejä fait une fois penitence. Ebdon, que lescontemporains represenlent comme un hommenon moins cruel qu’impudique; Jesse, qu’unsynode avait dcgrnde de Pepiscopat, et plu-sieurs aulres, figuraient dans Passemblee deCompiegne. Quelques-uns adhererent ä cesactes iniques, par faiblesse : 011 peut compterdans ce nonibre Pevcque Thegan, qui en parleavec indignation. La plupart etaient auimes parun vif ressentiment contre cet empereur, dontla licence des temps effarouchait la picle. Ouprofera contre lui deveritables iujures, et onPaccusa d’une foule de crimes. L’empereur,dit uu des annalistes preccdemment ciles , futcoudamne saus etre present ni entendu , sausavoiv fait aucun aveu, ni rien dit qui püt servirä le convaincre.
L’arret des eveques relativement ä Pempe«l'eur fut execute ä Soissons, la veille de la St-Martin de Pan 833. Ce jour-lä, il fut traduitdans l’eglisc de St-Medard; et sou fils Lothaire,occupant le tiöne, lui fit remettre une ccdiile"oü etaient emuneres tous les crimes dont il avait ädeniander pardon ä Dieu et aux homnies. Placedebout et devant Pautel cliarge des reliques desaint Medard et de saint Scbastien , on l’o-bligea de lire lui-menie, ä haute \oix, Pacte quile condanihait; puis, apres cette lecture, Je serecounaitre coupable, de reclanier la penitencecanonique, de se depouiller lui-meme des in-signes de la royaute. 11 revötit une robe grisede penitent. que lui presenta Pindigne archeve-
que de Keims; on le reconduisit ensuite au mo-nastere, et on le laissa dans la cellule oü il devaitfaire penitence le reste de ses jours; e’est ainsique le fils et le snccesseur de Charlemagne, unempereur, fut i eduit ä Fetal de moine. — Maisune nouvelle revolution vint bientöt arrachcrle devot Louis de son cloitre. Les Francs et lesleudes se revolterent contre les auteurs de cesodieux traitements. Lothaire fut ohlige de iuir,et Louis repril son sceptre; mais ce que Pon apeine ä concevoir, c’est qu’il ne voulut rcgner,malgre les instances de ceux qui Penlouvaient,qu’apres avoir cte solennellement rehahilite parleministere d’un eveque,donnantparlä une sortede sanction aux actes inouis qui Pavaientdetröne.Cette nouvelle eeremonie eut lieu ä St-Dcnis.
La ville de Soissons s’afFranchit et se cons-titua en commune en 1131, sans qu’elle eütbesoin pour cela d’cntrer en rebellion ouverte.L’eveque et le comte, intimidcs par les exem-ples de violence et d’obstination que venaientde donner les villes de Laon et d’Amiens, con-sentirent, pour le maintien de la paix, ä Peta-blissement d’un gouvernement municipal, saufä disputer ensuite sur Petendue des Privilegesque s’atlribuerait ee gouvernement. Yoici lesprincipaux articles de la nouvelle charte qui,avec l’approbation du roi et pour la paix dupays, etahlissait dans la ville de Soissons unecommune entre tous les hornmes possedant uneinaison ou un terrain soit dans la ville, soitdans les faubourgs.
« Tons les homnies liabitant dans Penceintedes murs de la ville de Soissons, et en dehorsdans le faubourg, sur quelque seigneurie qu’ilsdemeurent, jureront la commune; si quel-qu’un s’y refuse, ceux qui Pauront jurce ferontjustiee de sa maison et de son argent.
» Dans les limites de la commune, tous les'homnies s’aideront mutuellement selon leurpouvoir , eL ne soufli iront en nulle nianiereque qui cpic ce soit enleve quelque chosc oufasse payer des tailles ä l’un d’enlrc eux.
» Quond la eloche sonnera pour assemblerla commune, si quelqu’un ne se rend pas äPassemblee, il payera douze deniers d’amende.
» Si quelqu’un de la commune a forfait ouquelque chose et refuse de donner satisfactiondevant les jures, les hornmes de la communeen feront justiee.
» Les membres de cette commune prendroutpour epouses les femmes qu’ils voudrout, apresen avoir demaude perniissiou aux scigneurs, etsi les seigneurs refusent, et <[ue quelqu’unprenne saus leur aveu une femme d’une autreseigneurie, il payera einq sous d’aniende.
» Si un etranger apporte son paiu ou sonviu Jans la ville pour les y meltre en sürete,et qii’ensuile un difierend survienne entre sonseigneur et les homnies de cette commune, ilaura quinze jours pour vendre sou pain et sonvin dans la ville et empörter Pargent, ä moinsqu’il n’ait forfait ou ne soit complice de quelqueforfaiture.
)> Si Peveque de Soissons amene par me-garde dans la ville un homme qui ait forfait en-\ ers un membre de cette commune, apres qu’on
lui aura remoutrö que c’est l’iin des ennemis dela commune, il pourra Pemmener cette fois,mais ne le ramenera en aucune manicre, si cen’est avec Paveu de ceux (jui out Charge demaiutenir la commune.
>» Tonte forfaiture , hormis Pinfraction decommune et la vieille liaine, sera punie d’uneamende de einq sous. »
Louis le Gros tint. ä Soissons, en 1132, uneassemblee des grauds du royaume; deux seni-blaldos assemblces y furent tenues par Louisle Jeunc en 1141 et en 1149. Une assembleesolemielle des barons et des eveques de Francefut rcunie dans cette ville en 1212; PhilippeAuguste y proposa la conquete de l’Angle-terre, dont le pape lui oflrait la couronne, apresavoir prononce la dccheance de Jean sausTerre.
En 1413 , les troupes du roi Charles Vtet du dauphin s’emparerent de Soisssons ,(jui tenait pour les Bonrguignons, et y com-mirent d’horribles excea; presque tous leshabitants lurent massacrcs : reprise par lesKourguignons, puis par les Armagnacs, eileeprouva de nouveaux dcsaslres. En 1567, leshuguenots la saccagerenl, puis s’y etablirent;le duc de Mayenne la leur repril et la fit en-tourer de fortifications. En 1814, Soissons futde nouveau en proie ä tous les maux de laguerre, et luL prise et reprise quatre fois parles etrangers et par les Francais. Le derniersiege dura un mois : les troupes alliees bombar-derent la ville et la forcerent ä capiluler.
Les armes de Soissons sollt ; de gueulesä une fleuv de lis d'argent, et pour devise :
FIDELIS ADVKOR AMORE.
La ville de Soissons est situcc dans un vallonagreahle et fertile, sur la rive gauche de l’Aisne.Elle est generalement bien bälie, et sous tres-peu d’annees il ne restera rien de l’ancieiUH'-citc. Dans l’espace de sepl annees, cette ville adepense 139,599 fr. 40 c. au redressement deses nies. Cent dix-huit vieilles maisons d’unaspect triste, desagrealile, ont etc raseesetonlfait place, en se retirant sur les nouveaux ali-gnements, ä des edifices d’une belle et gracieuseconstniction.
On reinarque ä Soissons :
L’kolise cathedralk, dont les fondements In-reut jetes au xn" siede, a cte bälie sur l’cmplace-ment d’une aneiennc eglise oü se rassernblaientles premiers chretiens. On travailla au portailet ä la tour dans le xu c siede. Euviron vors lau1212, on pul celebrer l’uflicc dans le diuiur.Dans le xiii c siede , ou donna une grande ae-tivile aux travaux ; ce siede, ainsi que le sui-vaut, fut manjue par un grand nornbre de dom»qui enriclurent beaucoup le li esor de cette ba-silique. On reinarque dans cette eglise un asse*brau jube, et deux statnes en nuirbre blanc«representant l’Annonciation, qui serveut d’ao-compagnement au inaitre-autd. On y voitega-lement im lableau represimtanl Fadoralion desbergers. C’est un present que fit Rubens auxcorddiers de la ville, en reconnaissance dessoins (pie ces rdigieux lui avaient prodigut*»durant la maladie dont il fut atteinl lors de son