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TOULOUSE.
TOULOUSE.
TOULOUSE.
naux de T e instanee et de commerce. Chambreet hourse de commerce. Chef-lieu de la 10'’division militaire. Hotel des monnaies (let-tre M). Archeveche. 4 eures. Academie uni-versitaire. Facultes de droit, des Sciences, deslettres, et de theologie pour la confcssion hel-^etique. Academie royale des Sciences, ins-criptions et belles-lettres. Academie des jeuxJloraux, dont rinstilution renionte ä l’annee1323. Societe royale d’agricuUure. Societe ar-cheologique du midi de la France. Societe desbeaux-arls. Ecole secoudaire de mcdecine.Ecole d’arlillerie. Ecoie royale velcriuaire. Se-minaire diocesain. 23. Pop. 76,975 h. —Terrain d’alluvions modernes.
Autrefois archeveche, siege d’un parle-ment, d’une intendance et d’une recette, presi-dial, senechaussee , viguerie et juslice royale ,gouvernement particulier, amiraule, liötei desmonnaies, capitole ; table de marbre, bureaudes fmances , juslice consulaire, chand)re syn-dicale , chapitre 7 universites , College , acade-mie des belles-lettres, abbave <b' chanoines re-gulierst plusieurs couvents.
il esl peu de villes en France dont l’origiucsoit aussi ancienne que celle de Toulouse : lesmesures des routes ejui partenl d eNarbo, Aar-bonne , Cadurci, Caliors, Aginnuni, Agon,Ausc't , Audi, et Convente, St-Bertrand-de-Comminges, prouvent surabondamment la Po-sition de Tolosa ä Toulouse. Lcs ilomainsFembeilirent d’un capitole , d’un palais, d’unamphitheatre et de plusieurs autres edificespublics dont on voit encore quelques vestiges.
Lors de l’imiption des Cind>res , les habi-tants de Toulouse embrasserent leur parti, ettirent prisonniers lessoldats romains qui etaientdans leur ville. Le consul Q. Servius Ccpion ,s’etant menage dans Toulouse des intelligences,entra pendanl la nuit dans cette ville , s’en ren-dit maitre, et, sous pretexte depunir !a Iralii-son des Toulousains, abnndonna leur ville aupillage. On croit que ee tut apres ce desasfreque les babilants abandonncmit inscnsible-ment leur ancienne ville et jetcrent lcs l'onde-ments de la nouvelle. Bienlut son commerce,ses ecoles la rendirent cclchre. — Les Yisigotlisl'assiegcrent, s’en rendirent maitres, et Tahan-donncrent pour passer cn Espagne. En 419, lesYisigotlis rentrerent a Toulouse, qui leur lutcedee par Teinpeieur Ikmorius ; ils y etablirentle siege de leur empire, et cette ville devint jacapitale de leur royaume: prerogative dont eilejouit saus Interruption pendant quatre-vingt-huit ans.
En 508, Clovis, apres avoir soumis unegrande partie de rAquitaim», entra saus au-cuue resistance dans cette \ il le. Le rosaunie de'loulouse cessa d’exister depuis cette conqimte,et Aarbonne lut alors le chef-Iieu du pa\s quirestait aux A isigoths. Charlemagne, apres avoirdelivrc l Espagne des Sarrasins. forma leroyaume d Aquitaine, dont Toulouse devint laeapitale. Cette ville pnssa ensuite sous la do-liiinatiou des comtes, qui ne purem iadefendrecontre l’invasion des Normands. Toulouse lutle thealre oü di\ers conciles f'urent lenus et
oü ces assemblees generales de la chretiente si-gnalerent par des acleseclatantsleur souverainepuissnnce. Apres la repudiation d’Eleonored’Aquitaine par Louis le Jeune, cette ville tutassiegee par Henri, roi d’Anglelerre, qui lutoblige de se relirer apres trois mois d’ellortsinuliles pour s’en rendre maitre.
Vers la lin du xi* sicele, le Languedoc luttonrmentc par lcs troubles que fit naitrela sectedite des albigeois, et Haimond VI, comte deToulouse, Tut nccuse de favoriser les sectaires etd’en negliger la recherche. —L’inquisition futetablie pour rechercher et livrer au supplieeles albigeois, vaudois et autres sectaires quiprecliaient contre le luxe duelergc, les preten-lions de Home et la corruplion des ecelesiasti-ques : eile Tut d’abord conlice aux eveques oua des pretres secuüers ; mais entin les domiui-caius lurent charges exclusivement de cet odieuxministcre; saint Dominique en fut un des priu-cipaux soutiens : on voit encore ä Toulouse lamaison qu’habitaient ce nioine et ses inquisi-teurs; la rue ou monientanemenl siegea cetliorrible tribunal u’a cesse de porter le nomde rue de IMiupiisilion, et eile le porte encore.
Les habitants de Toulouse , apres avoir cteassieges, pilles par Foulques, leur eveque, etSimon de Montfort, leur usurpateur, se virentpendanl longtemps en bulte aux depredations,aux fureurs, aux superclieries de ces deux bri-gands. Apres s’etre soumis par force ä ces ty-rans, et avoir vu leur ville demantelee, lesToulousains eprouverent de nouveaux desastres.Simon de Montforl, soupeonnant leur lidclile,marclia avec une armee ibrmidabic contre leurville. Pour eviter les niaux qu’on leur pre-parait, les habitants envojerent au - devanlde ce general des depules pour Tapaiser etfaire leur soumission. Montfort, n’ecoutant queson inhiimanile et les couseils sanguinaires deFoulqiies, fit arreteret Her ces deputes, et lesenvova au ehateau Narbonnais. L’evcque Foul-ques, joiguant la Iburberieä la miaute, o/frit aMoutfort d’aller lui-meme ä Toulouse, et dedeterminer les habitants a venir lui demandergrace , aün qu’ctant Ions a sa disposition ilput s’en venger saus eoup fei ir. Moutfort aC-cepta TullVe; l’cveque entra aifssitdt dans Tou-louse, mit tont en usage pour persuader lesliaiiilauts d’aller incessanmient iinplorer la cle-meneedu general, en lenr pronuttant qu’ils se-raient pardonnes. Coidianls dans ki parole deleur paslcur, lcs Toulousains le suivirent ;mais, ä mesiire qu'ilsarrivaieut 'Tis Montlort,ils etaient arietes et charges de lers. t ue sinoire trahison jette l’epouvante panni ceu\ quivenaient les derniers: ils relournent en lu\ant,rentrent dans leur ville, et amioncenl ii eeuxde leur» eoiieito\eiis qui y etaient festes cettemaiheureiiM* liomelle. La desolation se repanddans tous les csprils; Pindigne prelat arriveaussitdl, lail metlre la ville au pillage, el parses ordres les troupes depouillent les maisons,violent lcs lilles, les fenuncs, et laissent par-tout des traces de lenrs biutalites et de leursbrigandages.
Le peuple. indigne de celti 1 lrahi>ou, pen»e a
defendre ses Liens, sa vie et sa liberte *, Ions lescitoyens eoment aux armes, s’nttroupeiit dansles rues et s’y liarricadent. Lessoldats de Mont-fort s’nvancent contre les Toulousains; maisceux-ci les eliargenlavectoute Pardeurquepetilinspirer le desespoirde leursituation, en foul uncarnage horrible, et förcent les autres a pren-dre la fuite. Montfort, pique de tont de resis-tance, ordonne de metlre le feu a la ville ; maisles habitants tont main liasse sur les soldals,les poursuivent de rue en rue, et les forcent afuir de nouveau. Ne pouvant reussir par laforce, Montfort a recours ä la trahison ; parson ordre, l’eveque rentra dans Toulouse, oüil publie que le general des croises se repentde sa conduite passee, et est pret a donncr laliberte aux prisonniers et ä vivre desonnais cnbonne intelligence avec les habitants, pourvuque ceux-ci voulussent rentrer cliez eux et luiremettreleurs armes, ainsi que les tours de leursmaisons. L’eveque el l’abbe de Sl-Seniin s’e-tant rendus garauts de celle promesse, lcs Tou-lousains accepterent cette proposition. Simonde Montfort, instruit de leurs intcnlions paei-iiques, Clt dcclarer par les niemes pretres que,pour rendre la paix plus nulhentique, il irait lelendemaiu lui-mßme, suivi de ses l>arons , lasigner dans l’hotel de ville. Il s’y rend en effeta la tele de ses troupes, fait deposer les armes| aux habitants ; mais a peine s’en sout-ils des-I saisis, qu’il s’enipare des tours des maisons,
1 y niet ses soldats en garnison ; puis, par la plusj noire des perfidies, il fait arrcter et meltre dansles fers les principaux citoyens qui assislaietil ala reunion, e! exige pour leuj 1 rancon la sommeexorbitante de Ironie mille marcs d’argent.
Bientot apres cet arrangement, Moutfort paripour aller s’opposer aux progres que le jeuneHaimond faisait contre lui dans le Languedoc,A peine TusurpaUuir a-t-il quitle les murs deToulouse, que, ranimant son eorps courbe sousi le faix des ans et des inallieurs , le vicux Kai-! mond soi't d’mi antique chiileau qui lui servaitj de rctraite dans les Pyrenees, el peneli’e dansj la capitale de ses Etats, oü il oslaecucilH avec' joie-par les habitants, quis’annenl Ions pour sa1 defense. Montforl , instruit ;’e cet evenenienl,j s’empresse de se rendre sous les murs de L’ou-! louse; taudis qu’il medite des’on eniparer, uueI pierre, dirigee par un des assieges, le IVappe a| la tete el delivrc la Iciredu monstre. Apres la; moi I de Montforl, le roi de Trance, miaut aux: instances reilerees du piipo, se croise contre.| Haiinond etv ienl meltre le siege devanl Tou-j louse, qu'il est oblige de lever apres six semai-| nesd’eüorts inuliles, et apres avoir eprouve• des pertes eonsiderables. Sur ces enlrel’ailes ,
I Baimond \ I fut enlev e presque subilement asa! fauiille, par um 1 maladie dont il lut atteint au: moisd’aoüt , a l'oulousc. Les rcligicux (jui luilienl de senlir (juel([ue [ülie pour los| hereliqiies, de ne poinl se eomplaire dans les| kmrments qu’il leur inlligeail, el d’avoir meinej souvenl derolie des sectaires au suppliee, lepuuirent de sa pitie , non-seulemont pendantsa vie. mais encore bien des sieeles apres sainort. Son (ils ne put ja mais ohlcnir que son eorps