TOULOUSE
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recut les honneurs de la sepulture; son cer-cueil fut depose nupres du cimeticre de St-Jeande Toulouse, en altendant que l’Eglise permitde Tensevelir. Il y elait cncore au xiv° siede;mais comme il elait en bnis, et que peronne neprenait soin de ie gnrder, il fut brise avant lexvi e siede, et ses os Türen! disperses; lecräneseid de Raimond TI fut conscrve longtempsencore dans la inaison des hospitaliers de St-Jean de Toulouse.
Sous le regne de Charles IX., Coligny tenta,saus sueees, de s’emparer de Toulouse, dont ildevasta les environs. Quehpic temps apres, lanouvelie de la fatale journee de la Sl-Barthe-lemy servit de pretexte a Toulouse pour t’exe-eution des plus horrihles massacres, dont lousles ans on celebrait l’anniversaire par une pro-cession de reliques et par des Teux de joie. Envaiu plusieurs ordounances royales avaient de-fendu cette odieuse lote, les hahitants de Tou-louse la celebraient avec le inenie empresse-ment que les jeux floraux : die lut encorecelebree en 1789.
Pendant Ies'guerres de laLigue, Toulouse pritparti contre Henri III. Apres la inort du duc deGuise aux etats de Blois, les ligueurs de la pro-vince, et surlout ceux de Toulouse, se porterentaux derniers exces. Le pmnier president Du-ranti, violent eunemi des heretiques, mais lideleau roi, fut assassine; son corps fut traine tontsanglant par les pieds avec une corde jusqu’au mi-lieu dela place St-Guorges ; etconmie il n’y avaitpasde potenee, on le mit au pilori, en attachantderriere lui le povtrait de Henri III. Les uusluiarrachaientla barbe, les autres le tiraieutparie nez qu’il avait aquilin, en lui disant: « Le roit’elait eher, te voila mainlenant avec lui.» L’avo-cat general Dailis fut egalement massacre. Tou-louse lit alors des Services pour le duc de Guise,et se soumil au duc de Mayenne , qui nonmialieutenaut general de la Ligueen Languedoc legrand priem* de Joyeuse, en reinplacement desonpere. — Lorsque Ja nouvelie de l’assassinatde Henri IJI fnt comme a Toulouse, on renur-eia publiquemenl Dien de sa inort, et Ton fitserment d’egorgcr le premier qui parlerait derecevoir Henri IV. Les Toulousains lircnt unService solennel pour Jacques Clement, et n’ou-vrirent leursporles a Henri IV qu’eu 1596, trois» r uis apres son ahjuralion, dcux ans apres sonentree ä Paris , seize mois apres la rccon-naissanee de tont le royaume, quand Ieduc de Mayenne et les chets des ligueurs avaientfait lein* aceonnnodement; alors que le roiratholique , le denion du Midi, eommenca a'ouloir la paix, et que le pape la desirait eulredeux eouronnes, et seulement au moment°ü la mldition de Marseille eompletait la sou-n üssion generale.
Depuis le temps de la Ligue jusqu’a la rc\o-hition, Toulouse jonit d’un repos tardif, mais( l u * ne fut tronble par aucun evenemont desas-b-eux. En vaiu la Fronde s’agita-t-elle dans lafuiienne, les Toulousains, cclaires par I’expe-Dencc du inalheur , resterenl (uleles ;i Tautu-r be royale. — Le proces de Calas, o-uvre dahmatisme et de la harbaric expirante, est un
episode remarquable de l’histoire de cette ville.
Le 10 avril 1814, pendant qu’a Paris le senatdecrctait la dechcane.e de Napoleon et de toutesa famille, le marechal Soult, qui commandaila Toulouse, ignorant ce qui se passail dans lacapilale, prenait loutes les mesures pour defeu-dre la ville inenacee par Tarmee anglaise, sousles ordres du general AN ellington. En eilet, le10 avril , il se livra sous les murs de celteville, entre les deux armees, uue bataille. san-glante oü I’armee Irancaise fit des prodiges devaieur. L’afl’aire eommenca a la pointc du jourpar Tincendie de quelques maisons eparses dansla Campagne, et ne se termina qu’ä la nuit. At-taques successivemenl dans tonlos leurs posi-tions, par des forccs infmimenl superieures äcelles qu’ils pouvaient opposer, les I-Tan^ais semaintinrent partout, et meme prirenl Toflfen-sive sur quelques points, avec taut de vaieuret d’audace, que rennend eut etc force ä laretraite, si qualre regiments de cavnlerie , quemultipliait cependant Thabiletc du general Soultqui les commandnit, avaient pu sulllre pour de-lerminer le mouvement retrograde de l’armeeanglaise. On s’etonnera moins des prodigesdes soldats franeais, dans cette gründe journee,en se rappelaut qu’ils avaient pour ehef levainqueur d’Oporto, les generauxDrouet, Rey,Soult, Clausel, llarispe, Gazan elBerton. 11s yperdirent trois mille hommes, et Teimeim eva-lua lui-meme sa perle ä six mille morts et douzemille blesscs. Avant l’nction , les etudianls endroit el en medeeine se dislingucrent par leurzele a travailler aux mloutes el aux letes depont. Plusieurs perirent sur le champ de ba-taille ou iis allaient relevev les blesscs, en pnr-tagcanl leurperil. Des femmes couraienl de rangen rang sous la mitraille ennemie, portant desrafraicliissemeuts et des secours aux soldats,decbiranl leurs propres velements pour elan-cber leur sang et couvrir leurs blessures. —Si le gain d’une bataille doil etre assigne ä celuiqui en retire les avantages, l’armce IVaneai.se,obligce d’evacuer la ville vingt-quatre heuresapres la bataille de Toulouse, a du s’avouervainoue; s’il apparlient ä celui qui enleve lesposilions de son ennemi el reste maitre duchamp de bataille, aucune des deux armees n’aoblenu cet bonneur ; mais si le nombre desblesscs el des morts decide de la victoire, siles sueees balances dans une lulle inegale s’es-timent en raison des elforts de courage qu’ilsout du codier a l’un des dcux partis, la bataillede Toulouse dnit etr'e inserite dans les fastesmilitaires de la nation Irancaise au nombredes vieloircs los plus glorieuses. I u obeÜsquea eie erige ä Toulouse en memoire de cettebataille, le 28 juillet 1839-
Lors de la seconde renlrce des Bourbons, ledeparlement de la H.-Garomie, ainsi tpie plu-sieurs autres departenients du Midi , virenls’organiser des associations _ [jues qui re-pandii ent une terreur protonde dans cette con-tree. Le mareebal de camp Ramel , comman-dant a Toulouse, elait parveuu ä contenir leurfureur. lorsque lui-mdme lut surpris, egorge,et bai barrment niutilc par une bande de lorce-
nes qui s’etudierent a prolonger ses dernieressoulfrances.
Les armes de Toulouse sollt : de gueulesä un ogneau pasral d'argent ä la fe/c con -tonrnee,snrmo/ifc d'une croix clechec, pomeleeet alesee d’or , soutenue d’une vergelte demeine, ä destve le portail de ieglise St-Senund’argent , et ä senestre un chdteau somme dttrois lours aussid’urgent; au chefd’azur seinede fle.urs de lis d’or.
Toulouse est une grande et belle ville , fortagreublement situee sur la ligne du chernin defer de l’Ocean ä la Mcditerranee et sur la rivedroite de la Garonne que Von y passe sur unbeau pont en pierros de taille, qui commmiiqueau grand faubourg Sl-Cyprien, traverse par unebelle et large rue. Au nord du faubourg , desjardins, des promenades et de helles liabilationsle scparenl du eanal du Midi, qui s\v joinl aucanal de Brienne. Cette jouction est une deshelles elioses qu’olfre 'Toulouse aux etrangers,taut pour le bas-relief dont est dccore ie pontjete sur les deux eannuxau point meine ou ils sercunissent, pour la double et magnilique allee quiborde ces canaux, que pour la double et magni-fique eduse parlaquelle leurseaux s'epancheut.La x ille se presente agreablement du edle de laGaronne par les beaux quais qui Imrdent lelleuve;du cotc oppose , die est ontouiee deremparls (lanques de grosses lours rundes, pla-oees de distanee en distance , dont on a com-menee la demolition, et quidisparailront bien tutenlierement. La forme de Tenr.cinte est uuovale irreguiier qui comprend l’ile de Tounis,situee en face du faubourgSt-Gvprien. L’inte-rieur de cclte ville ne repond ä sa belle Posi-tion, ni par Teclal de ses edilic.es, ni par l’ele-gance de leurs formes ; eile est presque louleeomposee de grandes maisons d’une architec-ture surannce, construiles en briques lougesmal cimentees avec de la ierre glaise ou demauvais morlier, qui lui domient uu air asseztriste; les plus anciemies maisons et les basquartiors sont conslruits en paus de bois dontles interslices sonl remplis avec du lorchis. Lesnies joignent le defaut d’ctre etroites , et deslors incommodes, ä celui d’ctre tortueuscs etdesagreables ; elles sont on ne peut plus malpavees en cailloux roules tiros de la Garonne,el leurs nombmises sinuosites sont loin de con-tribuer ä la salubrite de fair sous un ciel dontTardcur tend saus cesse a le corrompre. Tou-tefois il est juste de dire que, depuis quelquesamiees, Tadniiuislration immieipales’est li\reea degrandes ameliorations en elargissant ou re-dressanl les prineipalcs nies , en rajeunissautles anciennes construelions, en assainissantles quarliers qu’on ne pont embellir. La placedu Capitole est vaste, ornee de quatre joliesfonlaines plaeees ä chacim de ses angles: lesdeux faeades, paralleles aux angles du Gapi-tole , sollt regul ihres ; plusieurs projets sontpresentes pour emljellir eeile qui est enlace. La place la Fayette est circulaire , envi-rounee debatimenls uniformes, ornee d’une ma-gnili([ue fontaine, et tres-belle; du milieu, onvoit Ners Test une fort belle promenade com-