IO NOTICE HISTORIQUE
le siège devant Stabia, la prit, la livra à la fureur du soldat, et la ruinatellement que, du temps de Pline l’ancien, c’est-à-dire au moment de sadernière catastrophe, elle n’étoit plus qu’un simple village 1 .
Les habitants de Pompei , du haut de leurs remparts, purent voir la priseet la destruction de Stabia: affreux spectacle pour une ville menacée dumême sort! Cependant le courage des Pompéiens n’en fut point abattu; laférocité de Sylla leur étoit connue; ils savoient qu’il étoit plus aisé de levaincre que de l’attendrir: aussi, sans recourir à des supplications, que levainqueur heureux eût peut-être rejetées, ou à des traités qu’il étoit habituéà enfreindre, ils placèrent tout leur espoir dans leurs armes, et s’apprê-tèrent à défendre par elles une liberté qui leur étoit plus chère que la vie.
Sylla, ayant quitté Stabia, vint mettre le siège devant Pompei , qui étoitmunie de bonnes murailles, défendue par des gens de cœur, et dans uneposition à n’être point enlevée facilement. Pendant qu’il faisoit les prépa-ratifs nécessaires pour l’attaquer en règle, Cluventius, général des Samnites,part avec des forces considérables, marche en toute hâte au secours de laville assiégée, et pose fièrement son camp à quatre cents pas des Romains.L’impétueux Sylla se crut insulté par cette hardiesse : sans attendre les troupesqu’il ayoit envoyées au fourrage, il court à l’ennemi. Cluventius et ses Sam-nites reçurent le choc des Romains sans s’étonner, et les repoussèrent avecperte. Mais Sylla n’étoit point accoutumé à renoncer à la victoire, quelqueprix qu’il fallût la payer: aussi, dès que les fourrageurs furent revenus, ilattaqua de nouveau les Samnites, et, après un long combat, il les obligeaà se retirer. Cette victoire, que Sylla devoit à sa persévérance, fut une leçondont Cluventius profita : ayant reçu un renfort de Gaulois, il revint sur sespas, et se montra à son ennemi avec une armée plus nombreuse et plusredoutable que la première. Sylla, que rien ne pouvoit étonner, lui livrebataille une troisième fois, le force à une retraite précipitée; et, l’ayant re-joint près de Nola, il détruisit son armée, et le laissa lui-même au nombredes morts. Soit que les Pompéiens, frappés de la défaite de Cluventius, sefussent soumis aux vainqueurs, soit que Sylla leur eût accordé une capitu-lation avantageuse pour se débarrasser des affaires qui pouvoient le gênerdans la poursuite du consulat, qu’il brigua cette même année, ce général,sans songer davantage à eux, conduisit ses troupes dans le pays des Hirpi-niens, et de là dans le Samnium .
Deux passages de Cicéron , dans ses Discours sur la loi agraire, font voir
(i) Plin. lib. III, cap. 5.