SUR LA VILLE DE POMPEL
Selon Diodore de Sicile, cette partie de la Campanie reçut le nom de champsPhlégréenSy des feux que le Vésuve lançoit autrefois comme F Etna 9 et dont ilreste encore, dit - il ^ des traces par tout le pays 1 . Strabon dit aussi : Le terrainaux environs paroît être de cendre , et les vallons caverneux sont pleins de pierresqu’on croiroit à leur couleur noire avoir été bridées par le feu , tellement quonpeut conjecturer que dans l’antiquité ce pays eut quelque volcan qui s’est éteintfaute d’aliments 2 . Le même auteur attribue la fertilité des campagnes voisinesaux cendres volcaniques dont le sol est presque tout composé. Enfin Vitruve ,en parlant de la pouzzolane, attribue encore ses propriétés à l’effet des feuxcachés qui brûlent sous cette contrée 3 .
Ainsi donc, assise sur un vaste rocher, au bord d’une mer célèbre par labeauté de ses rivages, à l’entrée d’une plaine fertile, dans le voisinage d’unfleuve navigable, Pompei offroit à la fois une position militaire, une placede commerce, et un lieu de délices : aussi ses environs, jusqu’au sommetdu Vésuve , étoient couverts d’habitations et de maisons de plaisance. Lacôte jusqu’à Naples étoit tellement ornée de villages, de jardins et d’édifices,que le rivage du golfe offroit l’image d’une seule ville, et le concours pro-digieux d’étrangers, qui venoient dans ces lieux chercher le repos et lasanté, devoit, en y répandant un mouvement continuel, donner de la vieà ce tableau, et lui prêter de nouveaux charmes. Aujourd’hui même que sesbords, souvent ravagés par les laves et presque déserts, sont privés de toutce qui les ornoit alors, le seul spectacle de la nature suffit pour en faireun des plus beaux endroits de l’univers.
Mais si les avantages que Pompei retiroit de sa position étoient grands,ils étoient achetés au prix d’un fléau commun à toutes les villes de cettecôte, et qui afflige encore de temps à autre les cités modernes qui les ontremplacées; ce sont les fréquents tremblements de terre. Sénèque nous aconservé le souvenir de l’un d’eux, qui précéda de seize' années la grandeéruption: il eut lieu le 16 février de l’an 63 ; il renversa une grande partiede la ville de Pompei, et il endommagea beaucoup celle d’Herculanum : untroupeau de six cents moutons fut étouffé; des statues se fendirent, et plu-sieurs personnes perdirent la raisonh L’année suivante, il en survint un autrependant que Néron chantoit sur le théâtre de Naples , qui s’écroula aussitôtque l’empereur en fut sorti 5 . Ces secousses, présages ordinaires d’une éruptionprochaine, durent se répéter de loin à loin jusqu’au ^3 août de l’an 79,
(4) Senec. Quest. natur. lib. VI, cap. i.
( 5 ) Tacit. Ann. lib. XV. 34.
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