EXPLICATION DES PLANCHES
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été découvert entoure presque toute la ville, sans former aucun angle prononcé 1 * ; cette particu-larité est remarquable, parceque c’étoit en effet un principe de fortification, chez les anciens,d’éviter les angles aigus, qui, selon Yitruve ( lib . I, c. 5), favorisoient plus l’assaillant que l’as-siégé. Les portes sontl’accès.
Ces murailles (pl. XII) ne sont point seulement composées d’un mur d’enceinte garni detours, comme dans la plupart des villes antiques dont les ruines subsistent encore, mais on y ajoint cette espèce de fortification que Vitruve décrit sous le nom iïagger, et dont il vante beau-coup l’utilité : « Si aux murs et aux tours, dit-il, on ajoute des aggers (remparts), cela rend laa place plus forte; parceque ni les béliers, ni les mines, ni les autres machines, ne peuvent en-te dommager cette sorte d’ouvrages. Lorsqu’on veut élever un agger-, dit encore le même auteur,<e il faut commencer par creuser un fossé aussi large et aussi profond qu’il est possible; descendre« ensuite les fondations des murs jusqu’au fond de ce fossé, et avoir soin de donner à la con-te struction une force telle quelle puisse supporter la poussée des terres; de plus, on doit fonder« un autre mur du côté intérieur, mais à une grande distance du premier, de manière que sur« la longueur de Xagger (ou terre-plein compris entre ces deux murs) les cohortes puissent corn-et battre comme rangées en bataille. » ( Vitr., lib. 1, c. 5. )
L’enceinte de Pompei , dans la partie découverte au nord et à l’occident de la ville, étoit con-struite selon ces principes; mais les vestiges que l’on trouve encore des anciennes murailles ausud montrent que l’on n’y avoit point fait partout usage d 'aggers. Il paroît que, conformément àce que recommande Vitruve , on n’avoit employé ce moyen de défense que dans les endroits quioffroient quelque facilité pour l’approche des machines.
Les remparts de Pompei étoient donc formés généralement dun terre-plein terrassé et d’uncontre-mur. Ils avoient quatorze pieds de largeur, ef l’on y montoit par des escaliers assez spa-cieux pour laisser passage à plusieurs soldats de front (pl. XII, fig. i ). Us sont soutenus du côtéde la ville, ainsi que du côté de la campagne, par un mur en pierres de taille. Le mur extérieurdevoit avoir environ vingt-cinq pieds d’élévation ; celui de l’intérieur surpassoit le rempart enhauteur d’environ huit pieds (fig. IV). L’un et l’autre sont construits en piperno % à l’exceptiondes quatre ou cinq premières assises du mur extérieur, qui sont en pierres de roche, ou travertingrossier. Toutes les pierres en sont parfaitement bien jointes, mais sans mortier : le mortier est eneffet peu nécessaire dans les constructions faites avec des matériaux d’un grand échantillon. Cemur extérieur est partout plus ou moins incliné vers le rempart; les premières assises, dont nousvenons de parler, n’ont pas cette inclinaison; elles sont en retraite l’une sur l’autre. La construc-tion n’est point appareillée comme Xisodomon ordinaire des Grecs 3 , mais plutôt comme les mursétrusques que l’on voit encore à Cortone , Fiesole , Vol terra, et autres lieux de l’ancienne Étrurie ,c’est-à-dire que les joints verticaux sont inclines sur les lits ou joints horizontaux, en sorte que lepavement, ou surface extérieure de chaque pierre, présente la figure d’un trapèze, au lieu d’unparallélogramme 4 . Quelques pierres même, surtout dans les premières assises, sont entaillées et
(i) Lorsque je publiai les premières livraisons de ce volume, les fouilles autour de la ville n’avoient pas encore été entreprises. Les muraillesn’étoient point visibles; mais on en suivoit seulement les indices par les mouvements du terrain et quelques débris : en conséquence, le péri-mètre de la ville, que je donije avec la notice historique ( pl. II ), n’est point d’une exactitude rigoureuse. Les nouvelles découvertes memettront à même d’en tracer une figure plus exacte dans le grand plan général qui doit terminer 1 ouvrage.
(a) Espèce de lave. (Voyez page 11 de ce volume.)
(3) Isodomon, construction à assises égales. (Vitr. lib. Il, cap. 8.)
(4) Cette construction étoit aussi employée par les Grecs dans leurs fortifications. M. Cokerell, architecte anglois, en a observé un grandnombre d’exemples, et particulièrement dans les ruines de Messine , de Platée et de Chéronée.
placées en retraite des murs, de manière quil étoit facile d’en défendre