DE LA PREMIÈRE PARTIE. 3 7
i° La plateforme supérieure;
2° Un étage en niveau du rempart voûté et garni de meurtrières (fig. I);
3° Un autre semblable placé au-dessous (fig- II); et enfin la sortie de la poterne (fig. III), auniveau du pomœrium \ Ces étages communiquent entre eux par des escaliers ou des rampesdouces. (PI. XIII, fig. I.)
Il paroît que la ville n’avoit pas de fossés, du moins du coté où Ton a fouillé; car les murs encet endroit étoient assis sur un terrain escarpé. Ces fortifications qui, de nos jours, ne seroientpas même suffisantes pour une légère défense de quelques heures,' devoierit être, quand on leséleva, parfaitement en rapport avec les moyens d’attaque en usage à cette époque, et par consé-quent elles avoient atteint le même but que nous nous proposons aujourd’hui, en construisantles immenses ouvrages qui entourent nos places modernes. Cette réflexion doit empêcher demépriser ces travaux militaires exécutés sur d’autres principes que les nôtres, mais peut-êtreavec autant d’art et de succès a . La fig. II de la pl. XIII représente la restauration d’une tour. L’en-tablement qui couronne la partie au-dessus de l’escalier étoit en stuc (pl. XII, fig. Vil). Je l’airetrouvé dans les débris. Du reste, je n’ai eu besoin de rien conjecturer; tous les éléments dontse compose cette restauration existent encore. Dans la coupe du terre-plein, on aperçoit la con-struction des murs de revêtement indiquée par des lignes ponctuées. Je me suis servi, pour larestauration, de la première tour vers la porte, déjà donnée pl. XI, parceque les détails en sontmieux conservés. Elle n’est pas exactement semblable en tout à celle de la planche précédente,que l’on voit dans son état de ruine; mais la disposition est absolument la même,
FAUBOURG OCCIDENTAL.
Les fouilles entreprises en i663, dans la direction de la voie antique, avoient été arrêtées àpeu de distance de la porte, déjà donnée pl. XI. En 1812, le gouvernement ordonna la continua-tion de ces travaux, et ils ont fait retrouver une grande partie du faubourg occidental, par lequelon entre aujourd’hui dans la ville 1 2 3 . Un petit chemin qui commence à la Via Regia conduit, àtravers les vignes et les peupliers, jusqu’à l’extrémité de la voie nouvellement découverte, un peuau-dessous de la maison de campagne. C’est de là que l’on jouit tout-à-coup de la première vuede Pompei ; et, quelque préparé que l’on y soit d’avance, on ne peut s’empêcher d’éprouver unevive surprise à l’aspect de cette vue bordée de monuments nombreux, tous plus ou moins dégra-dés, sans offrir cependant aucun indice de vétusté, et présentant pour ainsi dire à-la-fois l’imagede la jeunesse et de la destruction
J’ai essayé de représenter la vue de ces fouilles dans la pl. XIV. Le point de vue est pris au-
(1) « Les augures du peuple romain, qui ont écrit le livre des Auspices, définissent le Pomœrium de cette manière : C’est un espace consacré«dans la campagne, tout à 1 entour de la ville. Cette région, déterminée au-delà des murs, sert de limites aux auspices de la cité.» ( Aul.Gell. noct. Att. lib. XIII, cap. i 3 . )
(2) Les anciens perfectionnèrent de bonne heure l’art d’attaquer et de défendre les places. Le siège de Platée, entrepris au commencementde la guerre du Péloponèse , 428 ans avant J. C., offre un exemple remarquable des progrès de l’art militaire chez les Grecs : on y voitdéjà des travaux immenses et ingénieux, entrepris de part et d’autre pour l’attaque ou la défense, et un poignée de soldats se maintenirdans leurs fortifications contre une armée entière. ( Thucyd. lib. II, cap. 9. ) Les machines d’Archimède au siège de Syracuse ( Plutarq. v. deMarcellus), celles dont se servit Démétrius Poliorcète au siège de Rhodes ( Diod . Sic. lib. XX, cap. 8), égalent en génie toutes nos inven-tions modernes, qui ne sont baséesque sur la puissance d’un agent terrible, découvert par hasard. Est-il, de nos jours, un ingénieur qui osâtprendre sur lui d’exécuter une machine semblable à 1 ' Eélépolis de Démétrius ? [Vitr. lib. X, cap. 22.)
( 3 ) C’est en partie aux recherches et aux soins de M. le chevalier Arditi, directeur des fouilles et des musées du royaume, que l’on doitles belles découvertes faites à Pompei depuis quelques années. Ce savant célèbre joint à la plus vaste érudition un vif amour des arts et unzèle infatigable pour tout ce qui tend à illustrer sa patrie.
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