EXPLICATION DES PLANCHES
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quelque chose de touchant et de prophétique. Cette jeune mère qui vient pleurer sur les restesinanimés d’un des plus doux objets de sa tendresse et leur rendre un culte d’affection et deregret, devoit elle-même, seize ans plus tard, périr de la même mort, mais sans espérance de mêlerses cendres à celles renfermées déjà dans ce tombeau....! Cette conjecture, si elle étoit admise,me serviroit aussi à expliquer pourquoi ce monument ne porte point d’inscription; car les plaquesde marbre attachées à l’enceinte et à la tour sont parfaitement lisses: on n’aura pas cru néces-saire d’en faire la dédicace pour un seul enfant, et l’on attendoit que quelqu’un des chefs de lafamille pût donner, par ses funérailles, plus d’éclat à cette cérémonie. Le costume des figures deces deux bas-reliefs est sans doute celui que porloient les femmes mariées à Pompei ; on en re-trouve encore aujourd’hui quelque reste dans l’habillement des femmes de Mola di Gaeta; maisdans les environs de Sora , pays isolé, et où par conséquent les traditions antiques ont eu moinsd’occasion de se perdre, ce costume charmant s’est exactement conservé 1 2 .
Le plus intéressant des tombeaux nouvellement découverts est, sans contredit, celui marquéK sur le plan; on en voit l’élévation et la coupe, planche XXX. Il est composé d’une enceinte etd’une chambre sépulcrale. La voûte de cette dernière et le cippe qui couronne le monument sontsoutenus par un massif placé intérieurement au milieu du caveau 3 . Ce massif est percé à jour parquatre petites arcades, dont trois étoient clauses avec des vitres 3 , et la quatrième avec un voileépais attaché à des clous. Cette espèce de tabernacle, ménagé ainsi au centre de ce pilier, 11e con-tenoit rien lors de la découverte du tombeau ; mais il est probable qu’il devoit renfermer uneurne, ou plutôt un lampe, comme semble l’indiquer le soin que l’on a eu de le clore avec desvitres pour laisser passage à la’ clarté, et avec un voile pour empêcher le vent de la porte détein-dre la lumière qu’on y entretenoit. Quatorze niches percées au pourtour du caveau étoient des-tinées à recevoir autant d’urnes cinéraires.
L’intérieur de ce tombeau n’offre, comme on vient de le voir, rien de bien intéressant; mais sadécoration extérieure doit le rendre célèbre, à cause des détails curieux que présentent les bas-reliefs dont il est couvert, et les notions précieuses qu’ils donnent sur les jeux et les combats del’arène 4 .
Ces bas-reliefs sont disposés autour des gradins du cippe et sur la façade du mur d’en-ceinte; ils sont en stuc, comme tout le reste de la décoration; car il n’y a de marbre dans cetombeau que la plaque sur laquelle est gravée l’inscription 5 . Elle est en beaux caractères, etainsi conçue :
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(1) Dans le costume des paysannes de Sora, la partie supérieure est une sorte de chemisette large et flottante; l’espèce de tablier qui enve-
loppe le milieu du corps est noir et la jupe rouge; le voile n’est plus arrangé comme dans le bas-relief, il est relevé avec assez de grâce pardevant et flottant par derrière. On peut avec raison regarder le costume des figures de ce monument comme représentant l’habillement nationaldes anciennes Campaniennes. *
(2) Le massif semblable que l’on voit au tombeau marqué N sur le plan pl. III, et dans la coupe pi. VII, étoit destiné au même usage.
( 3 ) Le grand nombre de fragments de panneaux de verre trouvés à Pompei et à Herculanum ont enfin appris que les anciens se servoientde vitres comme les nôtres; mais elles étoient d’un usage moins général que chez nous, et faisoient partie des objets de luxé. (Voyez aussipage 24 de ce volume. )
( 4 ) En traitant de l’amphithéâtre, dans la quatrième partie de cet ouvrage, je donne un essai sur cette sorte de monuments, et les combatsqu’on y livroit; j’y ai joint tous les détails, inscriptions, peintures, armures et armes, qui y ont rapport, et qui ont été découverts à Pompei :aussi me bornerai-je ici à expliquer d’une manière succincte les bas-reliefs du tombeau dont il est question.
( 5 ) Cette inscription fut trouvée détachée du tombeau. J’en ai donné le détail en grand pour montrer la manière dont la plaque de marbreétoit ajustée, parceque quelques personnes ont avancé que cette inscription n’appartenoit point à ce tombeau; ce qui est une erreur. Il estfacile de voir que la partie supérieure ABCD se joint parfaitement bien avec la partie inférieure AFDE; d’ailleurs les tenons qui existent aumorceau AFDE, incrusté dans le stuc, se sont trouvés correspondre exactement aux trous pratiqués anciennement pour les recevoir dans lapartie supérieure, sur le joint AD.
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