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Première partie.
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DE LA PREMIÈRE PARTIE.

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des fortunes ou de l’observance des lois somptuaires 1 . Il est à remarquer que presque tous cestombeaux appartiennent à des magistrats ou à des personnes qui avoient reçu des honneurs pu-blics : ce qui semble indiquer un quartier privilégié dont les terrains étoient en partie destinés àla sépulture de personnages marquants par les charges dont ils avoient été revetus, ou par l’ai-sance dont ils jouissoient.

Le bâtiment n° 22, placé à la naissance de la route de Nola, fut découvert en 181 3 . Il est com-posé d’un portique extérieur aa , dont les arcades existoient encore presque toutes au momentdes fouillés, et de boutiques b pour des marchands, soit de comestibles 2 , soit d’objets assez com-muns, comme l’extrême grossièreté de l’enduit et des peintures semble l’indiquer. Il y a aussi unefontaine et un abreuvoir, et il est probable que ce lieu servoit d’hôtellerie aux paysans qui ve-noient approvisionner Pompei ; on y a en effet retrouvé le squelette d’un âne, les débris d’unepetite charrette , et quelques objets de provisions. Les boutiques dont nous venons de parler avoientun petit étage au-dessus d’elles, auquel on montoit par des escaliers en bois, à l’exception despremières marches, construites en pierres ou en briques. Tout cet édifice étoit terminé par uneterrasse derrière laquelle s’élevoient encore en amphithéâtre d’autres terrasses et des galeriesd’où Ton découvroit la mer, les Apennins, le Vésuve et toutes les villes de la côte. Les eaux plu-viales tomboient de ces terrasses dans des citernes d, où elles étoient conservées avec soin pourl’usage des locataires de ces boutiques.

Si l’on eût continué les fouilles de ce bâtiment, on auroit certainement trouvé l’ensemble d’unédifice considérable ; on en a même découvert l’entrée e à l’extrémité du portique aa.

D’autres boutiques, marquées f n° 23 , sont contiguës à celles-ci; mais il est facile de voir, parle soin avec lequel elles sont décorées et peintes, qu’elles appartiennent à un édifice différentde celui que nous venons de décrire 3 .

En face, on voit encore un autre portique, n° 24? et des boutiques aaa. La dernière d’entreelles b a un comptoir en maçonnerie, comme ceux des thermopoles que l’on trouve à Pompei ;ce qui indique qu’on y vendoit des boissons chaudes. Pour rendre ce lieu plus agréable à ceuxqui s’y arrêtoient, on l’avoit orné de bancs c et d’une treille supportée par des colonnes. Lesdeux trous carrés marqués d avoient été pratiqués dans le trottoir pour recevoir les deux pieds devigne dont le feuillage ombrageoit l’entrée de ce thermopole. Ce portique et ces boutiques appar-tiennent à une habitation, n° 2Ô, déterrée en 1764, et recouverte depuis 4 . Elle est ordinairementappelée Maison de Cicéron. Cette dénomination me paroît hasardée : Cicéron avoit bien à Pom-pei une maison de plaisance qu’il affectionnoit beaucoup, et où il composa en grande partie sestraités des Offices, de la Divination et de la Vieillesse; mais elle devoit être plus éloignée de laville. Il écrivoit lui-même à Atticus : Je suis ici dans un endroit très agréable , mais surtout fort

(1) Elles défendoient de dépasser certaine somme dans la construction des tombeaux, sous peine de payer, comme amende, une sommeégale à l’excédant delà dépense fixée. ( Cic. ad Attic. lib. XII, epist. u5.)

( 2 ) On y voit deux petits foyers externes qui indiquent que l’on y donnoit à manger. Presque toutes les hôtelleries aux environs de Naplesont encore de nos jours de petites cuisines pareilles sous des portiques où l’on prépare à manger pour le peuple et les voyageurs.

(3) On peut avoir une idée de leur décoration externe en examinant le pan de mur qui tient à l’hémicycle dans l’élévation donnéepl. XXXIII, fig. I. Le soubassement est peint en rouge, et l’interstice des refends en bleu.

(4) J’ai déjà dit que, dans les premiers temps, l’on recouvroit les, monuments fouilles, après avoir enleve ce quils pouvoient offrir de pré-cieux : ce fut don Francesco Larega, ingénieur chargé des travaux de Pompei , qui le premier entreprit de déblayer la ville entière, selonle système suivi jusqu’à ce jour. Je saisis cette occasion pour rendre a la mémoire de cet artiste le juste tribut de louanges et de reconnois-sance qui lui est dû. Don Pietro Larega, héritier de la place et des talents de son frere, dirigea aussi les travaux de Pompei jusqu’à cesderniers temps. Il vient de mourir dans un âge assez avancé. Lié d’amitie avec lui, je dois a sa complaisance des renseignements intéressantset la communication des plans de tous les monuments recouverts, comme celui-ci, après avoir été fouillés.

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