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EXPLICATION DES PLANCHES. 43
éclairé par la critique, accepterait ce nouveau progrès dans la vérité matériel le de la scène :bientôt, peut-être, on risquera le coloris dans les décorations architecturales de nos édificesprivés. Une fois engagé dans cette voie, où s’arrêtera-t-on? Toutefois, l’imitation ne doit pas êtrela copie : nos artistes se rappelleront qu’ils n’ont point le ciel et la lumière de l’Italie à leurdisposition, et que, si le mauvais goût ne consiste pas dans l’emploi des couleurs vives, il pour-rait se trouver dans un assemblage de tons heurtés et criards.
Ceci nous conduit encore à remarquer que les anciens devaient entretenir, dans toutes lesparties de leurs édifices, une propreté recherchée : les couleurs vives n’eussent point été compa-tibles avec les souillures qui déshonorent les bâtiments modernes. On dit avec quelque justesseque l’on gâte également un édifice en le badigeonnant, ou en le regrattant. Soit; mais on peutau moins chasser la poussière : on peut même laver une façade. On le fait en Hollande et auxÉtats-Unis ; et l’aspect des villes n’y perd rien. Il ne s’agit pas d’ôter à d’antiques édifices le vernis oula croûte vénérable des siècles, on propose de faire en sorte que le nouveau reste neuf; que nosmonuments puissent échapper à cette caducité précoce, sous laquelle on cherche en vain lamajesté de la vieillesse et le charme des souvenirs.
La figure 3 me de la même planche est le dessin d’un des piédestaux qui se trouvent au pied descolonnes ; de celui-là même que nous avons déjà noté dans la coupe longitudinale. On remarquela disposition de la rigole pour les eaux pluviales.
Les colonnes des angles du portique contenaient dans leur intérieur le tuyau d’une fontaine,et l’eau destinée aux sacrifices tombait de là dans un bassin placé sur un piédestal rond etcannelé, tel que celui qui forme le sujet de la figure 4. L’autre partie de cette figure repré-sente un des piédestaux qui se trouvaient aussi aux coins du portique.
Nous aurions à nous étendre ici sur, les peintures murales des anciens, ainsi que sur leur
architecture polychrome, si ce sujet n’avait été traité amplement par Mazois (1) et n’avait reçu
de nouveaux développements dans la III e partie de cet ouvrage (2). Quelle que fût l’autorité
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des découvertes de Pompéi relativement à l’état des arts lors de la ruine de cette ville, il s’estélevé tout récemment, entre les archéologues, une discussion sur l’étendue de cette autorité, quantaux époques antérieures à l’éruption du Vésuve . M. Hittorf avança, dans un travail fort inté-ressant sur l’architecture polychrome des anciens (3), que les Grecs, aux plus beaux tempsde l’art, ont tracé des peintures historiques sur les murs mêmes des édifices de tout genre:cette assertion fut vivement attaquée par un savant antiquaire. Celui-ci a prétendu que lapeinture murale se bornait, pour les anciens temps, à la décoration, et que l’application de lapeinture murale aux sujets historiques, comme on en trouve tant d’exemples à Herculanum età Pompéi , appartient à une époque récente et en partie à la décadence de l’art (4). Cette opinions’étayait principalement sur quelques passages d’auteurs anciens déjà signalés par M. Boettigerdans la première partie de son ouvrage sur la peinture.
Mais un homme qui s’est fait un nom illustre dans toutes les branches de l’archéologie estvenu prêter son aide à 1 artiste dont les théories étaient menacées par des interprétations philo-logiques. M. Letronne est intervenu dans la discussion. Il a rétabli certains textes, a interprétéet éclairci les autres, et a prouvé enfin d’une manière péremptoire que des peintures muraleshistoriques avaient existé dans les plus anciens temples de l’Italie , décorés sous 1 influence des
( 1 ) Voyez 11 e partie, page 62 .
( 2 ) Voyez 111 e partie, page 45-
(3) Annali dell’ instituto di Corrisp. Archit. t. II, p. 263-284-
\ (4) Journal des Savants , juin, juillet, août 1 833; ou une brochure de 28 pages in-4°.
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