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Quatrième partie.
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46 EXPLICATION DES PLANCHES.

Sur une plinthe de marbre blanc qui devait servir de base à quelque objet de culte, on lisait :

AGATHEMERVS.VETTISVAVIS . CAESIAE . PRIMAEPOTHYS. NYMITORlANTEROS. LACVTVLANI (i)

MINIST . PRIM . FORTVN . A VG . 1 VSSM . ST AI . RYFI . CN . MELISSAEI . D . V, I . D.

P. SILIO . L . VOLVSIO . SATVRN . COS.

Cette inscription, curieuse sous le rapport des surnoms qu’elle renferme, n’offre pas un sensbien certain. Il nous semble néanmoins qu’on doit l’interpréter à peu près ainsi :

« Agathémère, affranchi de Vettius; Suavis, affranchi de Cæsia Prima; Pothus, affranchi deNumitorius, et Antéros , affranchi de Lacutulanus, premiers ministres de la Fortune Auguste,ont posé ceci par ordre de Marcus Staius Rufus et de Cneius Melisseus, duumvirs chargés dela justice, sous le consulat de Publius Silius et de Lucius Volusius Saturnus (an 3 après J. C). »

Une autre plinthe, qui pouvait servir de base à une statue, portait :

TAVRO . STATILIOTI . PLATILIO . AELIAN . COSL . STATIVS . FAVSTVS . PROS 1 GNO . QVOD . E . LEGE . FORT VN AEAYGVSTAE . MINISTORVM (2) . PONEREDEBEBAT . REFERENTE . Q . POMPEIO . AMETHYSTOQVAESTORE . BASIS . DVAS . M ARMORIAS (2). DECREVER VNTPRO . SIGNO . PONIRET (a).

« Sous le consulat de Taurus Statilius, et de Tiberius Platilius Ælianus, Lucius Statius Faustus,au lieu de la statue qu’il devait faire élever, selon la règle des ministres de la Fortune Auguste,vu le rapport de Quintus Pompeius Amethystus, questeur, a été obligé, par un décret, à établirdeux bases de marbre (3). »

Enfin, sur une pierre enfoncée dans le sol, vers la droite des degrés du temple, on a trouvé cesmots :

M . TVLLII . M . F.

AREA PRIVATA.

« Propriété particulière de Marcus Tullius , fils de Marcus. »

On a trouvé en outre, dans la cella même du temple, deux statues de grandeur naturelle, l’uned’homme, l’autre de femme.

La première est une statue consulaire, dans les traits de laquelle on a cru reconnaître ceuxde Cicéron lui-même : sans nous prononcer sur cette ressemblance, nous ferons remarquer queles Pompéiens auraient donné au monde romain un exemple bien courageux et bien rare, s’ilsavaient conservé dans le temple de la Déesse inconstante, la statue d’un grand homme en disgrâce.

(1) Plusieurs antiquaires qui ont rapporté cette inscription lisent LACVTVLANT ; mais ils interprètent comme s’il yavait LACVTVLANI: il est facile de prendre les deux finales l’une pour l’autre. — Nous aurions d’abord été porté à croirequ’il s’agit dans cette inscription d’un seul personnage désigné par diverses épithètes grecques latinisées ; et nous étionsconfirmé dans cette opinion par l’orthographe de MINIST., qui au pluriel devrait s’écrire MINISTR . Mais l’opinion dusavant Marini et du judicieux Orelli nous a décidé.

(2) Ministorum, Marmorias, Poniret (sic). Ce sont des fautes dues au sculpteur, telles qu’on en trouve dans une fouled’inscriptions. On voit, par exemple, un étrange solécisme sur l’annonce d’un maître d’école de Pompéi , Sabinum et RufumValentinus cum discentes suos rogat (pour cum discentibus suis). Ce n’est point d’après les inscriptions publiques que l’on peutjuger de la langue littéraire, et si on voulait dater les monuments d’après l’orthographe des mots qui y ont été gravés, onse tromperait souvent de beaucoup. La même remarque peut s’appliquer à nos inscriptions, ou à nos affiches modernes.

( 3 ) On ne trouve, dans les fastes consulaires, le nom d’aucun des quatre consuls désignés dans ces deux inscriptionsOn doit donc supposer que c’étaient des Consules suffecti; car ceux-ci devinrent très-nombreux, a mesure que s’aggravaientles désordres de l’empire.