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Quatrième partie.
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EXPLICATION DES PLANCHES.

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Une circonstance particulière ajoute encore au prix de ce morceau remarquable de sculptureantique : la toge prétexte dont le personnage est revêtu était peinte tout entière en pourpreviolette (i); or on admet généralement que ce costume des magistrats romains était blanc etseulement bordé de pourpre.

Le visage de la statue était peint lui-même, et Ton trouve encore des traces de couleur sur lesyeux et les cheveux : nouveau fait à joindre à l’histoire de la statuaire polychrome.

Quant à la statue qui représentait une femme, elle était vêtue d’une Tunica talaris dont lebord était doré, et d’une robe bordée d’une bandelette de pourpre rouge. On avait enlevé autre-fois le visage, probablement afin de substituer aux traits d’une puissance déchue, ceux d’unepatronne dont on voulait adorer la naissante faveur ; intention qui dément un peu ce que noussupposions tout à l’heure en faveur des Pompéiens. Du reste, la Fortune ne sourit pas à cette bas-sesse : le Vésuve se chargea de la prévenir par une catastrophe plus terrible encore que cellesde la politique.

Maintenant, examinons l’état actuel du temple représenté à la figure 2 de la planche XXIV,état de dégradation et de ruine complète. La place des marbres, qui ont été enlevés dansdes fouilles très-anciennes, marque seule avec quelle richesse ce petit temple était décoré. Detous les membres de l’architecture, à peine reste-t-il quelques chapiteaux corinthiens que l’onvoit sur le podium. L’aspect de ce lieu est un des plus mélancoliques qu’offrent les ruines dela ville : c’est peut-être que là se réunissent les plus riches souvenirs intellectuels et la dévasta-tion matérielle la plus complète, causée par la fureur du volcan et par la rapacité des hommes.

On voit par le plan de l'édifice, fig. 1, qu’il est en quelque sorte de l’espèce des pseudo-péripteres, les colonnes engagées dans la muraille étant seulement remplacées par cinq pilastres,compris ceux des angles de la cella. Il s’élève sur un podium, ce qui était surtout indispensablepour le temple sans area. Nous allons voir comment on a suppléé à l’enceinte qui manquait.

A. Dégrés du temple, au nombre de neuf (2).

B. Pronaon, formé par quatre colonnes corinthiennes de face, plus deux de chaque côté, àl’alignement des antes de la cella.

C. Cella, dans laquelle on pénétrait par une entrée toujours ouverte. La paroi du fond s’ar-rondit en forme de niche.

D. Esp èce de chapelle formée de deux petites colonnes corinthiennes et de deux pilastres quisoutenaient un entablement : on y voit encore un soubassement qui supportait sans doute lastatue de la déesse.

E. Quatre niches, dans lesquelles se trouvaient probablement les deux statues que l’on atrouvées et deux autres pareilles.

F. Autel destiné aux offrandes publiques. Il est placé, comme dans une aréa, sur ce premierpodium, dont 1 accès était interdit au vulgaire par une grille dont on voit encore les traces.

G. Deux escaliers latéraux, de trois marches chacun, par lesquels on montait sur la première

(1) La pourpre violette était la plus ancienne et la plus commune; la pourpre rouge de Tarente, qui fut en usage sousAuguste , ne coûtait que cent deniers la livre; la rouge de Tyr en coûtait mille. Pline, IX, 3q, 63.

(2) 11 est difficile de s’entendre bien nettement sur le nombre de degrés d’un temple, et l’on remarquera, par exemple, quesir William Gell ne compte encore ici que huit degrés (Pompeiana, i832,p. 72). En voici la raison : on prend souvent pourun degré la première pierre qui se trouve posée au niveau du sol, et qui n’est pas une marche, quoiqu’en ayant la forme,et étant déjà comprise entre les rampes de la montée (il n’y en a pas dans l’exemple actuel); ou bien l’oïi ne compte pasle dernier pas qu’il faut faire pour arriver sur le sol du temple, et c’est ainsi que sir Gell n’a trouvé que huit degrés. Maistous les exemples sur lesquels nous avons insiste dans cette 4 partie ont démontré suffisamment que, pour trouver le nombreimpair voulu par les anciens, il faut compter autant de degrés qu’on lève le pied de fois afin de parvenir d’un sol à l’autre.