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Quatrième partie.
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EXPLICATION DES PLANCHES. 63

plancher devait porter; puis des ouvertures carrées, renfermant les machines qui servaient pourlever le rideau ; puis ensuite une ligne noire, qui figure l’ouverture de la voûte sous laquelle lerideau se repliait tout entier. A la figure première, pl. XXXIY, ces ouvertures sont marquées c,et l’on voit un escalier par lequel on descendait dans l’espace vide entre les deux petits murs.

O. L’espace vide qui régnait sous le plancher; c’est de là que venaient les furies ou les fantômesqui sortaient par les trappes pour paraître sur la scène. Ces personnages descendaient dans ceslieux souterrains par les petits escaliers qu’on aperçoit sur les côtés du proscénium. L’une deces trappes ou l’échelle par où l’on y montait s’appelait l’escalier de Caron, Xap&vesoç

P. Petit escalier par lequel on montait du corridor voûté jusque sur le proscénium.

Q. Le proscénium, recouvert de son plancher. Il était appuyé sur la scène stable, au bord delaquelle on voit les creux qui devaient recevoir les solives. Ces creux sont marqués a au plan de lafig. i re , pl. XXXIV. Le plancher portait en outre sur le contre-mur du proscénium, sur de petitsmurs transversaux que l’on voit figurés au petit plan détaillé, et même sur les contre-forts de l’avant-mur. Il devait être ouvert pour laisser passer la toile, à peu près comme le plancher de nos théâtresmodernes s’ouvre pour les lumières de la rampe. Mais il est probable que cette ouverture se refer-mait aussitôt que la toile était tout à fait tombée : sans cela, comment l’acteur se serait-il avancésur le*bord du pulpitum? comment les chœurs auraient-ils communiqué delà scène à l’orchestre,et à quoi auraient servi les petits escaliers?

La partie la plus avancée de ce plancher, et peut-être le plancher tout entier, s’appelait le Pul-pitum. En effet, le pulpitum était assez étendu, puisqu’il est question des évolutions qu’y fai-saient des acteurs, ou même le joueur de flûte à la tête des chœurs (i).

II ne reste là aucune trace d’une partie plus élevée, d’une espèce de tribune, comme quelquesantiquaires voudraient en voir une dans le pulpitum. Il n’existait évidemment rien de pareil. C’estencore une erreur que de confondre le pulpitum avec le thymelé , qui, étant originairement l’autel,ne peut être établi que dans l’orchestre, et à la place assignée aux musiciens : là, en effet, peutseulement se trouver une espèce d’estrade, occupée par les musiciens, nommés Thymelici (2).C’était eu particulier la place de ceux qui, tout en frappant des cymbales avec les mains, ouen jouant de la flûte, battaient la mesure du pied sur le scabillum ( 3 ), espèce d’escabeaucreux que l’on faisait résonner en le frappant avec une semelle dç bois ou de fer. Isidore ditformellement que le thymelé était dans l’orchestre ( 4 )* Enfin, quoique, d’après Vitruve , les Romainsaient fait moins d’usage de l’orchestre que les Grecs, il 11e s’ensuit pas que les musiciens n’aientpas été placés dans celui-ci, ou plutôt au pied delà scène, quand ils ne faisaient pas d’évolutionssur le pulpitum. S’il en eût été autrement, à quoi auraient servi les escaliers qui communiquaientde l’un à l’autre?

On a trouvé sous ce plancher des traces de décorations, ou plutôt des machines qui les faisaientmouvoir (pl. XXXIV, fig. I, bb). Ce sont des pierres garnies de fer? percées de trous, dans lesquelson a vu des pivots de fer, supportant encore les restes d’une poutre. C’était sans doute sur ces pivotsque I on appuyait et que l’on manœuvrait la scena versilis ou les trigones mobiles, représentant

( 1 ) Traxitque wagus per pulpita western. Hor., de Art. poet., 2i5. « Et le joueur de flûte, errant sur l’avant-scène, y traînales replis de sa robe. »

( 2 ) Vitruv., V, 8.

(3) Suet.,.Cal., 54-— August., deMusica, 3.

(4) Isid. Or. XVIII, 47 : Thymelici erant musici scenici qui in organis et lyris et citharis prœcinebant. Et dicti Thymelici quodolim in orchestra stantes cantahant super pulpitum quod thymele vocabatur. « Les Thymelici étaient des musiciens attachés authéâtre, qui jouaient sur leurs instruments, leurs lyres et leurs cytliares. On les nommait Thymelici parce qu’autrefois, deboutdans l’orchestre, ils chantaient au pupitre appelé Thymelé. »Ici pulpitum est pris dans son sens générique, et ne désigne nullementle proscénium, le plancher de la scène.

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