EXPLICATION DES PLANCHES.
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sur une face l’architecture d’un palais, pour la tragédie; sur l’autre, des édifices privés, pour lacomédie ; sur la troisième enfin, des arbres et des rochers, pour les satires ou les pièces pasto-rales. Ces trigones étaient placés sur les côtés de la scène, et il y en avait trois de chaque côté.Quant aux versurœ ou 7capa<7x,^via, espèces de coulisses dont l’une marquait l’entrée du forum etl’autre l’issue vers la campagne, ou peut-être d’autres accessoires, ce ne pouvaient être que deschâssis glissant dans de simples rainures, et il était impossible que l’on en rencontrât les vestiges.Il eu était de même de la scena ductilis qui cachait souvent la décoration architecturale de la scèneou seulement le fond du proscénium, vu à travers les portes. Elle consistait, soit en une toile quitombait d’en haut (xaTà£Xu|ia), soit en deux tableaux que l’on tirait de droite et de gauche (1). Nil’une ni l’autre de ces dépendances de la scène n’a laissé le moindre débris pour attester sonexistence ; quoique nous ne puissions douter que l’on ait employé à Pompéi , comme sur tous lesautres théâtres antiques^ ces moyens indispensables, non pour l’illusion scénique, puisque les an-ciens ne la connaissaient pas, mais au moins pour la désignation claire et précise du lieu de la scène.
Il nous reste à parler de la manière dont on manœuvrait le rideau. Mazois a laissé à ce sujetune note assez détaillée. Il a recréé la machine dont les anciens se servaient pour cet usage; et sadescription nous paraît aussi certaine que s’il avait vu les débris de cet engin. Chacune des ouver-tures que l’on voit en N (elles sont marquées c au petit plan, pl. XXXIY) renfermait un poteaucreux qui descendait depuis le niveau du pulpitum jusqu’au fond du petit caveau où se repliait latoile. Il avait donc à peu près 12 pieds de profondeur, 7 pour le caveau et 5 pour la hauteurdu mur d’appui. Ce poteau creux en renfermait un autre en bois, également creux; et celui-ci encontenait un troisième, lequel servait peut-être encore d’étui à un quatrième : mais le dernierpouvait être solide. Ces supports, enchâssés les uns dans les autres, pouvaient se désemboîteret se lever au moyen de cordages attachés à la base de chacun d’eux, passant sur une poulie à lapartie supérieure de chaque étui, se coudant encore sur une poulie de renvoi au bas de l’appareil,et allant s’enrouler sur un treuil placé à l’extrémité du petit caveau. Le rideau était attaché àdes tringles de fer qui joignaient deux à deux les extrémités supérieures de ces piliers. On sentqu’alors il ne fallait qu’une manœuvre fort simple, soit pour abaisser le rideau et découvrir lascène, soit pour le relever de deux ou trois fois la longueur d’un des emboîtements, c’est-à-dire de 24ou de 36 pieds, lorsqu’il était descendu dans le petit caveau. Il est bon d’ajouter une remarque pourcompléter ce système : c’est que Yaulœum nétait pas le seul voile qui dérobât la scène aux yeuxdes spectateurs avant ou après la représentation. Il y avait en outre des siparia , espèces de rideauxque l’on peut comparer au manteau d’arlequin de notre avant-scène, à cela près qu’ils n’étaientpoint imités en décoration, mais formés d’une étoffe à plis réels, qu’ils se retiraient à droite et àgauche, et qu’ils s’employaient, soit seuls, dans les petits théâtres; soit, dans les plus grands, concur-remment avec l’aulæum, auquel ils ajoutaient alors une espèce d’accompagnement et de garniture(2).
(1) La distinction entre la Seena versilis et la Scena ductilis se trouve établie par Servius qui, commentant ce vers de Virgile :Vel scena ut versis dis cédât frontibus, Georg. lit, 24, s’exprime ainsi : Versilis tune erat cum subito tota machinis quibusdamconvertebatur et aliam picturce faciem ostendebcit; ductilis autem, cum, tractis tabulatis hac atque illac, species picturœnudabcitur interior. «La scène s’appelait versilis lorsque, par l’effet de certaines machines, toutes les décorations se retournaientsoudain et se montraient sous une autre face. On la nommait ductilis, lorsque, en tirant de droite et de gauche les tableaux quil’ornaient, on découvrait de nouvelles peintures cachées sous les premières. »
(2) Appui. Met. 10 : Aulæo subducto et eomplicitis sipariis, scena disponitur. Id. ibid. : Aulæum tragicum dimoveto et sipariumscenicum complicato. «L’ aulæum étant abaissé et les siparia repliés, la scène commence.—Abaissez 1 aulæum tragique et repliezle siparium de la scène, v Ces deux passages indiquent suffisamment que Yaulœum s’abaissait et que le siparium se repliait. Il estvrai que plusieurs passages de différents auteurs indiquent, les uns, que le siparium voilait la scène pendant les entractes, lesautres que Yaulœum était plus en usage dans les théâtres tragiques, et le siparium dans ceux ou 1 on jouait la comédie. Mais ces.explications ne détruisent pas la première.