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EXPLICATION DES PLANCHES.
pies des provinces voisines, tels que les habitants de Soles en Cilicie , qui, par leur mauvaiseprononciation du grec, avaient fourni l’étymologie du mot solécisme. L’imagination peut facilementreplacer cette assemblée brillante dans le vaste hémicycle, composé de deux précinctions et devingt-neuf gradins; la première précinction entourée d’une galerie, et l’édifice couronné d’unportique de cinquante arcades. Mais c’est toute la partie de la scène qui, conservée intacte, donnel’importance d’un événement archéologique à cette découverte.
« La scène est ornée de deux ordres de colonnes, ionique et corinthien. Le rang inférieur adouze colonnes de face : elles sont en marbre blanc veiné de rouge. L’entablement est orné dela plus riche sculpture ; dans la frise sont des têtes de victimes couronnées de guirlandes ; entre lesentre-colonnements, de petites niches ornées de frontons d’une extrême délicatesse de sculptureet dont la conservation a lieu d’étonner. Cinq portes conduisent de la salle des mimes sur lascène ; ell es étaient décorées de chambranles à consoles, qui ont été enlevés. L’ordre supérieurest supporté sur des piédestaux très-bas; chaque couple de colonnes soutient un fronton. Celuidu milieu est orné dans son tympan d’une statue de femme nue, qui tient des rinceaux defeuillage. La pose de cette figure est très-gracieuse. Nous dirons tout à l’heure quel effet cette statuea produit sur l’imagination des Turcomans.
«La scène était couverte par une toiture en charpente, dont l’inclinaison était dirigée vers le mur.Le vide qui existait entre le toit et le plafond de la scène servait pour quelques machines ; cetteespèce de comble communique de plain-pied avec la salle supérieure. On voit encore les attachesdes solives et la trace de la pente du toit qui indiquent parfaitement cette disposition. Tout le reste
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du mur de la scène était couvert par des peintures et des placages de marbre. La scène sur la-quelle les acteurs se tenaient était aussi en bois, et s’étendait jusqu’aux deux vomitoires latéraux.
« Pour que rien ne manque à ce monument des arts de la Pamphylie sous la dominationromaine, tous les renseignements sur sa fondation se trouvent dans des inscriptions qui, trans-crites sur place, deviendront elles-mêmes des monuments intéressants de l’épigraphie.
« Deux grandes portes latérales conduisent dans les galeries intérieures ; elles portent desinscriptions qui nous apprennent que ce monument est dû à la munificence d’Aulus CurtiusCrispinus, qui légua par testament les sommes nécessaires à sa construction. Titianus et Arrun-tianus furent les exécuteurs testamentaires. Une autre inscription, placée sur un piédestal, dansl’intérieur du théâtre, fait connaître que Zénon fut l’architecte. Il était en même temps direc-teur des travaux de la ville. La même inscription apprend que ce chef-d’œuvre lui mérita lessuffrages de ses concitoyens, au point qu’ils lui élevèrent une statue dans le théâtre, et lui firentprésent d’un jardin près de l’hippodrome.
« Ce furent les récits des Turcomans qui firent connaître à M. Texier qu’il existait, non loindu fleuve Manurgat et à six lieues de la mer, de vastes ruines qu’ils appellent Balgis-Seraï (lepalais de la fille du miel). Us content, à ce sujet, une histoire digne des Mille et une nuits: «Ce«palais, disent-ils, fut bâti par le roi des serpents pour la reine du miel, qui régnait dans a« forêt voisine. Les malheurs de cette pauvre reine font frémir. Vaincue et prise par le roi des« serpents, elle mourut en laissant au monde une fille d’une grande beauté. Le prince lui fit cons-« truire le palais que vous voyez : le portrait de la jeune princesse est sculpté sur le fronton qui« le domine. »
« Ce palais est le théâtre d’Aspendus, dont la grandeur et la richesse surprennent les sauvageshabitants de cette contrée, au point qu’ils ne peuvent en attribuer la construction qu’aux Fées.Ils regardent généralement les autres ruines comme des constructions génoises. »