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Quatrième partie.
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DISSERTATION

9 °

Nous avons déjà fait obseryer que cette mosaïque n’est parvenue jusquà nous qu’avec un videassez considérable dans le côté qui, pour le spectateur, est le côté gauche, et avec des restau-rations assez maladroites en quelques parties. Probablement le tremblement de terre qui pré-céda de quelques années l’ensevelissement delà ville, l’an 78, avait endommagé ce pavement,surtout dans l’ensemble des ligures qui accompagnaient le héros grec. Presque toute cette partieavait disparu. Il paraît que dans l’espace de temps dont on a parlé, on n’avait fait que remplirprovisoirement cette lacune par un simple enduit de stuc. Les restaurations partielles qu’onobserve en d’autres endroits, où le dégât avait été moins grave, furent exécutées dans un travailde mosaïque beaucoup moins fine. Ce travail ne fait aujourd’hui que mieux ressortir la finessede tout le reste.

Il est bien probable que dans l’état premier de son exécution complète, cette grande scèneen mosaïque, répétition de quelque original célèbre, avait dû reproduire pour les yeux l’imagede quelque victoire éclatante d’un héros grec, que toutes les vraisemblances autorisent à croireêtre Alexandre.

Les exploits du héros macédonien durent, et pendant son siècle, et encore longtemps après,exercer les pinceaux les plus habiles. Ainsi, cpioique les notices de Pline ne fassent nominati-vement mention d’aucune des batailles d’Alexandre contre les Perses, il doit suffire du simpleet bref énoncé de cet écrivain que nous avons rapporté plus haut, sur le tableau représen-tant une bataille contre les Perses (prœhum cum Persis ), contenant cent figures (centum hominescomplexus), pour prouver d’abord que ces vastes sujets occupèrent le pinceau des artistes grecs,et ensuite, combien il est vraisemblable que les batailles d’Alexandre auront dû avoir une sortede privilège sur toutes les autres. Qui nous dira que le sujet de la bataille contre les Perses,du peintre Aristide, n’aurait pas été un des exploits du héros macédonien ? Et qui nous diraque la mosaïque de Pompéi n’aurait pas été une imitation réduite d’une scène beaucoup plusétendue, en longueur surtout, et que le mosaïquiste aurait, par plus d’un retranchement, ré-duite aux dimensions de son local?

Les auteurs des quatre seuls écrits qui aient été jusqu’à présent publiés sur cette mosaïque yont vu chacun un sujet différent. L’un, la bataille de Platée, et, conséquemment, Pausanias , com-mandant de l’armée grecque d’une part, et de l’autre, Mardonius et Artahaze. Selon le second,ce serait le combat livré au passage du Granique, entre Alexandre et Mithridate , gendre deDarius. Le troisième y a vu la bataille d’issus, où Darius lui-même se trouve en présence duhéros macédonien . Suivant le dernier, ce serait un épisode de la bataille d’Arbelles.

Le sentiment commun, et ce qu’on peut appeler une sorte d’instinct, juge qu’il ne faut pastrop récuser en de pareilles matières, semblent porter à rejeter la première de ces explications,qui ne se fonde sur aucun argument solide. Ceci accordé, il ne restera plus à choisir qu’entreles trois batailles d’Alexandre. Or, c’est déjà beaucoup que de reconnaître comme chef de l’ar-mée grecque le héros macédonien . Maintenant sera-t-il facile de démêler et démontrer au lecteurde quelle bataille il s’agit? D’après le vague qui doit régner dans les caractères propres etnécessairement communs à de tels sujets, surtout quand il s’agit du même héros, de la mêmeguerre, et entre les mêmes ennemis, la critique doit se montrer très-réservée en fait de décisions.

S’il fallait toutefois faire pencher la balance entre une opinion de préférence aux autres ,nous adopterions volontiers les considérations déjà mises en avant dans un écrit périodique, etdont le résultat simplement probable se fonde sur un bas-relief votif de marbre jaune antique.On y voit représentée dans une suite de figures groupées ou isolées, et disposées sur le planconvexe et circulaire d’un bouclier, la bataille d’Arbelles. Au centre de ce bouclier, se trouvereprésenté Alexandre à cheval, comme il l’est sur notre mosaïque.