SUR LA MOSAÏQUE. 91
En attendant que les antiquaires se soient mis d’accord sur le sujet précis ou le nom de labataille en question, il est un point qui ne saurait donner lieu à aucun dissentiment; c’estl’extrême importance et le haut mérite de la découverte nouvelle sous le rapport de l’art. Cetterépétition,en quelque sorte mécanique, d’un ouvrage original de l’art grec, devient une révélationde ce que la peinture antique a pu produire. Une mosaïque destinée, comme l’était le genre deson art, à être, par sa position et son emploi, plus ou moins foulée aux pieds, quoiqu’on yobserve d’assez grands mérites, ne laisse pas de nous apprendre la mesure avec laquelle unejudicieuse critique doit apprécier la supériorité de mérite que dut présenter l’œuvre du pinceauoriginal qui lui servit de modèle.
Jusqu’à présent les découvertes de la peinture antique, dans les restes d’ornements de quel-ques tombeaux, et dans les pan'neaux de cloisons des chambres de Pompéi et d’Herculanum , nenous avaient présenté, pour la plupart, que de ces légères compositions de petits sujets, ouimprovisés par le peintre décorateur, ou puisés dans ces nombreux répertoires d’objets d’orne-ments qu’on voit encore, de nos jours, se reproduire ou se multiplier sans motif obligé, au grédes espaces qui peuvent les recevoir.
C’est donc une découverte des plus importantes, et pour l’histoire de l’art, et pour la critiquedu goût antique, qu’une scène aussi étendue, et qui probablement le fut beaucoup plus dansl’original, dont elle aura pu n’être qu’un extrait commandé par l’espace du local.
FIN.
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