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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
torrents dont les eaux bruyantes roulent vers les côtes dé-sertes de l’Océan. A peine, si de loin en loin on distingue,perdus dans cette immensité, quelques groupes d’habita-tions humaines, trop rares pour animer le paysage etromprela monotonie de ce désert sans bornes dont la vue excitedans les âmes une terreur respectueuse.
C’est dans ces vastes contrées, où régnait le rude et gla-cial climat du Nord, que nos aïeux et les animaux férocesse disputaient la possession du sol, c’est là que l’aurochsredoutable luttait contre l’ours velu. Les antiques légendesnous ont conservé le souvenir de cette vie primitive etsauvage.
Pénétrons dans les profondeurs de ces vieilles forêts. Nousy découvrirons un peuple divisé en tribus nombreuses,comme l’étaient, ily a peu de temps encore, les populationsdu Caucase, avant d’être privées de leur indépendance. Acela rien d’étonnant : la similitude des climats devait pro-duire la ressemblance des usages et des mœurs. Aussi lestribus Adighé du Caucase, avant que la Russie les eût sou-mises, détruites ou exilées, reproduisaient-elles exacte-ment l’organisation sociale des premiers Germains. Leursquatre castes ou classes des Pschis (chefs), Usden (nobles),Tschfokolts (paysans) et Pschilt (esclaves), répondaient auxquatre divisions des castes germaniques nobües,ingénui, liii,servi.
L’origine du peuple allemand se perd dans la nuit desâges. C’est en vain qu’on a essayé de nos jours d’en dissiperl’obscurité, à chaque pas, un nouvel obstacle arrête les re-cherches. Seule l’ethnologie comparée a pu fournir quelqueslumières et nous permettre de jeter un peu de jour sur lavie de nos premiers aïeux. Grâce à elle nous savons queles Allemands sont une des branches de la grande familleindo-germanique à laquelle appartiennent les Ariens del’ouest ou Indiens, les Ariens de l’est ou Irans, les Hellènes,les Italiques, enfin les Slaves, les Celtes et les Germains. Il