TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGE
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Le premier point à établir, lorsqu’on veut se faire uneidée exacte d'une société humaine à un moment donné,c’est de savoir quel est le nombre d’individus qu’elle com-prend. Ici, malheureusement, nous n’avons aucun documentqui puisse nous édifier. L'Allemagne a subi depuis cleux milleans une transformation complète, résultat de la culture etdes événements; il est certain que l’étendue du territoirequi nourrit aujourd’hui un million de paysans ne suffisaitpas alors aux besoins de cent mille chasseurs.
L’émigration helvétique contre laquelle César eut à com-battre pourra nous fournir une donnée approximative. Audire de l’historien, le nombre total des Helvétiens de toutâge et de tout sexe s’élevait à 368,000 personnes. D’aprèscela, nous pouvons accorder à l’Allemagne de ce temps undemi-million de jeunes gens et d’hommes valides. On netrouvera pas ce chiffre exagéré, si l’on songe aux innom-brables masses guerrières qui sortirent de ce pays, quelquessiècles plus tard, pour marcher contre l’empire romain.
Quelle que fût d’ailleurs la population de la Germanie,elle ne formait pas un ensemble uni et compacte. L’hommelibre aimait à rester isolé dans son enclos, comme encorede nos jours le paysan de la Westphalie. Les tribus vivaientséparées les unes des autres, et cette tendance était si biendans les mœurs qu’elle a contribué à la division de l’Alle-magne en plusieurs peuples. De tout temps la vie domes-tique a été un obstacle à la vie politique. De toutes lesraces germaines, seul l’Anglo-Saxon a su concilier en luil’homme privé et le citoyen.
Tacite a signalé dans son livre cette ancienne division desGermains en tribus : « Dans les vieux chants populaires,dit-il, qui sont leurs uniques annales et documents histori-ques, iis chantent la gloire du dieu Thuisto, fils de la terre,et de son fils Mannus, qu’ils regardent comme les ancêtreset les fondateurs de leur peuple. Ils donnent trois fils àMannus, d’où les Germains tirent leur origine. De là vien-
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