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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGE

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Souabes est renommé encore de nos jours. Les limites entreces tribus sont incertaines ; elles changèrent d’ailleurs sou-vent de place dans leurs migrations successives.

Les auteurs anciens attribuent, d’un mutuel accord, aupeuple germain des habitudes particulières, au physique etau moral. Tacite le loue surtout d’être une nation sans mé-lange, qui ne ressemble à aucune autre ( propriam et since-rarn et tantum mi similem gentem exstitisse).

Une taille élevée, des membres souples et nerveux, desyeux d’un bleu vif, des cheveux d’un blond ardent, uneallure libre et déterminée, caractérisaient cette race; demême qu'une bravoure poussée jusqu’à la fureur ( furorteutonicus ) qui épouvanta longtemps les Romains. César,dans sa relation de la guerre contre Arioviste {de Bellogallieo, I, 39) parle aussi de la terreur qu’éprouvaient lesRomains à leur première rencontre avec les Allemands.Nous avons vu même de nos jours l’effet désastreux queproduisent les « cœurs de fer allemands » ( cuori di ferro) sia-les troupes italiennes.

Faiblement armés, car la science des mines et des forgesétait inconnue à nos ancêtres, ils surent néanmoins, parleurs attaques impétueuses, renverser les légions romaines.Ils n’avaient pourtant d’autres armes que leurs arcs ou desjavelots à pointe de fer dont ils se servaient de près commede loin. Couverts d’une légère tunique, rarement de cuirassesou de boucliers, ces hommes, endurcis à braver le froid etla faim, marchaient hardiment au combat. Quoique leurforce principale fût dans l’infanterie, ils avaient aussi deschevaux et s’en servaient quelquefois à la guerre. Leursrangs de bataille étaient en forme de coin. Prendre la fuiteétaient une honte ; abandonner ou perdre son bouclier, undéshonneur. Le droit de porter les armes était le privilègeet la gloire de l’homme libre, dès que la commune réuniel’en avait déclaré capable. Cette déclaration lui donnaitaussi le droit d’entrée et de vote dans les assemblées. Quant