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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

au choix des capitaines, on prenait le plus brave de préfé- ®

rence au plus noble. Ses compagnons devaient suivre son a

sort, et nul ne pouvait, sans être déshonoré pour toujours, ^

revenir d’un combat où son chef avait succombé. Celui-ci c '

donnait à ses soldats une part du butin, des armes et des a

chevaux qui lui assuraient leur dévouement. Le faste et la *

dépense n’étaient entretenus qu’au moyen de la guerre et ®

du pillage ; aussi chefs et soldats étaient-ils dévorés de lasoif de combattre. ^

En dehors de la guerre, la chasse était seule considérée s(

comme une occupation digne de l’homme libre. Le reste e *

du temps se passait dans la paresse et les festins, où se dé- * '

veloppèrent rapidement les vices favoris des Germains : lejeu et l’ivrognerie. Pour nourriture, ces peuples avaientdes fruits, du gibier et du lait caillé ; la boisson la plus ai- camée était faite avec du froment ou de l’orge fermentés, cequi lui donnait quelque ressemblance avec le vin cor- ce

rompu, ainsi que le dit très-bien Tacite : In quandam simi- tu

litudinem. vini corrupti. Voilà la première mention de cette 8*

liqueur nationale, si transformée depuis et qui, sous le nom m

de bière d’Allemagne, a fait le tour du monde. nc

On passait, dans ces festins, les jours et les nuits, et il é P

s’y engageait des querelles et des combats qui souvent m

allaient jusqu’au meurtre. Échauffés par la bière, les Ger- (le

mains jouaient aux dés tout leur avoir et même leur propreliberté. C’est dans ces repas que l’on discutait les affaires tn

d’importance, les réconciliations, les mariages, les traités ( l u

de paix ou les déclarations de guerre. La grande vertu des P e

Germains, l’hospitalité, s’y développa dans tonte sa gran- 1

deur. On y vit naître aussi cette danse, chère à nos an- P acêtres, où les jeunes gens, dépouillés de tout vêtement, se 001balançaient gracieusement entre des glaives et des piques. e P :

aisunmt

Les troupeaux composaient toute la fortune des vieux