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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

Dès le principe, lesnobles propriétaires d'une baronnie outerre libre héréditaire formèrent la caste privilégiée; la pe-tite noblesse fut plus tard constituée par les hommes libres.Autour ae chaque conquérant célèbre se groupaient descompagnons qui constituèrent la noblesse militaire.

Chaque allode ou bien foncier conférait à son propriétairela tutelle légale de sa famille; ses parents, hommes et fem-mes, lui devaient soumission et obéissance. La réunion deplusieurs allodes constitua la commune et des intérêts com-muns réunirent plusieurs communes en district. Dès lors onse réunit pour délibérer, au milieu d’un champ, on y choi-sit les braves ou ducs qui mèneraient les guerriers au com-bat; on y élisait aussi les prêtres et les juges. Ceux-ci déci-daient les différends d’après la coutume et les traditions ru-niques. Tous ces détails vous montrent que les Germainscomposaient une sorte de république aristocratique.

Quand au code de justice qui ne changea que vers la finde l’ère carlovingienne, en voici les principales dispositions.L’innocence ou la culpabilité d’un accusé étaient affirméespar un serment fait au nom d’un dieu quelconque, que l’onprononçait la main sur la poignée ou la lame d’une épée.Les hommes juraient par leur barbe, les femmes en portantleur main à leur tête. Chez les principales tribus alleman-des, l’accusateur était cru sur parole et l’accusé obligé deprouver son innocence. A cet effet, on lui déférait le ser-ment; mais comme sa parole n’eût pas suffi, on citait destémoins dont le nombre variait suivant l’importance ducrime et s’élevait parfois jusqu’à quatre-vingts.

L’accusateur avait néanmoins le droit de réclamer le ju-gement de Dieu (Ordâl) qui, suivant la croyance commune,décidait lui-même entre l’innocent et le coupable. L’épreuveconsistait pour l’accusé à saisir sans se brûler un anneaudans l’eau bouillante; s’il était atteint par la brûlure, on ledéclarait coupable. En matière criminelle, la peine infligéeau serf était la mort sous diverses formes. L’homme libre